LE « BON DROIT » DES UNS NE PEUT S’IMPOSER AUX AUTRES

Capture d’écran 2017-05-07 à 22.13.42
LE « BON DROIT » DES UNS NE PEUT S’IMPOSER AUX AUTRES
ou
L’ART DU SOPHISME
 
Deux choses à retenir dans le discours de Philippe Gomès lors du Congrès de Calédonie Ensemble :
 
1) Le « bon droit » des uns ne peut s’imposer aux autres.
 
2) On doit, avant le référendum de 2018, impérativement (…) édicter dans une déclaration commune avec les indépendantistes le socle de la communauté de destin des Calédoniens.
 
Deux choses à réfuter et à récuser :
 
1) « Le « bon droit » des uns qui ne peut s’imposer aux autres » rappelle étrangement « la force injuste de la loi » que Mitterrand avait qualifiée ainsi pour mieux éviter de la faire respecter durant les événements.
 
Comme ceux qu’il critique parce qu’ils ramènent dos à dos Macron et Le Pen, Gomès invente et ramène dos à dos un « bon droit » des criminels insurgés d’Ouvéa et le bon droit d’un État de droit sauvant légalement et légitimement ses gendarmes et les droits menacés des Calédoniens. Toute une sophistique, tout l’art du sophiste. Les indépendantistes se sentent dans leur bon droit, les loyalistes aussi, donc ils ont tous tous les droits, donc il n’y plus de droit. À ce compte-là, le caprice d’un enfant se sentant dans son bon droit en décidant de se baigner dans une rivière dangereuse est à mettre sur le même plan que l’autorité légale des parents qui se sentent en droit de l’empêcher, de le forcer et de le sanctionner s’il persiste.
 
Non, il n’y a pas deux « bons droits ». Oui le seul « bon droit » c’est celui qui sort démocratiquement des urnes et qui permet d’éviter les saccages et les carnages que le « bon droit » fantasmatique de Gomès est incapable d’empêcher, à Ponérihouen il y a quelques jours, et auparavant à Yaté, à Houaïlou, à Maré etc… L’impuissance du « bon droit » de la coutume et du sénat coutumier suffit à le discréditer et à le disqualifier en tant que droit et à rejeter cette affirmation sotte que « Le « bon droit » des uns ne peut s’imposer aux autres ».
 
2) Dans cette phrase les impératifs sont multiples : « on doit », « impérativement », « édicter », « destin ». Ce socle semble devoir s’imposer aux Calédoniens beaucoup plus autoritairement que le résultat du référendum lui-même. Il le court-circuite, il installe et programme avec les indépendantistes des valeurs, des institutions, une économie avant tout choix de société et d’avenir fait par le peuple, ce choix n’ayant plus d’impact ni de valeur après le plan fixé entre CE et le FLNKS. Ce socle sera le « bon droit » des uns et des autres, même s’il n’est que celui de deux partis, de deux clans et surtout celui d’un leader avide d’un plébiscite. Le référendum seul, sans ce « bon droit », ne serait que la « force injuste de la loi », concept inventé par Mitterrand et donc repris par Philippe Gomes.
 
Cette manipulation est bien propre à frustrer et à révulser les citoyens et à les jeter vers une extrême droite qui n’avait jamais atteint un tel niveau même au temps de Lafleur, même au temps des événements. Cette manipulation doit être dénoncée et rejetée.

LES BÊTISES DE MARINE

betises_de_cambrai

Parmi les religions on peut trouver l’Islam la plus conne, et Marine Le Pen aussi.

Parmi les idées, on peut trouver l’indépendance de Calédonie la plus conne, et Marine Le Pen aussi.

Parmi les classes politiques, on peut trouver la caste locale la plus conne, et Marine Le Pen aussi.

Parmi les impuissances judiciaires, on peut trouver l’impuissance judiciaire calédonienne la plus conne, et Marine Le Pen aussi.

Parmi les traditions rétrogrades on peut trouver la coutume machiste locale la plus conne, et Marine Le Pen aussi.

Parmi les fermetures nationalistes, on doit trouver la fermeture nationaliste ethnique du FLNKS, la fermeture nationaliste coloniale des colons, la fermeture nationaliste économique de Gomès toutes aussi connes et aussi connes que la fermeture nationaliste xénophobe de Marine Le pen.

PS : Elle est allée faire un meeting à Cambrai la Marine ?

DE LA XÉNOPHOBIE À L’AUTARCIE LE FN EST PÉTAINISTE

pentain
 
Le Front National n’a rien à voir avec les nazis et le Reich, pas plus qu’il n’a à voir avec Mussolini et l’Italie fasciste. Par contre il conserve des liens et des parentés étroits avec Vichy et l’idéologie pétainiste.
 
En effet, ce parti est toujours conservateur et même réactionnaire, tourné vers le passé, replié sur ses limites, enfermé, assiégé, nostalgique d’un âge d’or, la France d’avant guerre, les frontières, l’Empire, le franc…
 
La collaboration avec les états puissants est toujours au programme. Hier l’Allemagne, aujourd’hui la Russie et les USA. Loin du non alignement et de l’indépendance nationale gaulliste.
 
Le passé est stigmatisé, inculpé, incriminé. La France et les Français sont coupables de la situation présente. Le regret et le repentir sont nécessaires.
 
Culte de la personnalité monarchique du Maréchal et de celle de l’héritière de la dynastie Le Pen.
 
En dehors de ce péché national, des boucs émissaires coupables sont désignés et accusés en boucle. Les immigrés ont remplacés en partie les juifs. Les francs maçons, les socialistes et les communistes, les financiers sont toujours diabolisés.
 
Les élites sont toujours rejetées, la finance et les banquiers, les intellectuels et les artistes, les juges et les médias.
 
L’apologie extatique de grandes valeurs plus mystiques que républicaines est toujours de mise, la famille (et la haine contre toutes les nouvelles formes de famille), le travail (et la haine des travailleurs étrangers), la patrie (et la haine des éléments non nationaux adoptant cette patrie).
 
Une légende nationale est toujours inventée, autour de mythes comme celui de Jeanne d’Arc, maquillant ou niant les plaies du passé, tél le Vélo d’Hiv ou les aspects criminels de la colonisation.
 
La sacralisation et l’élévation à un niveau messianique d’une classe sociale élue est toujours un ressort de l’idéologie réactionnaire. Le paysan et le Français rural sous Vichy, l’ouvrier et le manuel de province chez les Le Pen.
 
La « régénération nationale » passe toujours par ce vrai peuple élu, et non par les citadins intellectuels.
 
C’est toujours la fermeture contre l’ouverture, le rejet de l’autre avec des mots qui claquent, hier la dénonciation des « métèques » et du « cosmopolitisme », aujourd’hui la condamnation de l’Europe et de la mondialisation.
 
L’économie blues Marine retrouve et prolonge celle de la Révolution Nationale de Vichy : planification, dirigisme, nationalisations, protectionnisme, corporatisme, repli industriel et commercial et retour à la terre, fermeture des frontières et des échanges, arrêt des importations et donc des exportations, autarcie, sortie de l’euro et de l’Europe, chaos financier, dévaluation, inflation, appauvrissement. Le programme pétainiste revisité par le FN a tout du communisme old school et la France de Le Pen tiendrait de l’Albanie, de l’URSS et de la Corée du Nord. Le vieux Le Pen jouait à faire peur et à se faire peur, surtout en 2002, mais il n’a jamais voulu avoir le pouvoir. Le vieux bougre savait bien le fiasco socio-économique que son élection aurait généré. Mais sa fille s’est prise au jeu et s’est mise à rêver tout éveillée de pouvoir, de maréchalat et de gouvernement.
 
Le Front National, malgré quelques excès, est actuellement encore un parti républicain et il a droit à une représentation nationale proportionnelle à son importance. Néanmoins, objectivement, le Front National, copier-coller de la Révolution Nationale, est un parti pétainiste.
 
Néanmoins, aussi légale et même légitime soit leur adhésion à l’idéologie frontiste, les leaders politiques calédoniens qui font le choix de Marine Le Pen font le choix du pétainisme, c’est factuel.