PROTÉGEONS NOS GRANDS MAMMIFÈRES POLITIQUES (texte aimable)

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On étrille souvent nos grands élus politiques ici, on ne leur fait pas de cadeau, on leur attribue tous les maux. Et ci ce n’était pas de méchants gars, ni de mauvaises filles ?… Un de mes meilleurs ennemis du monde, du monde politique, un bien connu des experts (oui oui j’ai fait quelques expéditions dans la brume en Politique Centrale et j’ai pu approcher de près ces grands et beaux mammifères dans leur milieu naturel), s’est trouvé cette semaine en présence d’une personne qui m’est très proche et dont il connait très bien la proximité avec moi, et, bien loin de lui témoigner des signes d’hostilité et de menace, il s’est engagé dans une série de démonstrations d’amitié, de gestes chaleureux, de sons articulés de « joie de te revoir » et de manifestations de sincère émotion !
 
À cette nouvelle, je demeurai pantois. J’en étais resté dans mes études à la dangerosité et à la fourberie de ces grands herbivores, dévoreurs de feuilles de vote et électeuriphages, meneurs de troupes implacables parcourant sans relâche la savane calédonienne et les hauts plateaux nouméens. Je savais déjà qu’ils étaient menacés de disparition, leur habitat et leurs habitudes étant envahis et visités par des millions d’internautes indiscrets et perturbateurs, leur régime de bulletins de vote se raréfiant de plus en plus, comme la raréfaction des eucalyptus menace les pandas, mais cela m’indifférait puisque je considérais leurs multiples prédations plus néfastes qu’utiles aux biotopes où ils évoluaient, en particulier les nôtres.
 
Mais un tel comportement inattendu, attendri et attendrissant, chez cet individu athlétique et imposant, bouleversa d’un coup mes convictions et mes conclusions dans le champ de l’éthologie politique et sur le comportement de ces grands spécimens leaders de clans partisans. Une immense pitié et une infini compassion me submergèrent. Et si ces grands mâles et ces femelles dominantes n’étaient que des victimes d’un virus politique, d’une toxine ingérée dans la nature à plus haute dose que d’autres, d’un gêne supplémentaire, d’un chromosome déficient, d’un complexe noué dans l’adolescence … Les tigres blancs, les gorilles, les requins, les pitbulls, les vautours, les scorpions, les vipères, les scolopendres sont-ils coupables ? Sont-ils responsables ? Faut-ils les éradiquer ? Les laisser disparaître ? À la place de chasseurs, si on leur envoyait un psy ? Un vétérinaire ? Une invitation à prendre l’apéro le samedi ? Une antibiopolitique ? Ils mordraient et piqueraient peut-être moins, non ?
 
Tel Kirikou guérissant la sorcière, je suis sûr qu’on peut rendre gentils Philippe Karaba, Pierre Karaba, Gaël Karaba, Éric Karaba, Sonia Karaba, Paul Karaba, Roch Karaba… si on leur retire à chacun l’épine empoisonnée qu’ils ont dans le dos. De là à les embrasser et à les épouser comme Kirikou embrasse et épouse Karaba au final, faut pas pousser !…

DOXA FRANÇAISE ET CALÉDOXA, du politiquement correct ici et là-bas

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DOXA FRANÇAISE ET CALÉDOXA,
de la bien-pensance et du politiquement correct ici et là-bas

C’est vrai qu’il est courant aujourd’hui et de bon ton de dénoncer la bien-pensance et le politiquement correct de tout le monde et n’importe qui. Les clichés, les idées reçues et les idéologies fournies en kit pullulent, doxa conservatrice, doxa progressiste, doxa de gauche, doxa de droite. De même qu’on était toujours le con ou le facho de quelqu’un hier, on est aujourd’hui forcément le bien-pensant de plein de… bien-pensants.

La notion est-elle donc creuse et vide ? L’ampleur, la puissance et la violence des attaques contre des esprits libres comme Michel Onfray en métropole et la force homogène, massive, efficace et même tyrannique de l’idéologie indépendantiste de l’Accords de Nouméa en Nouvelle-Calédonie attestent, s’il ne fallait que ces deux exemples, de la réalité de la force coercitive de la pensée unique dans l’ensemble français.

En France métropolitaine, la doxa a ses grands prêtres agréés, les humoristes, les journalistes, les artistes, les écrivains, les politiciens de cette bande des quatre qui s’est un peu divisée depuis Giscard mais qui reste néanmoins bien soudée. On peut retrouver les thématiques de leur doxa à travers les coups de griffes de vedettes bien en cour comme Sophia Aram, Ardisson, Hanouna, Ruquier, Stéphane Guillon, Pascale Clark, Léa Salamé, Yann Barthes, Jamel Debbouze, BHL, Jean-Michel Ribes… Les églises sont Touche pas à mon poste ou Le petit journal ou Les Guignols ou Les Enfoirés, entre autres. On doit se payer à chaque minute de micro au moins une fois Marine Le Pen ou Christine Boutin ou Jean-Pierre Pernaut. Les thèmes obligés et les figures imposées, qui sont finalement communes à la gauche et à la droite et à la fois socialistes et conservatrices, sont l’antiracisme, l’antifrontisme, l’antisionisme, l’islamophilie, la défense des acquis, le refus des réformes et des sélections, le rejet des interdits, de la répression et des morales, le droit-de-l’hommisme mondialiste et interventionniste, le relativisme artistique et intellectuel, le culte de la nature et du corps, la tolérance illimitée et la permissivité totale, le mépris du patrimoine national, l’anticléricalisme, l’antimilitarisme… Une doxa donc actuellement globalement anti-nationale. Les démons à abattre, menaces fatales pour le système de la doxa, qui possède ses propres mécanismes quasiment autonomes d’invasion et de défense, sont les esprits libres et originaux, inclassables et ingérables, hostiles aux groupes et aux cases et opposés à leur rangement dans ces cases et ces groupes, Onfray, Zemmour, Houellebecq…

En Nouvelle-Calédonie, l’irruption et le règne de la doxa est un phénomène relativement récent liée à l’écriture et au vote de l’Accord de Nouméa, document touffu mais globalement et souterrainement indépendantiste, dont la forme et la vocation supposait génétiquement et structurellement sa traduction en texte et en pensée quasiment sacralisée vu la méfiance initiale de la majorité loyaliste. Les périodes antérieures aux « événements » de 84-88 ont généré des idéologies assez coloniales et paternalistes imposées par des partis et des hommes puissants comme Lafleur et son RPCR mais cette idéologie autoritaire supposant crainte et omerta n’était pas intégrée et appropriée par la population, juste subie. C’était comme ça, on n’avait pas le choix. Alors qu’après la période de 10 ans des accords de Matignon (88-98), assez floue chez les Calédoniens au niveau de leur psychologie sociale, s’est ouvert le déroulement sur vingt ans d’un calendrier liturgique voté très majoritairement par les Calédoniens dont le déroulement les conduisait non pas à subir mais à aimer, désirer, vouloir, accomplir et construire eux-mêmes un certain nombre de démarches, de réformes et d’évolutions dont le « sel » indépendantiste devait être compensé par le « sucre » humaniste et chrétien, cette doxa devenant alors de fait indépendantiste mais… sucrée-salée.

À partir de 1998 on va donc vers l’indépendance, qui n’est pas forcément « très très bien » à priori, mais on le fait librement, volontairement, parce-que « c’est bien de le faire », parce-qu’on « est bien, on se sent bien quand on le fait », parce qu’on le fait pour « le vivre ensemble », pour « l’avenir partagé », pour « le destin commun », pour « le pays à construire », pour « la citoyenneté » et « l’identité », pour « les racines » et « la reconnaissance de l’autre », pour « la démarche de décolonisation », pour le pardon, autant de mots qui ne sont que des formules mais de belles formules, autant de notions judéo-chrétiennes de générosité et d’altruisme, consolante et apaisantes, et même nimbées de repentance bienfaisante, sous-entendant que dans la France il ne pouvait y avoir de vie ensemble, de destin, de partage, de construction, d’identité, de citoyenneté, de reconnaissance. En effet l’adepte de la doxa n’est pas obligatoirement un hypocrite et un menteur. Suivre et répandre la doxa lui procure une sécurité mentale, un confort intellectuel, le bien-être du collectif et la fierté d’un savoir dominant et d’une conviction respectée.

La doxa calédonienne de l’Accord 98-2018 s’est répandue par le haut, du sommet de la pyramide politique vers les tenants de la parole publique que sont les journalistes, les médias, les artistes, les intellectuels, les écrivains, les juristes. Tous. L’école aura été la dernière caisse de résonance de la doxa indépendantiste à entrer en action et ce n’est qu’en 2015 que cette institution se sera à son tour portée librement volontaire pour axer prioritairement toutes ses opérations sur les thèmes précités, du vivre ensemble à la reconnaissance de l’autre et de l’identité particulière du pays, se mettant au service de sa construction au moins autant que de l’Instruction, désormais davantage éducation calédonienne qu’Éducation nationale.

On voit donc comment la doxa de France et la doxa de Calédonie se rejoignent dans l’écart qu’elles prennent et font prendre par rapport à la nation, à l’unité nationale, à la réalisation des valeurs au sein de la nation. Jusqu’où ces trajectoires de dérive conduiront-elles ces deux territoires ? Sur quelles orbites ? Combien de Zemmour, de Houellebeq ou de Michel Onfray pour corriger le « correct », pour proposer d’autres pensées, d’autres orientations ?

ÉCLAIRAGE ET RADOTAGE SONT LES DEUX MAMELLES DE THIERRY ET MICHEL

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ÉCLAIRAGE ET RADOTAGE SONT LES DEUX MAMELLES DE THIERRY ET MICHEL

Non ce n’était pas de l’exhibition amateur genre Jacquie et Michel mais ce n’en était pas moins obscène dans l’insistance lourdingue car si vous n’aviez pas compris qu’il fallait éclairer le jour d’après et que le référendum était inutile et dangereux Michel et Santa sont venus vous le répéter pour la trois millionième fois hier et avant hier devant les caméras, aussi, au journal télé, estimant probablement que le cerveau des Calédoniens avait besoin lui aussi d’éclairage… Merci qui ?

« Ce que nous devons faire c’est éclairer le choix des Calédoniens. Il s’agit simplement d’expliquer aux Calédoniens quel sera le jour d’après le référendum, que le résultat soit oui ou que le résultat soit non, dans quelle Calédonie les Calédoniens se réveilleront, avec quelle organisation des pouvoirs publics. Il est important pour éclairer le choix des Calédoniens de préparer l’après référendum, que les formations politiques se positionnent clairement sur le modèle de société qu’elles veulent. » nous a ressassé à nouveau Philippe Michel, estimant sans doute que plus on répétait « Calédoniens » dans la même phrase plus on faisait croire qu’on les respectait mais révélant en fait qu’il méprisait leur droit citoyen (et Dieu sait combien on nous saoule pourtant avec ce mot) à approuver ou refuser l’indépendance et qu’il voulait remplacer ce droit par une cuisine « entre-soi » des « formations politiques » concoctant à la place des Calédoniens « l’organisation des pouvoirs publics » et leur « modèle de société », avouant même par son « que le résultat soit oui ou que le résultat soit non » combien son parti se foutait grave de ce résultat et du passage à l’indépendance, semblable « à 90% » au maintien dans la France.

« La solution d’un référendum tel qu’il est prévu aujourd’hui dans l’Accord de Nouméa est inutile voire dangereux, inutile parce qu’on connait les résultats, dangereux parce qu’à nouveau ça va mettre dos à dos la population calédonienne. » nous a encore seriné Thierry Santa, oubliant sans doute que c’est son chef-oui-chef Frogier qui a approuvé et signé cet Accord de Nouméa « inutile et dangereux », affirmant ainsi que devant tout match, devant toute compétition, devant toute rivalité, devant tout challenge qu’on a de bonnes chances de gagner il faut absolument renoncer à l’épreuve, reculer et déclarer forfait , parce que la victoire est trop évidente et parce qu’il ne faut surtout pas vexer le concurrent !

Les partis respectifs de Santa et Michel devraient faire campagne pour le non à l’indépendance s’ils étaient loyalistes, comme les partis loyalistes l’ont fait en Écosse et au Québec, au lieu d’ergoter sur un jour d’après ou sur une troisième solution dont ils ne cachent même plus les couleurs indépendantistes. La question référendaire, constitutionnellement prévue en 1998 et devant être posée aux Calédoniens et non aux politiciens, porte sur « Accession de la Calédonie à la pleine souveraineté » ou « Maintien des compétences régaliennes de la Calédonie entre les mains de la République française » et ne concerne absolument pas tel ou tel type d’organisation des pouvoirs publics pas plus que tel ou tel modèle de société. Figer définitivement les institutions et l’évolution sociale de la Calédonie par référendum serait d’ailleurs absurde, sclérosant et même tyrannique. Les évolutions sociales et politiques de la Calédonie ne peuvent s’opérer que progressivement et après le choix fondamental de son maintien ou non dans la France, ces deux options étant radicalement et diamétralement opposées même si certains faussaires veulent nous vendre 90% de ressemblances et de convergences entre elles, merci Phiphi et Phiphi…