INDEPENDENCE DAYS DIARY SEPTEMBRE 2017

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JE CONNAISSAIS, MOI, UNE ÎLE UNIQUE AU MONDE

(Caledonia Stories)

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Ce qui était bien en Calédonie c’était d’abord la Calédonie, ce pays à part, pas comme les autres, avec une histoire pas possible, inclassable, indéfinissable, ni grand ni petit, ni beau ni laid, ni chaud ni froid, ni montagneux ni marin, ni moderne ni sauvage, ni grave ni léger, ni gentil ni méchant, ni bête ni malin, ni riche ni pauvre, une chose unique, compliquée, prenante, attachante, touchante, pas une île comme ces autres îles qui ressemblent à toutes les autres îles, pas une île ordinaire où les gens sont forcément tout aussi ordinaires que leur île, une île unique au monde qui vous rendait unique au monde, un peu comme dans l’histoire compliquée de la rose et du Petit Prince.

Ce qui était bien en Calédonie c’était les gens de Calédonie, tous les gens, parce qu’ils avaient tous une histoire, une histoire à eux, rien qu’à eux, tous, une histoire compliquée de voyage, de mariage, de métissage, une histoire unique de départ, d’exil, d’espoir, ou multipliée par deux par les histoires de voyage, de mariage, de métissage des parents ou par quatre par les histoires de voyage, de mariage, de métissage des grands parents, parce qu’ils se connaissaient tous entre eux ces gens, ou bien parce qu’ils connaissaient toujours des gens que les gens qu’ils rencontraient connaissaient aussi, ou avaient connus autrefois, qu’ils se rencontrassent à la plage, au lavage ou en voyage, parce qu’ils étaient tous braves et souriants, sans sourire pour rien ces gens, quand ils se croisaient sur le bord des pistes ou aux carrefours, où ils se laissaient le passage avec un geste de braves gens souriants.

Ce qui était bien en Calédonie ce n’était pas la mer ni les plages de Calédonie, tant de mer et tant de plages, qui toujours ne ressemblent qu’à la mer et qu’aux plages, comme dit Brel, et ne chantent pas d’autres chants que ceux que la mer chante dans les livres d’enfants, sauf parfois une petite baie perdue et cachée au bout d’un monde où l’on pouvait croire qu’on était les seuls au monde et les premiers sur Terre, choisis par le chant de cette petite crique unique. Ce qui était bien en Calédonie ce n’était pas la ville, raide et brûlante, sèche et violente, sauf parfois tôt le matin dans le souffle frais d’une terrasse devant un café auprès de l’eau et des robes à fleurs de la belle saison naissante, sauf parfois en fin de journée sous les rayons alanguis et obliques du couchant, dorant les rues apaisées où l’on causait et fumait tranquillement pendant que se fermaient les boutiques, privilégiés par ces doux instants uniques. Ce qui était bien en Calédonie ce n’était pas les montagnes rouges et brûlées, arides et rouillées, sauf parfois ces nids de verdure, au creux d’une vallée douce, humide et profonde, et ce cours d’une rivière cristalline encore juvénile, entre herbes tendres, gravier fin et rochers gris, buvant sa source au cœur d’un chaîne pénétrée, gagnée et méritée par des heures d’approche et de marche éprouvantes, enfin élus par cette tendre gorge unique.

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VENDREDI 1er SEPTEMBRE 2017
(Independence Days Diary)

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Je me demande si les sœurs Native, célèbres interprètes de « Si la vie demande ça », vont être inscrites d’office sur la liste générale en #Calédonie puis sur la liste référendaire.

Je me demande qui s’est posé la question de savoir si, les viols incestueux évoqués au sujet de la meurtrière de Daniel Monteiro ont fait l’objet ou vont faire l’objet d’une enquête et de recherches du coupable, le père. Si Bianca Tein-Poawi a subi les violences familiales gravissimes qui ont été présentées durant son procès cette semaine pourquoi ne s’en occupe-t-on pas comme on s’est occupé du violeur de Flavie Flament 30 ans plus tard même si le présumé coupable, Hamilton, n’était pas le père, circonstance aggravante.
Non ? On s’en fout ? On a arrangé ça comme d’habitude, comme de coutume ?…
S’il y a eu plainte, interpellation et condamnation à l’époque, peu ancienne et pas du tout couverte par la prescription, j’aimerais le savoir. Autorités ? Police ? Gendarmerie ? Justice ? Procès ? Si on n’a rien fait, si on ne fait rien puisqu’il n’est pas trop tard, si on continue à ne rien dans ce cas-là comme dans pas mal d’autres cas de violences et de viols en famille, j’aimerais le savoir aussi.
Une telle indifférence face à l’horreur serait en l’occurrence, et est hélas souvent, la première complice et coupable de la transformation d’un être humain en bête meurtrière et de la reconduction tragique mais logique du phénomène.

Je ne me demande par contre rien sur le gouvernement, absolument rien, je m’en fous complètement à vrai dire. Les amateurs de Calcio et de mises sportives pourraient juste organiser des paris sur l’issue de ce match. Même si en Italie on parie sur des bons joueurs et des bons clubs de foot alors que, comme le disait à midi sur NC radio Etienne Dutailly, du Chien Bleu, ce gouvernement n’est constitué de de « seconds couteaux », de « loosers », de fantômes, pourquoi pas ?
Pari 1 : Un ministre FLNKS baisse le pantalon et vote pour Germain.
Pari 2 : la plateforme baisse le pantalon et propose Deladrière à la place de Germain.
Pari 3 : Backes demande à Gyges de baisser le pantalon et de voter pour Germain.
Pari 4 : Martin est condamné dans 15 jours et déclaré inéligible et les Républicains Calédoniens perdent leur groupe, leur ministre et leurs pantalonnades.
Mais moi de toute façons je n’aime pas les jeux de hasard ni les paris, ni les tombolas ni les bingos.

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DIMANCHE 3 SEPTEMBRE 2017
(Independence Days Diary)

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Les tags et les graphes, le rap et le slam, sont à la peinture et à la musique ce que les poubelles d’un restaurant sont au restaurant.

C’est le temps des floraisons pastel, orangé pâle des fleurs de manguiers, humble parme de l’épanouissement des patchoulis.
Un dimanche gris à corriger des copies, un dimanche froid à rester chez soi, un dimanche morose à ne pas faire grand chose.
Patchwork céleste et mouvant de coins bleus et de nuages noirs. Qui aura la majorité au ciel, qui va gagner ? Temps inconstant, mais sans changement il n’y aurait pas de temps, et l’éternité serait triste.

 propos de majorité et de temps, au « jour d’aujourd’hui », comme on dit à la radio ou à la télé quand on commence à parler d’autorité et à vouloir donner des leçons, en septembre 2017, l’incertitude sur le « jour d’après », le jour d’après le référendum d’indépendance selon la célèbre formule du célèbre Gomès, est inversement proportionnelle aux agitations et bavardages politiciens. Plus ils grenouillent dans les assemblées moins on sait où on va. Il ne semble pas qu’on aille à la catastrophe immédiate puisque les politiciens et leurs amis, tous plus ou moins nantis, ont tous quelque chose à perdre dans une catastrophe, le député sa maison, le sénateur son agence, le travailleur syndiqué exploité sa pension etc…
Les « jours d’avant », que j’ai appelés les « Independence Days » puisqu’on ne va y parler que d’indépendance pendant environ 420 journées, en souhaitant qu’elles ne ressemblent pas aux 120 journées de Sodome de Sade et Pasolini, ne sont pas beaucoup plus claires que le jour d’après. Brillant serait le voyant, Mage Abdu ou Professeur Amin, qui nous dirait si dans quinze jours le gouvernement aura son président et lequel, si le Sénat coutumier aura son président et lequel, si la DITTT aura son directeur et lequel, si la CAFAT aura son directeur et lequel et pour nous imposer quel redressement et quels prélèvements, si les chauffeurs de bus auront leurs milliards et combien et en nous augmentant de combien nos impôts.

La flèche du temps n’est pas si irréversible que nous le disent les physiciens puisque la Calédonie revit à nouveau l’instant T du blocage de gouvernement, redit l’éternelle saga des inscriptions et radiations, recommence le jour sans fin des haines goméso-backésiennes,
Quoique… Un peu de nouveauté quand même. Il semblerait que Bobby Fisher Gomès n’ait pas vu venir le coup du fou Gyges dans la partie qu’il mène depuis des années avec Sonia Backes Kasparov. Maladresse de l’arrogance anti Mapou, cécité politique face à la possibilité du groupe des Républicains émanation du MEDEF, mépris des débauchés yannistes exclus du gouvernement.
L’énervement du député et de ses communicants exprimés dans les médias et à grands renfort d’insultes et de clips vidéo injurieux attestent une certaine fragilité et une inquiétude certaine.
Ceci dit l’espace abandonné et le boulevard ouvert au groupe Backes, auto proclamé « Républicains », par l’auto dissolution du RUMP et par ses idées vaseuses sur la sécurité, sur les « états généraux » et sur une troisième solution de fédération ou d’association suffiront-ils à faire oublier la soumission des Républicains Calédoniens au gras MEDEF-NC et leur allégeance opportuniste mais indigne aux Le Pen et au Front National lors des dernières élections et à leur permettre l’indulgence et la bienveillance populaires et une réelle percée aux prochaines provinciales.

500 bouteilles pillées en deux minutes par 30 voleurs dans une cave à vin : voilà de quoi proposer pleins de petits problèmes d’arithmétique aux enfants ou aux jeunes détenus du Camp Est préparant un examen et porteurs d’un projet de réinsertion.
Les caves à vin, qui ont fleuri et se sont multipliées exponentiellement depuis la prohibition en Calédonie, proposant au prix fort une échappatoire à la loi et aux interdits aux plus riches, se risquant même à s’installer dans les cités et quartiers sociaux pour exploiter les plus pauvres quitte à les provoquer s’ils n’ont pas le sou, sont-ils moralement justifiables ?
Voilà un sujet de dissertation de philosophie à offrir aussi à notre jeunesse après les exercices de mathématiques. Non ?

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LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017
(Independence Days Diary)

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Les jours rallongent ! Le matin à six heures on dépasse le soleil, comme à vélo dans Paris. Ça sent l’été, les grandes vacances, les billets trois fois plus cher à Aircalin…

La sécheresse continue. La temps aurait déclaré qu’il ne voterait pas la pluie tant que Germain serait soutenu et maintenu par CE.

Il était en forme Tony Lecren hier, surtout dans la première partie du blabla de Valérie Jauneau aussi insipide que dominical sur NC1ère. Moins bon dans la seconde partie où Martine-fait-du-journalisme lui a demandé de parler d’économie. Lancer Tonio sur l’économie c’est comme si Pujadas lançait Sarkozy sur la littérature ou Ribéry sur la philosophie !
Lecren nous a rappelé que Goa avait joué à forcer D’anglebermes à voter pour Germain la dernière fois et à forcer la commission d’investiture à le virer lui Tony l’étoile montante de l’UC, « une incohérence de plus ».
Il nous a appris que que les querelles du sénat coutumier sont des histoires « d’obédiences ». Tiens tiens… une histoires de « frères » encore ! Dommage que les sœurs soient persona non grata dans la coutume.
Il a appelé notre député « le soldat Zorro Gomès », contractant étrangement les expressions « il faut sauver le soldat Germain » et « Zorro Gomès est arrivé ».
Rendant hommage aux profils consensuels de Thémerau et Liegeard à la présidence du gouvernement, il a affirmé que « ça n’a pas été le cas de Philippe Germain. Boum !
Sur son propre cas sur lequel Jauneau et les images de RFO se sont attardés avec gourmandise il a signalé assez justement que les médias en ont fait des tonnes sur ses histoires, avant même tout jugement, alors que sur de nombreux autres cas l’Omerta et le blackout sont la règle imposée. Et Anthony de citer quelques affaires délicates et d’ajouter « Pourquoi moi ?! ».
C’est vrai ça, c’est pertinent, pourquoi lui ?!

En cette fin août, sur les pages de Philippe Gomès et de ses communicants c’est le journal des bonnes nouvelles et la Ballade des gens heureux :
– « ÉTAPE MAJEURE POUR L’INTÉGRATION RÉGIONALE DU PAYS DÉCIDÉE A L’UNANIMITÉ DU CONGRÈS : LA NOUVELLE CALÉDONIE MEMBRE A PART ENTIÈRE DU FORUM DES ÎLES DU PACIFIQUE ( FIP ) ( 29 AOÛT 2017 ) » OUAIS !!!
– « La tribu de St Louis a ouvert ses portes au public, le samedi 26 août, à l’occasion du Mois du patrimoine en province Sud. Les très nombreux visiteurs ont découvert une tribu verdoyante, en bordure de la Thy, et surtout accueillante. » OUAIS !!!
– « INSCRIPTION DES RÉCIFS AU PATRIMOINE MONDIAL DE L’HUMANITÉ : LE PREMIER PROJET IDENTITAIRE CALÉDONIEN ? ( 29 AOÛT 2017 ) » OUAIS !!!
– « Moment d’émotion vendredi soir lors de la rencontre organisée à La Foa à l’occasion de mon départ du SIVM…
Après 22 années de présidence, c’est par une haie d’honneur des pompiers du Centre de secours de Fonwhary que j’ai été accueilli au Centre socio-culturel. » OUAIS !!!
– « La Nouvelle-Calédonie redresse et assainit ses comptes. Fruit d’une gestion rigoureuse des deniers publics appliquée depuis mi-2014 à travers une réduction, sans précédent, de 9 milliards des dépenses de fonctionnement, le budget propre de la Nouvelle-Calédonie redevient positif. » OUAIS !!!

Michel Onfray nous annonce 12 000 abonnés payants à 4 euros sur son site où il nous met une petite vidéo de 10 ou 15 minutes tous les jours sur les questions qu’on lui pose, un peu bizarrement sélectionnées, souvent un peu café du commerce quand même, plutôt style « Que pensez-vous des végétariens » que genre « Peut-on envisager une réversibilité du temps ? ». Mais bon, 12000 fois 4 ça fait quand même 48 000 euros par mois…

Poisson des Nouvelles et Jauneau la pas nouvelle ont « analysé » l’absence de président au gouvernement hier au journal télévisé. Très puissant ! Il n’y a pas de président parce qu’il y a 5 FLN, 5 plateformistes et 1 Républicain pas d’accord. Mais ça devrait pas durer, à moins que… Rien d’autre.
On dit Noyer le Poisson, Noyer le jaunet, ou Noyer la Jauneau ?

Jean-Sébastien FERJOU, d’Atlantico, un journaliste d’une autre trempe, qui discutait ce week-end avec Soazig Quemener de Marianne dans l’émission Le Débat d’Adrien Gidre sur LCI a prononcé une tirade remarquable sur l’état de la société, les valeurs, la dérive des jeunes, l’extrémisme et le sens donné aujourd’hui à la vie, dont voici un extrait que j’aime beaucoup : « On ne peut pas ne pas regarder en face le fait qu’on ait renoncé à un certain nombre de principes, ou qu’on ait voulu détruire la famille parce que ça paraissait le lieu d’incarnation du patriarcat ou de je ne sais quel archaïsme social. Et bien oui, une fois que vous avez dissous toutes les structures traditionnelles et qu’en plus vous avez renoncé à la religion, parce que c’est ça aussi qui se joue, qu’est-ce qui donne du sens à la vie ? Et bien qu’est-ce qu’on propose dans nos société pour donner du sens à la vie ? Acheter un maillot du Paris-Saint-Germain, enfin si on est parisien, ou bien acheter un maillot de l’OM ! »

Bruno Retailleau, LR pas constructif, ancien adorateur de Fillon, veut donner des leçons de bon Républicain à Sonia Backes et aux Républicains Calédoniens. C’est bon s’il se rappelle un coup qu’il s’est fait retailler une veste aux élections Retailleau, lui, son parti et son Fillon, pourtant très fort en veste le François, de luxe et pourtant pas chères !

Bon alors comme ça Gérard Poadja, le copain de Gomès, va piquer la place d’Hilarion Vendegou au sénat avec la bénédiction et le soutien de Pierre Frogier. Ils vont pouvoir faire un club au RUMP/RPCR, le cub des ex sénateurs mélanésiens saqués comme des kleenex par un décret du prince du parti : Dick Ukeiwé, Simon Loueckhote, Hilarion Vendegou !

Les massacres, blessures, incendies et destruction de Maré de 2011 se soldent par un quasi non lieu : un petit huit mois avec sursis si on a été gentil et qu’on regrette, qu’on demande pardon et bonjour à la dame. Ben oui quoi, on n’a pas trouvé les coupables ! Pas trop cherché non plus peut-être. Et puis personne n’a rien dit aussi ! Faut comprendre la gendarmerie et la justice !
Les guerres tribales à bon compte ont encore de beaux jours devant elles…

Les rapports entre les politiques et les gens en Calédonie c’est un peu la chanson « Sweet dreams » d’Eurythmics : Some of them want to abuse you / Some of them want to be abused ». Non ?

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MARDI 5 SEPTEMBRE 2017
(Independence Days Diary)

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C’est en septembre… que Macron, Philippe, Blanquer et Pénicaud font une bonne rentrée et du très bon boulot.
Et dire qu’il y en a tant en Calédonie qui ont préféré voter Hamon, Mélenchon, Fillon et même Le Pen ! Quel gâchis !
Sans les indépendantistes qui ont fait passer Macron un peu devant le FN ils nous auraient mis la honte au second tour et collé une image d’archipel d’indécrottables fachos. Wallis, avec ses 79% pour Macron contre seulement 21% de frontistes s’est montrée bien plus digne…

Le groupe des six de Sonia Backes aurait mieux fait de ne pas se la jouer lepéniste aux élections et de ne pas hurler avec les loups fascistes locaux contre Macron. Ils auraient LREM et les constructifs avec eux au moins aujourd’hui, au lieu d’être illisible, au lieu de se faire cracher dessus par Retailleau et les Républicains nationaux. Ça serait plus cohérent. À moins qu’ils ne rejoignent Bianca Hénin, ça serait farce !
Comme il aurait été plus cohérent qu’ils ne votent pas pour leur ennemi plateformiste Santa au Congrès alors qu’ils veulent bloquer l’autre ennemi plateformiste au Gouvrernement. Y’a ennemi et ennemi ?

Le père criminel qui a massacré ses deux enfants avait prévenu par SMS sa femme, un mois avant le crime, qu’il allait « brûler son camion, tuer les enfants et se suicider ». Il avait ajouté « c’est trop tard, je ne peux plus reculer. Adieu. » L’épouse menacée avait alerté police, gendarmerie, justice, peut-être même avec une plainte à la clé. Résultats : rien ! On lui fait un rappel à la loi au fou furieux, c’est tout, et on lui laisse les enfants !
Incroyable ! Les termes étaient clairs et radicaux, la détermination évidente, le passage à l’acte était calculé et imminent. Les nombreux exemple de violences, de blessures et de mise à mort par des maris qui ne supportent pas le départ d’une épouse dans le cadre des mariages traditionnels sont hélas très nombreux.
Mais non, on ne touche pas à ce domaine-là davantage qu’on a touché à la montée de la guerre civile à Maré…

Il semble qu’à l’origine les licences de transport des chauffeurs de bus ont été données gratuitement aux entrepreneurs par la mairie. Par la suite ce précieux césame permettant l’accès au club fermé des chauffeurs de car et à la rente de situation en cours dans cette profession contingentée et protégée par les acteurs eux-mêmes a pris des valeurs astronomiques et s’est revendu à prix d’or passant de zéro francs à vingt ou vingt cinq millions.
Comment une institution, avec nos impôts, peut-elle racheter 25 millions une chose qu’elle a donné gratuitement ?
On ne demande pas à une mairie de rembourser à un commerçant le prix de son fonds quand il l’a laissé périclité, n’a pas évolué, ne s’est pas diversifié ! Pas plus qu’on ne lui demande de partager avec la municipalité ses bénéfices quand les affaires marchaient bien. Et les chauffeurs-pleureurs ont connu de nombreuses années sans pleurs, florissantes et très grasses…
Même chose pour les licences de chauffeurs de taxis et les fonds-patentes des pharmaciens, infirmiers, pompistes… Autant de métiers protégés que les responsables ont blindés et fait fructifier avec le numerus clausus et la raréfaction des profiteurs du système.
Je me souviens de quelques vaines tentatives pour trouver un taxi les jours de voiture en panne et de ces voitures vert et blanc prises d’assaut par les clients sur la place des taxis tant ceux-ci arrivaient au copte-gouttes ou refusaient, dédaigneux, telle ou telle destination.
Moins dur de trouver un transport dans n’importe quelle ville d’Asie. Un peu d’ubérisation et de vrai libéralisme ne ferait pas de mal en Calédonie…
Un peu comme la pénurie organisée par la production agricole locale ou les auto-protections de la FINC…
Si on file 25 millions à un chauffeur pour sa licence moins rentable en raison de la concurrence, combien filera-t-on au chocolatier local pour sa licence de marché protégé si la concurrence le menace aussi un jour ?!

Un pouvoir calédonien en guerre contre les monopoles et qui défend bec (verseur de milliards) et ongles (dorés de profiteurs) le monopole d’Aircalin : la Calédonie a aussi le monopole du grotesque ubuesque.

Pas vraiment Terre de paroles, terre de partage la Calédonie pour le pépère du Mont-Dore originaire de Tanna au Vanuatu qui se fait systématiquement détruire ses deux hectares de champs, bananiers, choux, tuyaux à Lembi, guerre de harcèlement accompagnés de « mots en langue vernaculaire inscrits au sabre sur les troncs d’arbre et dans la terre rouge' » nous dit le quotidien Les Nouvelles de ce jour.
Une autre façon d’entretenir la pénurie agricole ?

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MERCREDI 6 SEPTEMBRE 2017
(Independence Days Diary)

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Tweet : Après avoir chanté « Fais-moi une place / Dans ton Avenir », Harold chante-t-il désormais à Gomès « Souffrir par toi n’est pas souffrir » ?

La connerie ça peut rapporter gros en Calédonie, dans les un milliard et demi de francs CFP, au minimum, au bas mot, mais pas aux cons, juste à ceux qui savent l’exploiter la connerie !
Abus de faiblesse ? Traite de la connerie plutôt !
Sécheresse pour nos champs certes, mais pas trop de sécheresse d’argent pour nos nantis locaux apparemment
L’affaire Christophe Urben, l’escroc multicarte, multipass et multi tours de passe-passe est formidable. Comme d’habitude les médias en font des tonnes sur « le plus grand escroc de Calédonie », sur « le diable », mais rien ou presque rien sur tous ceux qui lui ont filé des millions, des dizaines de millions, sous toutes sortes de formes, en lui filant des versements, même du liquide, leurs cartes de crédit aussi !
Des privés, des politiciens, des sociétés. Assez cons pour accepter des reversements d’autres clients tiers escroqués aussi, histoire de patienter en attendant les œufs d’or de la poule et les rendements des placements miraculeux.
Assez cons pour croire aux achats immobiliers de rêve… et de fantasmes.
Assez cons pour accepter l’amitié du voleur, ses discours, ses cadeaux, des voyages en Australie.
Des couillons se croyant sans doute moins cons que nous qui passons par des banques et des notaires connus et qui plaçons nos petites économies à 1, 2 ou 3% sur un compte-épargne ou sur des livrets pour les enfants, honnêtement.
Parce-que, franchement, ces cons qui balancent des dizaines de millions au black ou en liquide au premier bandit venu, est-ce que c’est très très honnête ça ? Est-ce que c’est de l’argent déclaré, imposé ? Est-ce que ça serait pas un peu du blanchiment des fois ? La conscience des couillonnés semblait peu tranquille puisque ils avaient besoin de l’évocation de l’amitié d’un procureur pour être rassuré, sans se poser davantage de questions. La bêtise et la malhonnêteté font très bon ménage, et cette union est même fréquente, que ce soit chez un particulier, chez un élu ou chez un gérant de société.
Mais de tout ça, les médias n’en parlent pas, jamais.
Tant qu’il y aura des cons il y aura des escrocs.

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VENDREDI 8 SEPTEMBRE 2017
(Independence Days Diary)

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La nature tiédit, bruisse, bourdonne, bouillonne, germine, fleurit, embaume. L’été est déjà presque là.

L’idée qui a germé aussi dans la grosse tête des Républicains Calédoniens, le boys band politique du MEDEF, c’est d’envoyer la fille Lafleur contre le soldat Frogier au tournoi des sénatoriales calédoniennes. C’est pas con. Le choc de l’écuyère Isabelle contre le vieux chevalier Pierrot dans sa trop grande armure rouillée promet d’être intéressant. Les grands électeurs RUMP, bien souvent aussi vieux grognards du RPCR, potentiellement troublés par l’absence et l’obsolescence de leur président-sénateur (on va dire ça comme ça), perturbés par son remariage étrange avec l’ennemi héréditaire Gomès et probablement séduits par le retour de la dynastie de Ouaco et de la légende de Jacquot-le-Grand peuvent fort bien avoir envie de casser du Frogier et de promouvoir la belle Isa en douce, ni vu ni connu dans le secret de l’isoloir au Haussariat. Ce serait une insoumission méritoire, un sursaut de dignité. Dans ce cas-là il faudra qu’ils gardent bonne contenance pendant la journée du vote puisque la garde et les cerbères du RUMP vont les garder prisonniers à la Permanence entre le tour du matin et celui de l’après-midi, repas fourni, histoire de pas les perdre dans la nature et leur voix avec. Ils devront avoir l’air fidèles, enjoués, triomphants, genre « T’inquiète pas Pierre, c’est dans la poche, t’as déjà gagné, t’es le meilleur, tu vas les enfoncer ces enfoirés de… (insultes ordurières obligées), tout en pensant avec une jubilation intérieure et impérative secrète à leur vote anti-Frogier imminent. Ça sent le vécu ? Oui !

Les journalistes du club de la presse de RFO de ce midi toujours aussi nuls. Sur la proposition d’un référendum fixé au 7 octobre 2018 lancée par Sonia Backes, il y en a une, de Caledonia, qui n’a trouvé à dire que « Ça, c’est pour exister » et l’autre, de NC1, « Ça changera rien ». Seul Poisson le rédac-chef des Nouvelles a un peu relevé le niveau en signalant que cette démarche correspondrait à une initiative du pays, du congrès, et non à une attente passive des élus locaux jusqu’à ce que l’État leur impose sa date. C’est vrai.

Quelle mouche a piqué Le Chien bleu ?! Il attaque le pouvoir local sur les moustiques, sur la CAFAT, sur l’APICAN et sur sa lâche démission face à la tyrannie de Vale et au sacrifice imposé de Martine Cornaille livrée au géant vorace. Pas tendre le toutou avec son Gomès pour une fois ! Même dans la dernière page consacrée aux traditionnels montages photos, les têtes de turc ne sont pratiquement que des élus de CE !… Mais porque , why, warum, pourquoi ???!!! Le remariage du député ensemble avec le sénateur de ce RUMP-RPCR qui avait fait tant de misères au Chien Blue naguère n’y serait pas pour quelque chose ? On se souvient des déceptions et des revirements de Squillario…
En tout cas le Dutailly il a dutaillé un sacré costard au monde agricole local dans sa page 3 ! Combines, subventions, indemnisations, gouvernances solitaires, décisions arbitraires, incohérences et insuffisances en tous genres, clientélisme, petit ministre à la botte, chambre des comptes horrifiée… C’est bien le seul journaliste à oser faire ça, tant ce monde tabou est épargné et protégé comme… une vache sacrée !

Tweets :

@LOSSERVATORECAL
La #Calédonie aura au moins gagné une chemise à fleurs dans cette histoire de forum des îles, mais ira-t-elle encore au prochain président du gouv ?

@LOSSERVATORECAL
L’Apican, la Cama, l’Erpa et les taxes remplissent le tonneau des Danaïdes de l’agriculture calédonienne.

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SAMEDI 9 SEPTEMBRE 2017
(Independence Days Diary)

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Le Club politique de RRB, la radio qui sent le vieux linoléum et la carpette, rassemble chaque semaine ce qui se fait de mieux en Nouvelle-Calédonie en matière, grise, de cerveaux, de clairvoyance sincère, d’audace intellectuelle : Ismet Kurtovitch, Bernard Deladrière, Luc Steinmetz, Patrice Jean, Jean Paul Caillard, Frédéric Angleviel, Annie Beustes. De la pure matière bien grise traitée anti-reflets, anti-lumières, anti-rayons éblouissants, pénombre apaisante et clair-obscur assoupissant garantis en fin d’après-midi le vendredi.
Mais pourquoi la mythique radio ReuReuBœufs s’entête-t-elle à vouloir mêler le vilain petit canard Louis-José Barbançon à ce superbe aréopage de génies sans bouillir ?!
Alors que tous s’étranglent devant l’insolence des minoritaires Républicains Calédoniens au gouvernement, Barbançon ose nous parler de « torts partagés », d’un « intérêt supérieur du pays » qui ne correspond pas à un Germain président, de la collégialité d’un gouvernement qui pourrait discuter avec les représentants de 15 000 électeurs sans les rejeter pour crime de minorité, de la version officielle et médiatique d’une Sonia Backes rejetant Germain mais qui tait celle d’un Gomes rejetant Backes et toute discussion avec elle, d’une « communauté de vue » récente entre les Rumpies de la plateforme et Backes, d’un « déversement de flatteries » de la plateforme vers les cinq indépendantistes pour en débaucher au moins un, de la logique qu’il y aurait pour le groupe Backes de faire voter pour un président indépendantiste plutôt que pour « l’homme le plus néfaste pour la Nouvelle-Calédonie », de la nullité des LR de Wauquiez et de l’exclusivité des Insoumis comme uniques opposants, de l’habileté du gouvernement central, de l’incohérence des roquets aboyant contre Macron.
Comble de l’impudence, Barbançon parle de « simplisme » à propos des analyses de ses camarades du vendredi !
Ce ne sont pas des simplets quand même !!!
Quoique…

Si notre référendum se passe le dimanche 7 octobre 2018, à la saint Auguste, il nous reste combien de jours à commenter avant avant de D-Day dans notre Independence Days Diary, avec notre sauvage esprit d’indépendance et notre farouche indépendance par rapport aux partis et aux politicards ? 394 jours, si mes calculs astronomiques sont bons, et si on inclut ce samedi 9 septembre 2017 et le dimanche 7 octobre de l’an de grâce 2018.
Trois cent quatre vingt quatorze days devant nous ! On peut en faire des choses encore !
c’est sympa de la part des Républicains Calédoniens de nous donner de la lisibilité et l’occasion de nous organiser.

Parce-que si on attend les autres c’est moins clair, beaucoup moins clair. Des États Généraux par ci, de l’état associé ou fédéré par là, du forum des états insulaires par ci, du forum des états du Fer de lance par là. Un état caldokanaky proche de l’Ohio en résumé, mais sans trop de référendum.
Ceci dit faut pas trop s’en faire parce qu’apparemment notre avenir se discute davantage dans les loges, discrètement entre frères, et dans les « Tenues blanches fermées » que dans les assemblées élues, que dans des meetings populaires ou que sur des plateaux de télé.
Où est-ce que je pourrais m’acheter une « tenue blanche fermée » moi aussi ? À Carrefour ? En ville chez les Chinois ?
Quoiqu’avec l’été qui arrive je risque d’avoir chaud, je préfère les trucs ouverts finalement…
Bizarre quand même ces tenues blanches, c’est salissant, surtout quand on fait des trucs pas propres ! Non ?

TATTOO POUR (PAS) PLAIRE… Le billet de Patrick Besson c’est ce que je lis en premier dans Le Point le jeudi, le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy est ce que je lis en dernier, ou plutôt pas du tout, juste un coup d’œil au titre une fois arrivé à la fin du journal.
Cette semaine c’est Besson tatouage. Féroce ! Et toujours en douceur.
Un esprit libre le Besson, et caustique, ça va de pair, sans être petit ou méchant, puisqu’il faut bien un peu d’acide et d’humour pour libérer et dissoudre les liens de la bêtise.
Pour ce qui est de la bêtise il semble bien que chez les adultes la prolongation largement collective du stade infantile des vignettes à tatouer Malabar, que j’ai vécu vers les neuf dix ans, soit de plus en plus contagieuse, répandue et partagée et connaisse même une croissance exponentielle, particulièrement en Calédonie…
Montre-moi ta peau, je te dirai ton niveau.

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DIMANCHE 10 SEPTEMBRE 2017
(Independence Days Diary)

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Je m’attendais à commencer ma nuit beaucoup plus tôt en écoutant Gérard Poadja en ce dimanche soir tant j’avais des souvenirs de la puissance soporifique de Gégé, et bah non, j’ai été agréablement surpris. Une bonne prestation. Un type carré, simple et sincère. Un type solide avec de la personnalité et de l’aisance aussi, pas l’élu de service, pas à la botte et pas vraiment politicard. Juste kanak, coutumier, non indépendantistes et du Nord, c’est tout, mais c’est pas si facile, qu’il a dit. Pas mal un parlementaire comme ça à Paris.
Il a dit qu’il voulait que la Calédonie reste dans la République et c’est tout, et à la bêtise des délires sur l’état associé ou fédéré partagés par les débiles du RUMP et du MPC et même par certains de son parti, il a dit simplement qu’on se gouvernait déjà nous-mêmes et qu’il fallait rester dans cette situation, et c’est tout.
Bien !
Juste un conseil Gérard : dis bien à tous tes plateformistes de pas toucher à la question du référendum, car ça les démange ces galeux-là, et puis laisse tomber le cinéma des états généraux à Frogier, c’est juste… du cinéma.
Sinon, un couple Poadja-Isabelle Lafleur au Sénat ça serait plus joli que celui que le deal électotal de Gomès et de la plateforme t’impose en te collant Frogier dans les pattes, celui qui t’a pourri la vie en 2008 et 2009 en te volant ta victoire aux primaires internes du Rassemblement pour désigner la tête de liste dans le Nord aux élections provinciales du 10 mai 2009. Tu t’en souviens ?
Grands électeurs à vos stylos…

Wallis a eu droit toute la semaine à la visite officielle d’un secrétaire d’État, un jeune macronistre surdoué attaché au ministère de Hulot. Une reconnaissance forte, une très joli visite, une très belle île. Normal aussi, à Wallis on a voté Macron plutôt que Le Pen…

À propos du FN, la blonde valkyrie essaie de revenir sous les projecteurs et devant les micros : nul ! Ça marche plus, ça embraye pas, ça mouline, elle parle dans le vide, elle rabâche ses haines, les immigrés, l’Europe, la mondialisation, le capital, Macron… On n’écoute plus, c’est bidon, c’est usé, périmé. Depuis qu’elle a révélé son vide intérieur et son insuffisance intellectuelle lors du grand débat et l’insondable incompétence de tout son parti en matière d’économie, c’est fini.

Pasco et nos rois de l’agriculture ont trouvé un truc pour écouler leur daube si expensive et ils l’on affiché sur une bâche de 50m2 sur la façade de leur Chambre, peut-être même au-dessus de leur lit : 95% des produits locaux sont clean et sans pesticides ou presque et seulement 63% des produits importés sont propres eux. Ce qui veut dire que 37% des importations agricole et bah c’est du poison.
Violent comme pub ! Sinon, pour leur bâche de 50m2, ils ont eu aussi, et encore, une subvention ?…

Francophonie et francofolies à fond pendant trois jours. Pas mal pour un pays qui ne voudrait plus de la France selon certains. De la Bourdonnaye a pourtant bêtement rapporté et dénoncé Youssoufa au journal de ce soir, comme un surveillant général aigri, pour son retard en ce dimanche dû à une balade en mer. Petit et mesquin.
Comme tous les Machins Première de l’ex RFO, NC 1ère va devoir changer de nom à la suite du procès perdu contre la chaîne Paris Première à qui France Télévisions avait piqué le nom sans vergogne.
On leur donne des idées ? Air et faux, NC Dernière, NCTNul, TéléCacal ?

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SI LE PARADIS C’EST IMPECCABLE ET CLEAN COMME UNE CUISINE MOBALPA…
(Caledonia Stories)

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Si le paradis c’est impeccable et clean comme une cuisine Mobalpa, je n’en veux pas.

S’il n’y a pas d’odeurs de friture, de miettes, de livres entassés et de taches de vin, très peu pour moi.

Si vraiment on veut me filer un au-delà, je veux y retrouver les choses que j’aime, avec leur usure et leurs brèches, et ceux que j’aimais, avec leur chair, leurs défauts et leurs rides.

Là-bas je veux aussi des gens que je n’aime pas et qui ne m’aiment pas, avoir mal, et puis guérir, faire des bêtises et puis regretter, avoir peur et puis rire, rêver et puis jouer, sinon je ne prends pas.

Là-haut, je veux encore des matins et des soirs, des printemps et des automnes, de la jeunesse et de la vieillesse, des débuts et des fins, de la vie et de la mort, sinon je n’en veux pas de l’éternité.

Si tout est parfait pour toujours au ciel, sans espoirs et sans déceptions, sans pleurs et sans consolations, sans mystère et sans quête, sans échec et sans conquête, je n’en veux pas du ciel.

Si le paradis c’est impeccable et clean comme une cuisine Mobalpa, c’est pire que l’enfer le paradis.

Si le paradis c’est impeccable et clean comme une cuisine Mobalpa, j’aime autant rien, et vivre une seule fois c’est bien.

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DANS UNE MAISON
(Caledonia Stories)

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Dans une maison, une vraie maison, genre grande, genre ancienne, genre une histoire, avec des gens, des animaux, un terrain, des arbres, des plantes, un jardin, un chemin, des bâtiments, des recoins, dans une maison on passe sa vie, on passe son temps à lutter contre le temps, à lutter contre la vie, la vie virulente et violente, qui fait pousser la vie dans tous les sens, qui inonde, qui se dresse, qui s’impose, qui se multiplie, qui grouille, qui envahit, qui recouvre, qui déborde, qui est fière, qui exagère.

Dans une maison, genre grande, genre ancienne, avec des gens, des animaux, un terrain, on passe sa vie et son temps à lutter contre le temps, à lutter contre la mort, la mort trop pressée, qui fait tout vieillir, tout partir, tout mourir, qui écaille, qui rouille, qui use, qui décolore, qui grise, qui blanchit, qui noircit, qui déforme, qui tord, qui décompose, qui pourrit, qui casse, qui casse tout, les branches, les planches, les bêtes, les gens.

Dans une maison, on passe sa vie à lutter contre la vie, contre d’autres vies, à tailler, à tondre, à lisser, à dresser, à redresser, à régler, à soutenir, à tutorer, à endiguer, à raisonner les assauts virulents des herbes et de la jeunesse, des étés et des folies, de la verdure et des racines, des feuillages et des mousses, des petits et des portées, des fleurs qui explosent et des fruits qui pèsent et qui tombent.

Dans une maison, on passe son temps à lutter contre le temps, contre l’automne et les feuilles mortes, contre la déchéance et l’agonie, contre l’usure et les pluies froides, à réparer, à colmater, à peindre, à repeindre, à rajeunir, à ranger, à arranger, à remettre, à remplacer, à protéger des murs, à rafraichir des peintures, à soigner des plaies, à masquer des trous, à boucher des absences.

Et puis doucement, dans une maison, genre grande, genre ancienne, genre une histoire, une histoire ancienne, on laisse, on lâche, on renonce, et petit à petit on laisse la part du temps, la part au temps, le temps au temps, on laisse du champ au temps, du temps aux champs, un coin où l’on ne va plus, qu’on avait tellement soigné, où les herbes folles ont gagné, où c’est mouillé et boueux, où les troncs penchent et s’affaissent, tant pis on laisse, une cabane qu’on ne répare plus, qu’on avait tellement arrangée, montrée, dont le toit se perce et s’écroule, où les choses trempent et moisissent, où les souvenirs sèchent et tombent au sol dans la poussière et la terre, c’est comme ça, un grenier où l’on ne monte plus, où l’on a oublié les objets, et ceux qui les y avaient mis, c’est la vie, un portail rouillé et moussu qu’on a condamné à jamais, une armoire qu’on a peu à peu cessé de ranger, qu’on ne range plus, qu’on ne peut plus ouvrir tant tout ce qu’on y a entassé sans rien oser jeter en déforme et coince les portes, qu’on ne veut plus ouvrir, tant tout ce qu’on y a entassé ne parle plus, n’intéresse plus, tant on ne veut pas souffrir en rouvrant ces instants disparus, ce passé entassé et enfoui, c’est fini.

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AUX HOMMES DE BONNE VOLONTÉ
(Caledonia Stories)

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« Être un homme, c’est bien. Mais il y a encore mieux : être humain. »
Jules Romains

Ce qui est désolant dans cette « Terre-de-Paroles-Terre-de-Partage » qu’on veut nous imposer c’est qu’entre ses deux cent cinquante mille habitants il y a vraiment du partage libre et de la parole spontanée mais que quelques dizaines, à peine quelques centaines d’ahuris et de tordus font tout pour dénaturer, dévoyer et exploiter cette parole libre et ce partage naturel, pour les enfermer dans des carcans collectifs et communautaires artificiels, hypocrites et faux, pour leur profit privé et pour leur maintien au pouvoir.

Qui n’a jamais été enchanté au moins une fois par une rencontre impromptue et par un échange ouvert et confiant, au détour d’une situation imprévue, d’une invitation, d’une fête, d’un travail, avec un « autre », si lointain par l’Histoire, si proche par l’humanité. Là est la sincérité, là est l’émerveillement, là est le bonheur. Pas dans ces cérémonies préfabriquées, pas dans ces foires commerciales, pas dans ces équipes décérébrées, pas dans ces palabres convenus et obligés, pas dans ces gestes insignifiants, pas dans ces levers de drapeaux opportunistes et dictés.

Les hommes parlent aux hommes dans cette terre, les hommes partagent avec les hommes, quotidiennement, pas les groupes, pas les communautés, pas les clans. Mais les groupes et les clans sont tellement plus faciles à manœuvrer que les hommes. Alors les ahuris et les tordus s’acharnent à les enfermer dans des clans, dans des partis, dans des cultures, dans des coutumes, dans des histoires, dans des identités.

L’homme a toujours été plus dur à gérer que les masses par les manipulateurs et les despotes.

Foin des discours victimaires des descendants de déportés et de colonisés, foin des postures collectives d’assiégés des uns et des autres, des uns par les autres ! Les filles et les garçons se mêlent et se sont toujours mêlés sur cette terre. Des hommes arrivent, des hommes partent, et sont toujours arrivés et sont toujours partis. Le pays inspire et respire comme tous les pays et mourra s’il cesse de le faire.

Ce qui est désolant dans cette « Terre-de-Paroles-Terre-de-Partage » c’est qu’entre ses deux cent cinquante mille habitants il y a vraiment du partage entre les individus et de la parole entre les personnes mais que les despotes et les manipulateurs, les partis et les partisans, les meneurs de bandes et les bandes de meneurs veulent l’encadrer, le conditionner, le formater, l’assécher, le scléroser et le capturer pour un cloisonnement des gens et pour davantage d’aisance à les manipuler ainsi communautarisés.

Qui a pratiqué cet odieux électoralisme communautaire depuis des décennies ? Tous ! Tous les partis. Tous sans exception, au mépris des valeurs les plus élémentaires de l’humanisme. Tous ! Y compris ceux qui ont accepté ou imposé cet indigne recensement racial rabaissant notre peuple en cheptel à compter et en bovidés divers à distinguer. Tous les leaders, tous les chefs, pour assurer leur leadership et leur chefferie, manipulant les hommes comme des ingrédients, comme des tubes de peinture, pour faire leur cuisine électorale, pour doser les coloris de leurs listes hypocrites.

Et pourtant les hommes, les individus et les personnes, en cachette de leurs caïds, se parlent et partagent sur cette terre, depuis toujours, et ils pourraient le faire pour longtemps encore, pour plus d’un million d’années, comme a dit Nino, et toujours en été, si seulement…

Aux gens de cette terre, aux femmes et aux hommes de bonne volonté, aux individus et aux personnes, à leurs libres paroles et à leurs libres partages, loin des catéchismes et des faux pasteurs, bonne Calédonie ! Et bonne résistance en hommes libres aux mauvais bergers qui veulent toujours les transformer en troupeaux et en obligés pour mieux les tondre et les consommer.

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MERCREDI 13 SEPTEMBRE 2017
(Independence Days Diary)

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Vivre chaque jour comme si c’était le dernier. Vivre cette année comme si c’était la dernière. Faire ce qu’on a envie. Réaliser ce qu’on rêve. En attendant nos amis politiciens rêvent et réalisent peu. Les politiciens non indépendantistes se chamaillent éternellement selon des cycles comparables aux éternels retours cosmiques des phénomènes et des comètes. On se traite de félon, de monarque, de monseigneur, de dictateur, la classe ! Les sénateurs coutumiers se querellent à leur train de sénateur, comme la tortue.
Le rythme de leurs travaux et la vitesse de la résolution de leurs problèmes spécifiques est comparable à l’aventure de la « Mission Titan » dans laquelle de très patients scientifiques se sont lancés dès 1984 pour envoyer un module sur Titan, satellite de Saturne, la sonde Cassini-Huygens. L’ultime plongeon, la grande finale de la sonde Cassini qui a fourni des milliers de photos et d’observations du système de Saturne, après une élaboration, un voyage et une existence et 33 ans ! va être une désintégration programmée entre les anneaux de Saturne sous l’effet de la vitesse et des forces de frictions, comme un météorite qui entre dans l’atmosphère. Un événement historique qui sera retransmis en direct le 15 septembre 2017 de 11h00 à 14h30 de la Cité des sciences et de l’industrie. Le documentaire  » À LA CONQUÊTE DE TITAN » sera diffusé le Mardi 12 septembre à 20h50 sur France 5.
La vie de la sonde Cassini aura donc été contemporaine du grand voyage indépendantiste calédonien entre 1984 et aujourd’hui. Il faut laisser du temps au temps dans la coutume comme au Congrès. Dans quelle atmosphère finira la longue trajectoire de notre vaisseau caldokanaky ?

Très belle journée de septembre, de l’aube jusqu’à ce soir. Réglage parfait de la température, Zéphir idéal, transparence cristalline de l’air. Sur le route du retour entre mer et mangrove, vers seize dix-sept heures, l’image est incroyablement nette, mise au point impeccable sur les collines de Yahoué et de la Conception, c’est clair, c’est vert, c’est doré, c’est taillé, c’est précis, c’est piqué comme du Nikon.

Île bénie des dieux que la nôtre, dirait-on parfois, davantage en tout cas que Saint Barth et Saint Martin. Grande pitié et grande empathie pour ces victimes des vents fous que nous connaissons aussi quelquefois. Mais malaise en même temps, malaise devant ces gens en rage accusant et accablant de leurs misères un président bouc émissaire qui ne commande pourtant ni les ouragans ni les flots déchainés. Même les journalistes et les politiciens, justement qualifiés de charognards par notre quotidien local, se mêlent à cette exploitation des souffrances et à cette curée vindicative contre le pouvoir en place. Comme les perdants des dernières élections, la CGT, Mélenchon, Le Pen, Vauqiez se réjouiraient comme des charognards d’une tourmente économique, politique et sociale qui balaierait les efforts de redressement de la France entrepris par le gouvernement actuel. Malaise aussi devant ces hordes de voleurs et d’agresseurs exploitant et amplifiant le malheur des sinistrés. Que se passe-t-il donc d’ordinaire dans ces îles-là, pourtant prospères et privillégiées, pour qu’un tel désastre engendre cette immoralité, cette haine, ce cynisme et ces pillages sauvages et non les gestes de solidarité et les actes d’entraide que nous connaissons habituellement en Nouvelle-Calédonie après les cyclones ?

« Le président Emmanuel Macron a estimé ce mardi 12 septembre qu’il n’était « pas normal » qu’il y ait « autant d’armes en circulation » sur Saint-Martin, souhaitant « désarmer » l’île antillaise ravagée par l’ouragan Irma. « Il y a un problème endémique dans l’île, qui préexiste à la crise, ce sont les armes », a affirmé le chef de l’Etat lors d’un point presse à Marigot. « Je souhaite qu’au bénéfice de cette crise, on puisse désarmer l’île. Il n’est pas normal que dans une île comme celle-ci, il y ait autant d’armes en circulation », a-t-il ajouté. »
Et les armes qui pullulent en Calédonie, autant que d’habitants, jusqu’à plus d’une dizaine par famille, c’est « pas un problème endémique dans l’île » aussi ???!!!
Peut-être pas puisque, pour notre député reconduit, cet arsenal délirant c’est juste notre culture, autrement dit notre identité , il paraît, comme il a osé l’affirmé à l’Assemblée pour empêcher que la limitation des armes ne s’applique en Nouvelle-Calédonie.

Donc, selon notre chambre d’agriculture, 95% des produits agricoles calédoniens sont à peu près clean au niveau des pesticides et des engrais. Alors y’a 5% des carottes, tomates, salades, oranges etc… qui sont poison si je comprends bien.
Et bien maintenant quand je vais acheter un kg de fruits et légumes locaux au marché de Ducos (un seul kg parce ce que davantage on peut pas, tellement c’est cher), je vais demander à la marchande qu’elle m’en retire 5%, soit 50 gr. Avec un peu de chance ce sera la partie empoisonnée, non ?

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JEUDI 14 SEPTEMBRE 2017
(Independence Days Diary)

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Qu’on occupe les gamins à courir après une balle ou un ballon, à faire la course, à sauter en l’air, admettons. Que ça continue à l’adolescence et à l’âge où on devient intelligent, c’est déjà un peu limite. Qu’on demeure demeuré même une fois adulte là c’est désolant et même inquiétant, surtout quand cette stagnation infantile est entretenue par des milliards d’argent public.
Les JO Paris 2024 ne m’auront pas tiré la moindre larme de bonheur attendri. C’est dommage en cette période de grande sécheresse.

Le FLNKS fait la tournée des popotes avec ses élus, son programme, son drapeau, son nom de pays et sa propagande pour voter clairement et exclusivement pour l’indépendance à un référendum sans concessions.
Et les autres, ils font quoi les autres ? Euh… ils se traitent mutuellement de félons et de dictateurs

La plateforme à travers les discours de Frogier et Gomes, de leurs porte-paroles et de leur organe médiatique Calédosphère exprime une grande mansuétude et un grand intérêt pour les « solutions Urvoas » d’état associé et d’état fédéré. Et bien voilà, voilà ce qui se discute et ce qui se prépare dans les loges de nos frères politiques.

La plateforme, ou groupe des quatre, a quand même un peu piqué l’idée et l’initiative d’une permanence d’aide aux électeurs sinistrés qu’avaient lancées Virginie Ruffenach et Sonia Backes à l’époque où elles étaient copines.

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VENDREDI 15 SEPTEMBRE 2017
(Independence Days Diary)

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https://www.youtube.com/watch?v=Z61u0PVrvAY Ce reportage de Tristan Waleckx et Matthieu Renier sur Vincent Bolloré, le beau-frère de notre grand pharmacien local, a été diffusé en 2016 dans l’émission « Complément d’enquête » sur France 2, et a été récompensé par le prix Albert-Londres dans la catégorie télévision, mardi 4 juillet 2017.
Inutile de dire la haine déclenchée alors contre France 2 chez Vincent, celui que le milieu a surnommé le « petit prince du cash flow ».
Cette rage contre France 2 a resurgi hier dans la bouche de Hanouna qui a insulté pendant 10 minutes France Télévisions et sa directrice Delphine Ernotte à TPMP, sur D8, du groupe Canal, propriété de Bolloré…
Il n’y a que la télé publique qui puisse commander et diffuser de telles révélations, puisque pratiquement tous les autres médias de France sont aux mains de Bouygues et Bolloré.
Un reportage à écouter ou réécouter en entier. Pathétique de voir la servilité et la complicité de gens de qualité comme Philippe Labro et de vieux ex rebelles comme les gens de Canal Plus.
On achète tout !…
Bien sûr la trajectoire et la sulfureuse saga de Vincent Bolloré c’est la Bretagne, la France et l’Afrique, l’Afrique surtout, et c’est loin, mais ce n’est peut-être pas si loin des pratiques économiques et financière de la Nouvelle-Calédonie. Exploitation, corruption, pression, concentration, despotisme, cynisme, mélange de la politique, de la police, de la justice et du business, récupération de magistrats et de hauts fonctionnaires… Comme un écho…
En 2004, la main basse par les trois bêtes politico-affairistes Leroux-Martin-Martin sur une Calédonie jusqu’ici tenue par un autre rapace politico-affairiste n’est pas sans rappeler l’intelligence intrépide et sans scrupules de Bolloré.
Ce n’est pas vraiment Kanaky qui m’inquiète, c’est plutôt la perspective d’une Calédonie indépendante à l’africaine dans les crocs féroces de trois ou quatre Bolloré…

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SAMEDI 16 SEPTEMBRE 2017 

(Independence Days Diary)

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LA TECTONIQUE POLITIQUE DE LA DROITE CALÉDONIENNE

C’est en septembre… qu’on s’insulte entre politiciens en Calédonie. Non, pas seulement en septembre en fait, et pas seulement en 2017. Mais cette saison d’injures est assez corsée cette année il faut dire : félons, dictateur, petite crapule…

Les observateurs assistent depuis longtemps à ces pugilats, à ces quasi guerres partisanes, sans trop chercher à les analyser et à les comprendre. Essayons !

Ce qui surprend au premier examen objectif du phénomène c’est que tous les hommes et toutes les femmes politiques de la droite calédonienne ne sont pas plus gentils ni plus méchants les uns que les autres, pas plus pourris, voleurs, menteurs et cyniques, les uns que les autres. Ils sont souvent même aussi sympas les uns que les autres, malgré tout. Tous pareils en fait, clonés, frères et sœurs, génétiquement compatibles, interchangeables. Ils baignent tous dans la même soupe politique depuis des décennies, même addiction au pouvoir, à la gloriole et aux avantages, même absence de convictions, de lucidité et d’anticipation, même clientélisme et même démagogie, mêmes lobbies, même mélange des genres entre politique, administration et affaires, même libertés prises avec la morale politique, la déontologie et la probité, même tourisme politique continuel et même perpétuel adultère électoral de parti en parti.

Un spectacle globalement désolant et révulsant, sauf pour ceux qui sont les obligés et les protégés de ces politiciens, ces débiteurs et redevables constituant le gros des partis, mais qui ne doit pourtant pas nous interdire l’analyse.

Depuis la nuit des temps politiques calédoniens, la droite du pays s’y divise et s’y subdivise, depuis les années soixante au moins, qui virent la première faille tectonique entre l’UC, de centre droit à l’époque, et un grand marécage droitier appelé Union Démocratique. Entre parenthèses, il est amusant de se rappeler que le Rassemblement Calédonien de Henri Lafleur, l’essentiel de l’UD, représentant les milieux d’affaires, les propriétaires indépendants de mines et les gros éleveurs de brousse, ancêtre du RPC et du RUMP, s’était baptisé « Rascal » ! Ça ne s’invente pas…

Après, de 1962 à aujourd’hui, septembre 2017, le listing des cassures, unions, subductions, séismes, volcans de la droite locale ferait mal à la tête même à une poupée de celluloïd, RPCR, FNSC, UNCT, AE, CE, MRC, MPC, UCF… sonnant comme autant de noms de batailles gagnées ou perdues sur les champs de batailles politiques réactionnaires du Caillou.
Mais ces migraines sont inutiles. Trois questions méritent essentiellement d’être posées : Quelle est l’utilité de cette activité, de ces dynamismes et de ces mouvements de la lithosphère politique calédonienne ? Quelle sont les grandes plaques sous-jacentes qui supportent et animent la surface politique visible du pays ? De quoi est constitué le manteau interne dont l’énergie pousse et agit sur ces plaques tectoniques ?

L’énergie interne qui mobilise le tout, c’st simple, c’est évidement l’argent, très alléchant et très abondemment présent depuis longtemps en Nouvelle-Calédonie, le nickel et l’État en étant les principales mines. Ça c’est facile à voir.

Plus délicat est l’identification des grandes plaques socio-économiques qui « supportent » les partis droitiers. Au jour d’aujourd’hui, comme on dit à la radio, la surface politique de la droite locale présente encore deux partis en friction, comme d’habitude : la plateforme et les Républicains Calédoniens. Comme d’habitude, quasiment aucune différence entre eux. Comme d’habitude, ils ont fréquenté et fréquentent tous la même maison de rendez-vous de la droite. Comme d’habitude, ils y font tous la même chose. Mais comme d’habitude, ils y font leur affaire et leurs affaires chacun d’un côté et de l’autre d’une faille qui coupe leur hôtel en deux. Une faille facile à sauter si on veut aller faire des choses avec les autres, comme d’habitude. Une faille qui s’écarte entre deux plaques profondes et invisibles que des histoires de plaques, de bâtons, de flouze, de money, d’argent séparent, comme d’habitude.

Quelques carottes et prélèvements dans la plaque des Républicains Calédoniens nous révèlent un sous-sol aurifère riche, une origine coloniale très ancienne et une texture d’extrême droite dense et dure. Donc, sans métaphore, du très lourd avec Lafleur, Leroux et le MEDEF et du très pionnier certifié, garanti, tamponné avec Blaise et Martin.

La plaque de la plateforme montre beaucoup plus de souplesse et d’adaptabilité, plus neuve, plus élastique, truffée de pépites plus petites mais plus nombreuses. Le monde des petites et moyennes entreprises, avec leurs satellites associatifs et leurs lunes syndicales, monnayant leur soutien contre quotas et protections, CPME, FINC et classes moyennes.
Deux plaques continentales en mouvement et en rivalité depuis plus de soixante ans donc, l’actualité nous le démontre encore. La guerre de cent ans de l’or dur contre l’or mou, dont la guéguerre actuelle Backes-Gomes n’est que que le dernier avatar.

Quel est alors l’utilité d’un tel sempiternel affrontement apparemment absurde quand une union sacrée pour le profit semblerait plus logique ? C’est l’énergie interne générée pour la classe politique par cette polarité , comme c’est le cas en physique pour toute polarisation dans un système, et c’est la motivation électrique du peuple ainsi magnétisé, aimanté et mis au service des politiciens et de leurs bases économiques. Sans cette légende politique, sans le récit mythique des « bons » et des « méchants » politiciens, des « félons » et des « dictateurs », les gens n’iraient plus dans les meetings et ne voteraient même plus. Qui sait, ils se révolteraient même peut-être ?…

Tant que cette tectonique et ce jeu de rôles entre clones politiques et économiques se passe dans le cadre de la République, pourtant désormais bien lâche, les chocs et les cassures sont limités, les dominations et les subductions alternent et sont temporaires. Si la France s’efface et qu’un Bolloré local s’approprie l’indépendance et le pouvoir comme Bolloré l’a fait très brillamment en Afrique, ce jeu sera alors beaucoup moins drôle…

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LUNDI 18 SEPTEMBRE 2017
(Independence Days Diary)

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Avec nos prestidigitateurs locaux et nos magiciennes territoriales, le festival international de magie de Guy Raguin peut aller se rhabiller !

Cueillir quelques fleurs du pied de pamplemousse et les mettre dans la maison c’est céleste. Ceux qui ne sont pas en odeur de sainteté auprès de l’opinion ou de la justice devraient s’en mettre chaque jour à l’oreille.

C’est l’ouverture officielle de la deux mille dix septième édition de l’été.

À propos de justice, poser une question du genre « Les élus utilisent-ils leur mandat pour s’enrichir ? » c’est comme poser une question du genre « Trouve-t-on de la viande dans une boucherie ? ».

Étrange reportage que celui de NC1ère hier soir sur le « référendum Pons » du 13 septembre 1987. Copieuse propagande contre le référendum, contre l’expression populaire et contre la démocratie. Alors que ce médias ne fait jamais d’analyse ni d’Histoire, on a eu droit là à une copieuse propagande avec force archives émouvantes contre le référendum, tous les référendums amenant la guerre bien sûr, selon l’évangile du Mont-Coffyn. C’est Frogier qui a dû être content ! « Allo RFO ? Trop bien ! Vous m’en remettrez une couche comme ça tous les dimanches ! Essayez aussi de caser « troisième solution » et « états généraux » dedans la prochaine fois. Merci. »

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MARDI 19 SEPTEMBRE 2017
(Independence Days Diary)
Petite contribution au puissant concept identitaire et au magnifique projet culturel de Edouard Leoni !

https://www.facebook.com/dailydiarist/videos/1507775952644548/

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JEUDI 21 SEPTEMBRE 2017
(Independence Days Diary)

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 » Ouvrez ouvrez la cage aux oiseaux / Regardez-les s’envoler c’est beau / Les enfants si vous voyez / Des p’tits oiseaux prisonniers / Ouvrez-leur la porte vers la liberté  »
Envie d’écouter Pierre Perret des fois, souvent… Quand je vois des gens dans les avions d’Aircalin, dans un stade de foot, dans des télés réalité, dans une élection de miss dinde, dans un meeting politique…Mais après tout, les p’tits oiseaux, ils sont peut-être heureux comme ça, en arnaqués, en hooligans, en crétins, en dindes, en Cage Ensemble…

Les boites qui viennent à Nouméa pour vendre de l’immobilier en Thaïlande ou en Nouvelle-Zélande, après « l’escroc à un milliard », et pendant notre économie et notre immobilier au point mort, ça prouve deux choses : que les pigeons pigeonnés adorent se faire encore pigeonner, que le pigeon préfère soutenir l’étranger que de construire son propre pays.

#LePigeonEstUneSaleBête

Si j’étais complètement cron j’écrirais aussi des trucs contre Macon, comme les crons de « Les Français contre Macon » sur FB.

Je ne comprends pas pourquoi les électeurs calédoniens de Marine Le Pen n’adhèrent pas aussi à 100% au FLNKS : c’est le même repli nombriliste et c’est surtout la même nullité crasse en économie.

Les mutins de la Bounty municipale de Bourail, qui veulent mettre une nouvelle califette à la place de la califette, devraient être moins dur avec Brigitte El Arbi. Parmi tous les projets-phares annoncés, elle en a au moins réalisé deux : l’élagage et le débroussaillage ! Sans oublier la montée du drapeau Kanaky sur la mairie…

Le Foire de Koumac s’entête encore à faire une élection de « missettes » pour amuser les grands et grandes imbéciles et pour flatter la stupide vanité de certaines « mères ». Alors que ces concours de mini-miss sont strictement interdit en métropole ! Organiser un concours de beauté pour des enfants de moins de 13 ans est désormais condamnable en France. L’Assemblée nationale et le Sénat ont voté en 2014 l’interdiction des concours de «mini-miss» aux moins de 13 ans. L’article 17 ter, qui prévoit aussi une obligation d’autorisation préalable pour des concours de beauté avec des enfants de 13 à 16 ans, stipule que les contrevenants s’exposeront à une amende de 1 500 euros et, en cas de récidive, de 3 000 euros.
Que les grandes dindes se présentent et s’exhibent sur scène comme des charolaises ou des brahmanes c’est leur affaire, elles sont majeures et sont censées avoir un cerveau et être responsables. Mais pas les petites filles !!!
À Koumac la limite entre bétail et humanité est un peu floue pour certains je trouve…

Sarko pensait à devenir président chaque matin en se rasant et en se mirant dans la glace. Les hommes consacrent souvent ce moment dépilatoire à l’introspection en se regardant dans les yeux dans le miroir, en se parlant, en se félicitant, en se critiquant, en se projetant. Pour les femmes c’est plus difficile et plus compliqué…

En septembre 2017, les vieux dinosaures, tyrannosaures et autres vélociraptors manifestent dans les rues contre le jeune Macron. Même les vieux routiers du pouvoir de nuisance veulent bloquer la France avec leurs trente tonnes d’inertie féodale. Décidément l’opposition à Macron c’est Jurassik Park !

Le patron calédonien de la Fédération des Fonctionnaires défend les vigiles qui refusent leur formation et leur agrément. À la Fédé on défend déjà le prochain recrutement lokal des policiers, gendarmes et militaires sur piston, cousinage ou bonne mine ?

Frogier, Santa et leurs amis de la plateforme doivent admirer et envier Mariano Rajoy et le gouvernement central de Madrid qui mettent en taule tous les Catalans qui parlent d’un référendum en Catalogne. Un référendum ?! No mais et puis quoi encore ???!!!

#En2018JeCrotte

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VENDREDI 22 SEPTEMBRE 2017
(Independence Days Diary)

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Ça ne doit pas être la journée de la justice aujourd’hui, apparemment, peut-être celle du grand pardon plutôt.
Affaire « carte jeunes » : le tribunal annule la procédure ce matin. Après avoir délibéré, le tribunal correctionnel vient de prononcer la nullité de la procédure.

C’est un bonheur de voir désormais la justice, la politique, le business et les finances publiques s’entendre aussi bien et fonctionner dans une si touchante harmonie en Nouvelle-Calédonie.
Enfin… « désormais » c’est une façon de parler.
Avant on s’envoyait des piques, des pépiques, des tuyaux sales, du gros tracfin et des spots de lumière violente à la tête. On se coulait à tour de rôle, c’était l’alternance.
Maintenant c’est une grande plateforme d’entente perpétuelle qui vogue vers l’amour, la paix, la solidarité.

Non, ce n’est pas le radeau / De la Méduse, ce bateau, / Qu’on se le dis’ au fond des ports, / Dis’ au fond des ports, / Il navigue en pèr’ peinard / Sur la grand-mare des canards, / Et s’appelle les Copains d’abord / Les Copains d’abord.

Et dire que Fillon s’est fait lyncher pour deux costards et une Pénélope un peu paresseuse !
Et dire que des esprits chagrins nous promettent l’enfer pour demain avec une Kanaky-République bananière sans foi ni loi !
Demain ?!

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PARTIR UN SOIR DE NOËL
ou LA GRANDE NATION DES OCÉANIENS DE FRANCE
(Caledonia Stories)

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Les océaniens français de France, ils sont des centaines, des milliers, wallisiens, mélanésiens, tahitiens, ils sont militaires, employés, retraités, artisans, fonctionnaires, ils sont en Bretagne, à Paris, dans le Sud, dans les Alpes, depuis dix ans, vingt ans, quarante ans, cinquante ans, ils s’y sont mariés et y ont bâti leur maison et fait leurs enfants, qui ont toutes les couleurs et tous les accents de la grande nation française, qui les a accueillis et les accueille, les aide et les protège comme elle accueille, aide et protège tous ses enfants, d’Océanie ou de Bretagne, sans distinctions, sans restrictions.

Chez les océaniens français de France, quand l’un d’eux s’en va, un soir de Noël quelquefois, un militaire autrefois, à l’heure où l’on attend plutôt l’arrivée d’un enfant dans une crèche et de cadeaux sous un sapin, après toute une vie d’océanien français de France, c’est par la grande nation française qu’il est entouré, sous les drapeaux de ses anciens frères d’armes, avec les prières chrétiennes universelles, dans les chants polynésiens enflammant une fraîche église de granit, parmi des amis bretons émus et emplis aussi de ferveur océanienne et c’est en terre de France, de Bretagne ou d’Aquitaine qu’il descend et choisit de reposer, loin de son île natale mais pour toujours au cœur d’une patrie qu’il sentait et savait sienne, sous toutes les latitudes, et au sein d’une nation qu’il reconnaissait comme sa maison, aussi étendues soient ses fondations et ses racines.

La grande nation des océaniens français de France et de tous les Français, de métropole et du monde entier, elle est une et indivisible et il n’y existe pas plus de petites nations qu’il ne doit exister de divisions au sein d’une famille, de distinctions entre les enfants d’une fratrie, de fractions ou de factions dans une armée. La grande nation des océaniens de France c’est la grande nation de tous les Français, simplement, le destin commun, vraiment, s’exprimant fort par une messe océanienne à Locminé un dimanche, dans la foule d’un enterrement à Saint Avé un matin, c’est la vraie devise partagée, la liberté de partir, revenir, étudier, travailler, s’exprimer partout dans la patrie, l’égalité de tous les Français, de toutes couleurs, d’Océanie et d’ailleurs, devant tous les droits et tous les devoirs de tous les Français, la fraternité entre tous les frères de notre grande nation, qu’ils arrivent, partent ou reviennent, qu’ils naissent, grandissent, vieillissent ou meurent.

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LUNDI 25 SEPTEMBRE 2017
(Independence Days Diary)

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MERCI PILOTE MERCI PILOTE MERCI !
…sur l’air de « merci chauffeur »

On avait déjà la chance folle en Nouvelle-Calédonie d’avoir la compagnie aérienne à la fois la plus chère et la plus indigente de la Terre.
En prime on a aussi le bonheur d’avoir avec nos pilotes et nos contrôleurs la crème et les privilégiés de l’aviation les plus égoïstes du monde.
Les aiguilleurs et les commandants de AirCanin nous traitent comme des chiens aussi, laissant régulièrement les voyageurs calédoniens en rade, alors qu’ils sont très loin eux de l’indigence, du surbooking et du surmenage.
Les sommets du surréalisme et du grotesque sont atteints quand on apprend que notre « chère » compagnie inscrit exprès un pilote syndiqué, à coup sûr gréviste, sur le planning de vol pour coincer et mécontenter les voyageurs et s’en servir comme arme contre les pilotes, et quand on découvre que nos « chers » pilotes reprochent à leur compagnie de trop embaucher d’administratifs et de trop les payer ! Bonjour l’ambiance…

LA LOINTAINE LUMIÈRE SÉNATORIALE DES ASTRES MORTS DE LA GAUCHE ET DE LA DROITE

Le sénat de ce dimanche 24 septembre c’est comme le ciel. Quand on le regarde on regarde le passé et la lumière d’étoiles déjà mortes.
Quand on observe ce sénat on observe les élections municipales et les grands électeurs d’il y a trois années-lumière, en 2014, quand LREM n’était pas encore née, quand le PS et l’UMP existaient encore.
Ces sénateurs sont la lumière de ces événements lointains et des astres désormais morts de la gauche et de la droite. qui parvient tardivement jusqu’à nous du fond de l’Univers, du fond d’un passé politique obscur et révolu.

Et cette observation astronomique est encore plus cruellement vraie en Nouvelle-Calédonie avec les sénateurs locaux de ce week-end dont le rayonnement provient de galaxies disparues et d’un néant politique distant de plusieurs dizaines d’années-lumière.

CONCOURS DE CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ

Hier soir sur RFO les historiens auto-proclamés Luc Steinmetz et Paul Fizin devisaient aimablement sur le 24 septembre en compagnie de Gwen Quéméner et échangeait courtoisement à propos de la Calédonie, de la colonisation, de la décolonisation, de l’Océanie, de la France et des autres.

Le très conservateur rumpies-compatible Steinmetz se lance alors dans un éloge dithyrambique de la colonisation à la française, tellement meilleure et plus belle que les colonisations à la sauce allemande, anglo-saxonne etc…
Jusqu’à ce que le très progressiste consultant culturel et néanmoins malin Fizin lui renvoie dans les gencives qu’en terme de barbarie et de crimes contre l’humanité il ne voyait pas trop l’utilité de faire des comparaisons et des concours et de distribuer des bons points.
Très bien joué Paulo !

Assez ébranlé par ce direct du gauche, le Steinmetz titube et bafouille un instant puis se lance dans une vaseuse dénonciation très faux-Luc de la phrase de Macron sur les colons, ces pieux dispensateurs d’ombres et de lumières… qui ont surtout refoulé les indigènes dans la nuit des fonds de vallées inhabitables !

LES INDIGNÉS D’OFFICE À MI-TEMPS

Dans une Calédonie où tous les habitants ont les mêmes droits et les mêmes devoirs, où le statut civil coutumier peut être librement conservé où quitté sans que cela ne crée la moindre différence en terme de droits et de devoirs civiques par rapport aux habitants de statut civil de droit commun, où la culture, l’Histoire, souvent douloureuse, et la religion sont communes et partagées, toute distinction et toute inégalité de droits entre les uns et les autres ne peuvent s’appuyer que sur des distinctions ethniques, ne peuvent qu’être raciales et racistes et sont donc grotesques et odieuses.

En Algérie par contre, jusqu’à l’indépendance, sous la pression de la caste pied-noir et du lobby algérois, le système colonial et l’apartheid civique furent rageusement conservés. L’inégalité entre européens d’Algérie et Algériens était institutionnalisée en matière d’impôts, de justice pénale, de service militaire, d’accès à la fonction publique, de rémunération dans la fonction publique, en matière d’accès à l’enseignement. Il y avait les « Français musulmans », citoyens de statut local, par opposition aux « Français non-musulmans », citoyens de statut civil.
Le statut de 1947, celui dont on pouvait espérer qu’il ouvrait la voie à une Algérie nouvelle, établissait l’inégalité en matière de droits civiques, puisqu’il instituait deux collèges électoraux, le premier collège( 900 000 européens ) élisait 60 représentants à l’Assemblée algérienne, le second collège ( 9 millions d’indigènes) élisait également 60 représentants à cette même assemblée. La voix d’un électeur du premier collège valait huit voix d’électeurs du deuxième collège. Le lobby colonial et la caste des grands propriétaires terriens, des notables et des détenteurs de grandes fortunes, maîtres des collectivités et des institutions, se sont toujours opposés à toute évolution de cet apartheid jusqu’à la panique finale de la guerre civile.

Rien de tout ça en Nouvelle-Calédonie. Dans une collectivité d’Outre-Mer qui n’est plus depuis longtemps coloniale et où les libertés sont égales, parler de « décolonisation » et traiter les citoyens de façon inégale est un délire, une ruse permanente, une stratégie perverse , un mensonge grossier, un bluff énorme. Un apartheid scandaleux comme tous les apartheids, que ce soit entre Français natifs de Calédonie ou entre Français natifs et Français non natifs de Calédonie, tous aussi français et égaux les uns que les autres.

Les Républicains Calédoniens, eux, sont scandalisés une fois sur deux par l’apartheid. Aujourd’hui ils hurlent comme souvent à l’iniquité et à la forfaiture à propos du récent avis du Conseil d’État sur le corps électoral calédonien, avec traitement différencié des natifs pour l’inscription sur les listes, avec le pathos qu’on leur connait, c’est leur fonds de commerce. Mais hier, en 2015, ces tragédiens professionnels n’ont pas vu, ou voulu voir, qu’il était déjà tout aussi scélérat de larguer les non natifs au profit des natifs, contraints d’apporter des brouettes surréalistes de papiers justificatifs après 30 ans, 40 ans de présence dans le territoire, avec maison, études, boulot, impôts…
On les a moins entendus ce jour-là, les Calédoniens « Républicains » sur ce double apartheid pour ces anciens métros, exclus par les statut coutumier, exclus pas les natifs calédo-calédoniens, vendus par milliers pour que les natifs sauvent leur inscription d’office.
Indignation sélective, à géométrie variable…

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MARDI 26 SEPTEMBRE 2017
(Independence days Diary)

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UNE CERTAINE IDÉE DE LA SÉCURITÉ…

Les arguments des syndicats pour défendre l’accès à n’importe qui n’importe comment au boulot de vigile, ou agent de sécurité, laissent rêveur.

D’abord l’examen est très dur, trop « fait pour la métropole ». Ça ne doit pas être une agrégation de mathématiques quand même ! Si une personne n’a pas assez de jugeote pour un truc qui doit être du niveau du code de la route c’est inquiétant pour la réflexion dont il doit faire preuve en cas de crise dans son travail. Et pour le code de la route !

Ensuite la formation de 20 jours et 100 000 balles est trop chère. À ce compte-là personne ne ferait d’étude en Calédonie et les parents n’enverraient même pas leurs enfants à l’école.

Enfin et plus grave, le casier judiciaire vierge obligatoire est outrancier. Et la Fédération Syndicale des Travailleurs Calédoniens Exploités d’ajouter : « Refuser la carte à quelqu’un parce qu’il a giflé sa femme il y a 6 ans, ce n’est pas normal. »
Même pas peur la FSTCE !!! Il y a des travailleuses calédoniennes exploitées (et giflées) chez eux ?!
Donc pour nos braves syndicats un cogneur de femmes fera très bien l’affaire pour faire régner l’ordre et la paix avec ses 150 kg de muscles et sa force de frappe sous différentes formes…

UNE CERTAINE IDÉE DE LA COLÈRE

Formidable aussi cette avocate qui demande la relaxe pure et simple pour ces 20 caillasseurs et tabasseurs de gendarmes sans remords ni excuses à Yaté parce que 4 ans entre aujourd’hui et les faits c’est trop vieux ! Bonne nouvelle pour les voleurs, violeurs et tueurs ayant fauté il y a 5 ans…

Formidable aussi cette usine qui ne porte même pas plainte pour ses trois milliards de dégâts causés par les 20 énervés précédents. Ça fait combien de millions par casseurs d’engins ça ? En voilà un bon problème à poser dans les écoles aux petits incendiaires, en leur disant bien sûr que leurs dégradations à eux les gamins c’est rien et qu’ils ont encore une marge de progression par rapport à Yaté.

UNE CERTAINE IDÉE DU PATRONAT

Le MEDEF il était fin colère aussi à la télé ce soir, parce qu’il n’y a pas de gouvernement et que toutes les commandes sont bloquées, Sonia pourquoi tu tousses ? Parce que le vrai patronat c’est eux et pas les autres de la CPME à qui le gouvernement passe tout et donne tout, Chérifa pourquoi tu tousses ? Parce qu’on les prend pour des cons dans des réunions et ils iront plus. Parce qu’on a embauché un type ou un truc à 3 ou 4 millions avec notre argent public alors qu’on pouvait avoir la même chose pour 1 ou 2 millions, mais là j’ai pas tout compris et c’est moi qui tousse.

UNE CERTAINE IDÉE DU CORPS ÉLECTORAL

Ce cher Gérard Régnier avait l’air satisfait de la manip de CE et du Conseil constitutionnel sur l’inscription automatique des natifs. Quand un Régnier est content d’un truc dans ce genre je me dis qu’il doit tisser sa toile là Régnier, et qu’on va sûrement se prendre dedans, et qu’avec ça l’UC est appelée à régner !

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MERCREDI 27 SEPTEMBRE 2017
(independence Days Diary)

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DES MILLIONS ET DES MILLIONS POUR TROIS MINUTES À L’ONU…

Mardi prochain, nos très « chers » Wamytan et Yanno vont aller à New-York et vont se faire payer avions en première, hôtels, bouffe, indemnités et plus si affinités pour parler à l’ONU pendant… TROIS MINUTES !!!

En dehors du fait d’aller se déshonorer et de déshonorer la France et la Calédonie, libres et démocratiques, en s’abaissant à rendre des comptes à un « Machin » incapable de faire respecter les droits de l’homme et de la femme dans les trois quarts des pays du monde, dont la Corée du Nord, la Turquie, la Chine etc…

En dehors du fait d’aller se déshonorer et de déshonorer la France et la Calédonie en se faisant juger par les 24 pays d’un comité de décolonisation qui réunit les plus pourris, corrompus et despotiques états de la planète, dont la Chine, le Congo, la Côte d’Ivoire, Cuba, l’Éthiopie, la Russie, Fidji, l’Iraq, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Syrie, l’Iran, le Venezuela etc…

En dehors de tout ça, une question grave se pose sur le quotient que l’on va obtenir en divisant l’ensemble des frais engendrés par la petite escapade de Rocky et Gaël et de leurs copains accompagnateurs à Big Apple, quelques millions au bas mot, par les 3 minutes de leur intervention. Dix millions de CFP, par exemple, divisés par 180 secondes, ça va quand même faire cher la seconde de blabla à la con !

Maintenant, trois minutes de speed dating pour que Rock et Gaël se persuadent qu’ils sont faits pour s’aimer, ça n’a pas de prix !

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VENDREDI 29 SEPTEMBRE 2016
(Independence Days Diary)

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UNE ÉMISSION MORTELLE, DU BLABLA QUI TUE

Y’a pas que la route qui tue en Nouvelle-Calédonie, les éternelles émissions sur la mortalité routière sont encore plus assassines.
Franchement Alexandre Rosada, vous pourriez nous dire le numéro de votre débat d’hier soir ? Le dixième ? Le centième ? Le millième ? Et vous pourriez nous dire l’utilité et les bénéfices de telles émissions ? Zéro ? Zéro plus ? Zéro moins ?

Je pense qu’on est dans les valeurs négatives avec de tels marronniers des médias. Ils ne servent qu’à permettre aux responsables de faire semblant et donc à justifier leur inaction.
Un général abonné aux généralités et apparemment terrifié à l’idée de dire une maladresse qui vexerait les Calédoniens, une ministre qui n’était là que pour dire qu’elle existait, qu’elle s’occupait de tout et qu’il fallait que les gens prennent conscience, un coutumier dont on n’a rien compris sauf que le mépris des règles était de coutume dans son monde mais que ce n’était pas son affaire, une femme témoin qu’on a pris au hasard dans l’annuaire de Boulouparis et qui va mettre des vidéos de méchants sur FaceBook, un FaceBook où Rosada avait promis qu’il irait chercher des questions dérangeantes… bof, bof : flop !

Par contre une experte a brillé par son absence, à moins que Rosada ait perdu son numéro, à moins qu’elle soit déjà portée disparue dans son institution. Oui, en dehors de Monsieur de La Pérouse, a-t-on des nouvelles de Madame de la sécurité routière bombardée l’an dernier en tant que telle au gouv, la chargée de mission des accidents au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, présentée à grand renfort de publicité et d’interventions dans des médias complaisants. Un nom de dessin animé, Heidi, ou Candy, ou Juliette, ou Boucle d’or, ou quelque chose comme ça.
Un petit retour sur son activité eut été le bienvenu Alexandre Rosada. Doit-on envoyer Fortunes de Mer à sa recherche ?
Bah, à sa place, on avait notre ministre, notre petite fille de dessin animé aussi, notre petite sirène, la ministre du cimetière routier qui pianotait dans l’air avec ses mignons petits doigts, qui minaudait avec sa petite voix mignonne, qui souriait en plissant ses petits yeux mignons, sauf quand ils redevenaient globuleux et furax sous le coup d’une question dérangeante de Rosada !

Seul le gars de la prévention routière tenait la route.

Limitation générale à 90km/h partout, 30 et 50 dès qu’il y a risque, radars et caméras partout, amendes lourdes à la hauteur de la métropole, destruction des permis et des véhicules des délinquants routiers (véhicules empruntés ou non), déjà ça…

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SAMEDI 30 SEPTEMBRE 2017
(Independence Days Diary)

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MISS YOU…

Ça (la photo), en France, pour les mini miss de moins de 13 ans dans tous les cas, et sans autorisation préalable pour les 13 à 16 ans, c’est 1500 € d’amende et 3000 € en cas de récidive. Mais bon… est-on encore en France ?
France du respect de la dignité des enfants maltraités dans les stupides concours de foires, France du respect des animaux maltraités dans les foires à cow-boys, France du respect du bon goût contre le mauvais goût américain stupidement copiés dans nos foires à rodéos, fer rouge et missettes, we miss you !

VACHES SACRÉES MÉDIATIQUES ET CULTURELLES

Quand les gens, en privé, font assaut de mauvais goût dans leur maison et sur leur personne, avec leurs sous, pensent de travers et disent n’importe quoi, avec leur entourage, c’est leur affaire, ils ont tout à fait le droit d’être nul, moche et faux.
Quand les médias, les publicitaires, les politiciens, les institutions, les associations nous publient, à nous tous, du nul, du moche et du faux, souvent avec de l’argent public, et même nous bombardent avec dans les émissions, les journaux, les foires, les festivals etc… c’est notre affaire, si on n’est pas des moutons, de dénoncer ces vagues envahissantes de nullité, de mocheté et de fausseté.

LES FANTÔMES DE LA RÉPUBLIQUE

« Elus dès le premier tour de scrutin, Pierre FROGIER et Gérard POADJA porteront ensemble la voix des Calédoniens à la Haute assemblée pendant les six prochaines années »,
nous promet le communiqué du Rassemblement-Les Républicains de Nelle Calédonie…
Si le record d’absentéisme des six dernières années n’est pas égalé ou dépassé. Non ? Sinon le « portage ensemble » de la voix des Calédoniens se fera en pointillés, en pointillés très très très espacés…

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