QUE RESTE-T-IL DE CALÉDONIE ENSEMBLE ?

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Dernier meeting de CALÉDONIE ENSEMBLE ce soir au Park. Que reste-t-il de ce parti ? Des rangs serrés, une salle damée, un show rodé, des mots huilés, oui… Mais que reste-t-il de tout ce qu’on y avait recherché, espéré, trouvé, aimé ? De tout ce qui n’existait pas ailleurs, de tout ce qui n’avait jamais existé ailleurs, de tout ce qui avait toujours été nié et détesté ailleurs.

On y avait aimé une justice sociale, un progrès sociétal, le souci des gens ? Oui mais fini, ou à peu près, il ne reste plus que l’entreprise choyée, les affaires protégées, un patronat caressé, des mesurettes symboliques et indolores pour le business, la préférence accordée aux VIP en tous genres et aux CV blindés.

On y avait aimé l’affirmation simple de la République et de la démocratie dans la France ? Oui mais fini, ou à peu près, il ne reste plus que les complaisances à l’égard des adversaires, la résignation aux dernières rimes entre compétences et indépendance, la confiscation d’une question claire pour le peuple et d’un vote sincère sur l’avenir, leur remplacement par l’obscure clarté qui tombe d’un projet éclairé qui tient davantage du halo que de la lumière, qui évoque davantage les illisibles et abusifs contrats d’assurance que la franche alternative entre le oui et le non d’un référendum.

On avait aimé l’humanisme libre, intelligent, ouvert et vivant, qui niait les cloisons entre les classes, les âges, les sexes, les cultures, les ethnies, les pedigrees des années et générations de présence, qui écoutait et respectait la parole de chacun. Oui mais fini, ou à peu près, il ne reste plus que les regroupements communautaires, ou par génération, ou par genre, la soumission aux coutumes excluantes, l’hommage constant aux héritiers des lignées locales et ancestrales, la génuflexion devant les titres et l’image plutôt que devant les compétences et les convictions, et l’on écoute plus que ceux qui pèsent et qui comptent.

On avait aimé les bras grands ouverts à tout l’archipel dans son ensemble, dans sa géographie, dans son histoire, dans sa population, dans son économie, dans son idéologie, composé d’une seule charpente, d’une même chair, d’un tissu unique. Oui mais fini, ou à peu près, il ne reste plus que des divisions, des décompositions, des fractions, des calculs, des équations, des exclusions, des destructions.

« Bonheur fané, cheveux au vent

Baisers volés, rêves mouvants

Que reste-t-il de tout cela?

Dites-le-moi »