Archives pour l'étiquette culture

LE DIALOGUE DU NOYÉ ET DU JOURNALISTE

15232211_212662715845575_7879033353977502386_n

Je ne dirai peut-être pas quand même que le Dunoyer s’est noyé mais il a beaucoup brassé et ramé, très essoufflé tout au long de l’interview d’un Alexandre Rosada qui d’est montré à nouveau très pro, très précis, tout en restant très serein et très courtois, assez souverain pour reprendre un mot cher à Gomes.

Le blabla volubile et rapide du porte parole Philippe Dunoyer était dans l’ensemble une soupe aux nouilles chinoises chaude mais sans nouille et pas chaude. Juste deux ou trois pépins incongrus dedans, sous forme d’une charte des valeurs locales que l’imam Gomes veut nous imposer et d’une obligation pour les collégiens et lycéens de se cogner inutilement une langue inutile, qui restent quand même coincés au fond du gosier après le passage de l’eau tiède du noyé.

Évacuation molle des questions pertinentes de Rosada sur Aircalin, sur la vie chère et sur les candidatures aux élections législatives. En résumé une intervention très faux-cul le doigt sur la couture du pantalon, et, face aux pressions du journaliste, une attitude de prestidigitateur naguère habile qui désormais loupe tous ses tours et laisse voir toutes ses ficelles…

SAINT-LOUIS, UN CAS EMBLÉMATIQUE

images

Le cas Saint-Louis / Mont-Dore est emblématique du vrai-faux-problème calédonien et résume à lui tout seul et de façon exacerbée toute l’absurdité surréaliste de la situation du pays :

– tout demandé, tout offert, tout permis, toutes facilités, tout possible et tout pour être heureux.
– jamais satisfait, jamais reconnaissant, jamais intégré, jamais intégrant et jamais en paix.
– toujours revendiquant, toujours menaçant, toujours excluant, toujours violent et toujours l’impunité.
– aucune lucidité politique, aucune volonté républicaine, aucune réaction courageuse et aucune solidarité.

Celui qui aura la solution pour Saint-Louis aura la solution pour la Calédonie.

ÉCLATEMENT DES LANGUES MÉLANÉSIENNES, AUTISME LINGUISTIQUE, TOUR DE BABEL SOCIALE, CLOISONNEMENT CULTUREL

 babelg
 
Le continent océanien est le champion du plurilinguisme, non en raison des langues polynésiennes, qui sont proches cousines, mais par l’éclatement et l’infini multiplicité des langues mélanésiennes dans l’arc insulaire mélanésien.
 
En effet, comme l’ont constaté les navigateurs et explorateurs européens qui emportaient parfois des guides et pilotes polynésiens d’archipel en archipel sur leurs voiliers, ces derniers pouvaient communiquer avec d’autres populations distantes de plusieurs milliers de kilomètres de leur île d’origine, et ils pouvaient devenir traducteurs. Le « polynésien » est resté général, commun et répandu en raison de l’esprit et des habitudes d’ouverture et d’échanges permanents entre les différentes communautés de la famille polynésienne répandues sur une aire gigantesque ente la Nouvelle-Zélande et Hawaï et Rapa Nui. Le polynésien s’est donc peu ou pas diversifié.
 
Par contre dans la zone mélanésienne, Papouasie, Salomon, Hébrides, Fidji, Calédonie, la multiplicité étonnante des langues et l’émiettement linguistique attestent d’une toute autre attitude des mélanésiens face à « l’autre », face aux autres qui partagent la même aire, la même terre.
En Nouvelle-Calédonie en particuliers les facteurs psycholinguistiques ou sociolinguistiques qui ont présidé à la différenciation et à la diversification d’une langue originellement commune à tous lors du peuplement, mais ayant évolué et éclaté dans le temps en des dizaines de dialectes radicalement différents et incompréhensibles par les non locuteurs appartenant pourtant à une zone souvent restreinte, sont le repli, l’enfermement, la méfiance, la crainte de l’autre, le cloisonnement.
Clans et sociétés de peur, d’isolement, de guerres incessantes défensives et préventives, hostilités permanentes, conflits sanglants nombreux et anthropophagie régulièrement constatés par les scientifique et les voyageurs jusqu’au XIXème siècle, ont enfermé les groupes repliés quasi autistes dans des espaces clos où leur langue a évolué et s’est différenciée dans une bulle pendant des siècles.
Les échanges inévitables entre quelques clans choisis pour éviter la consanguinité et échanger les produits de la terre et ceux de l’intérieur ont produit ces similitudes linguistiques « en diagonale » limitées à des « bandes » d’une côte à l’autre mais n’ont pas permis une généralisation linguistique et culturelle « nationale ».
 
Admirer et louanger cet éclatement linguistique c’est admirer et louanger l’éclatement et la cloisonnement dans une société, dans notre société, c’est admirer et louanger une Tour de Babel sociétale, un autisme culturel, donc tout le contraire d’un humanisme pacifique.