LA CALÉDONIE EST DEVENUE SURRÉALISTE

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Surréaliste, la Nouvelle-Calédonie est devenue surréaliste.
 
Un évadé dangereux que personne ne recherche pendant deux ans, qui alterne sans soucis la culture et le vol.
 
Un repaire de pirates que personne ne pénètre hormis les fonds publics et les butins.
 
Quinze mille personnes régulièrement pillées et séquestrées que personne ne défend.
 
Quinze mille victimes soumises à une quinzaine de bourreaux qui s’échangent des miettes et des petits plans d’évasion du ghetto.
 
Quinze mille victimes soumises à une quinzaine de bourreaux qui soupirent et sourient de soulagement quand leur mal s’arrête tellement c’est bon de ne plus souffrir et d’oublier le mal.
 
Une quinzaine de bourreaux qu’on dit en génération spontanée, sans famille, sans amis, au milieu de mille complices réguliers.
 
Quinze mille victimes enfermées qui doivent attendre qu’une quinzaine de bourreaux promettent qu’ils ne feront plus les bourreaux.
 
Un déversement sans fin d’aide et d’argent dans le tonneau sans fond du ressentiment et de la mauvaise foi où les receveurs crachent sur les donneurs.
 
Des plans coordonnés d’insurrection, de rapines et d’invasion en terre de parole, de partage, de valeurs et de convergences sans divergences.
 
Une autorité qui paralyse ses militaires agressés et condamne le premier qui bouge tout en déplorant l’impunité des agressions.
 
Des élections où on n’a pas le choix, des consultations où il ne faut pas choisir.
 
Trente mille nationaux qu’on exclut un peu de tout dans un pays qui veut rester dans la nation et qui collaborent pourtant à leur propre exclusion en se déclarant eux-mêmes expatriés.
 
Des dégradations et des destructions perpétuelles scandées au son répété du slogan Pays à construire.
 
Une vieille classe politique qui se dispute les places dans les chaloupes des élections sur un Titanic en flammes en psalmodiant Place aux jeunes.
 
Un pays et des habitants coupés en deux, inégaux devant la loi, inégaux devant les droits et les devoirs, où l’on chante pourtant Destin commun à toutes les messes, matines, laudes et vêpres.
 
Un pays en feu où l’on interdit les grillades, un pays qui coule où l’on joue aux touques.
 
Un pays cloisonné et suicidaire où l’on bêle Vivre ensembledans les cimetières, du soir au matin et du matin au soir.
 
Surréaliste, la Nouvelle-Calédonie est devenue surréaliste. Je n’ai jamais aimé le surréalisme.