DE ZOREILLE À EXPAT

etoile

(chronique d’un largage annoncé)

Y’a des signes qui trompent pas. Avant on disait métro, zoreille, zor, maintenant c’est « expat »… Expatrié, ressortissant étranger, exilé loin de son pays, étranger au pays, tout sauf d’ici. Les formules « Zam » ou « Sezam », amabilités délicieuses balancées depuis longtemps par les calédoniens de souche aux nouveaux arrivants, et manifestations délicates d’un sens infini de l’accueil et de l’humour et d’un esprit illimité de la tolérance étaient encore préférables à cet odieux « expat » que les 13000 français de Calédonie malaimés récemment arrivés de métropole se décernent hélas à eux-même sur le groupe Facebook « Noumea Expat », un peu comme les juifs se cousaient eux-même sur la poitrine cette étoile de mauvais allemands, d’allemands douteux, au regard des aryens de souche…

Les indépendantistes et leurs nervis faux-loyalistes ont réussi leur coup de pute. Déjà que les partis de ces faux-loyalistes ont laissé rayer et embarquer les français non natifs de Nouvelle-Calédonie dans les trains de l’exclusion et dans les wagon de la privation des droits de vote et de travailler…

Je hais cet « expat » balancé à ces français qui, comme tous les français de métropole et d’outre-mer appartiennent à la même nation, à la même patrie, par-delà les océans, les origines et les cultures. Je hais ce communautarisme crétin, cette ségrégation imbécile, ces exclusions sinistres, cet anti-humanisme inhumain.

PRIERE POUR ALLER AU PARADIS AVEC LES ANES

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Oui je préfère mille fois la douceur et la constance des ânes, des chevaux et des bœufs à l’arrogance brutale des toreros, des cow-boys et de tous les machos qui se font une puissance à bon compte sur le dos de ces humbles bêtes.
Un poème de Francis Jammes que j’ai toujours aimé et qui dit si bien tout cela…

PRIERE POUR ALLER AU PARADIS AVEC LES ANES

Lorsqu’il faudra aller vers vous, ô mon Dieu, faites
que ce soit par un jour où la campagne en fête
poudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas,
choisir un chemin pour aller, comme il me plaira,
au Paradis, où sont en plein jour les étoiles.
Je prendrai mon bâton et sur la grande route
j’irai, et je dirai aux ânes, mes amis :
Je suis Francis Jammes et je vais au Paradis,
car il n’y a pas d’enfer au pays du Bon Dieu.
Je leur dirai :  » Venez, doux amis du ciel bleu,
pauvres bêtes chéries qui, d’un brusque mouvement d’oreille,
chassez les mouches plates, les coups et les abeilles. »
Que je Vous apparaisse au milieu de ces bêtes
que j’aime tant parce qu’elles baissent la tête
doucement, et s’arrêtent en joignant leurs petits pieds
d’une façon bien douce et qui vous fait pitié.
J’arriverai suivi de leurs milliers d’oreilles,
suivi de ceux qui portent au flanc des corbeilles,
de ceux traînant des voitures de saltimbanques
ou des voitures de plumeaux et de fer-blanc,
de ceux qui ont au dos des bidons bossués,
des ânesses pleines comme des outres, aux pas cassés,
de ceux à qui l’on met de petits pantalons
à cause des plaies bleues et suintantes que font
les mouches entêtées qui s’y groupent en ronds.
Mon Dieu, faites qu’avec ces ânes je Vous vienne.
Faites que, dans la paix, des anges nous conduisent
vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises
lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes
qui mireront leur humble et douce pauvreté
à la limpidité de l’amour éternel.

Francis Jammes

Y’A PAS DE PETITS PRODUITS, Y’A PAS DE PETITS PROFITS, Y’A PAS DE PETITES MARGES

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Je ne suis pas d’accord avec Philippe Blaise, je suis partisan d’encadrer et réduire les marges de tout le monde ou personne.
Je ne le suis pas sur cette histoire des petites marges sur des petits produits à petits prix*.

Comme j’aime bien le pâté Hénaff j’en prends souvent un peu partout. Un petit produit. La boite classique coûte environ 1,5 € en commerce en métropole, soit environ 180 Fcfp. L’importateur doit l’avoir à environ 1€ et la vendre ici environ 2€ aux détaillants. Or pourquoi est-ce que je la trouve à 250 Fcfp dans tel magasin, à 300 Fcfp dans tel autre, et même à 350 ou 400 voire 450 Fcfp ailleurs selon la charmante fantaisie des divers commerçants ou gérants de supérettes. C’est ça les petites marges sur les petits produits ???!!!

Je reprends ma démonstration avec un autre « petit produit » dont Prixing en métropole et L’Observatoire des prix en NC m’ont fourni des prix exacts : le bocal de confiture de fraises Bonne Maman de 370 gr. Il est à 1,34gr en commerce en métropole, soit 159 Fcfp, et entre 275 Fcfp (Magenta Discount) et 420 et 450 Fcfp en NC (Arizona et Au Bon Prix), les petits magasins du Gd Nouméa et de brousse n’étant pas en reste (455 Fcfp chez SUPER NORD : VIVAL KOUMAC). Après la marge que se sont accordée les gros importateurs, je ne trouve pas que les marges des détaillants qui fluctuent selon la Lune du simple au double soient de « faibles marges des produits pas chers » et qu’elles soient limitées par ton « déjà en dessous des 25% » dont je me demande d’où il sort…

Petits produits ou pas, petites entreprises ou grosses, toutes les marges sont anarchiques et abusives : ON ENCADRE TOUT LE MONDE ON N’ENCADRE PERSONNE, et plutôt tout le monde et personnellement je n’encadre pas cette ségrégation entre gros goinfres et petits goinfres.

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* « En obligeant à baisser les marges des produits haut de gamme on encourage les importateurs à augmenter les faibles marges des produits pas chers (qui sont déjà en dessous des 25% autorisés par l’article 19). » => MAIS C’EST DÉJÀ FAIT !!!

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