LE « BON DROIT » DES UNS NE PEUT S’IMPOSER AUX AUTRES

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LE « BON DROIT » DES UNS NE PEUT S’IMPOSER AUX AUTRES
ou
L’ART DU SOPHISME
 
Deux choses à retenir dans le discours de Philippe Gomès lors du Congrès de Calédonie Ensemble :
 
1) Le « bon droit » des uns ne peut s’imposer aux autres.
 
2) On doit, avant le référendum de 2018, impérativement (…) édicter dans une déclaration commune avec les indépendantistes le socle de la communauté de destin des Calédoniens.
 
Deux choses à réfuter et à récuser :
 
1) « Le « bon droit » des uns qui ne peut s’imposer aux autres » rappelle étrangement « la force injuste de la loi » que Mitterrand avait qualifiée ainsi pour mieux éviter de la faire respecter durant les événements.
 
Comme ceux qu’il critique parce qu’ils ramènent dos à dos Macron et Le Pen, Gomès invente et ramène dos à dos un « bon droit » des criminels insurgés d’Ouvéa et le bon droit d’un État de droit sauvant légalement et légitimement ses gendarmes et les droits menacés des Calédoniens. Toute une sophistique, tout l’art du sophiste. Les indépendantistes se sentent dans leur bon droit, les loyalistes aussi, donc ils ont tous tous les droits, donc il n’y plus de droit. À ce compte-là, le caprice d’un enfant se sentant dans son bon droit en décidant de se baigner dans une rivière dangereuse est à mettre sur le même plan que l’autorité légale des parents qui se sentent en droit de l’empêcher, de le forcer et de le sanctionner s’il persiste.
 
Non, il n’y a pas deux « bons droits ». Oui le seul « bon droit » c’est celui qui sort démocratiquement des urnes et qui permet d’éviter les saccages et les carnages que le « bon droit » fantasmatique de Gomès est incapable d’empêcher, à Ponérihouen il y a quelques jours, et auparavant à Yaté, à Houaïlou, à Maré etc… L’impuissance du « bon droit » de la coutume et du sénat coutumier suffit à le discréditer et à le disqualifier en tant que droit et à rejeter cette affirmation sotte que « Le « bon droit » des uns ne peut s’imposer aux autres ».
 
2) Dans cette phrase les impératifs sont multiples : « on doit », « impérativement », « édicter », « destin ». Ce socle semble devoir s’imposer aux Calédoniens beaucoup plus autoritairement que le résultat du référendum lui-même. Il le court-circuite, il installe et programme avec les indépendantistes des valeurs, des institutions, une économie avant tout choix de société et d’avenir fait par le peuple, ce choix n’ayant plus d’impact ni de valeur après le plan fixé entre CE et le FLNKS. Ce socle sera le « bon droit » des uns et des autres, même s’il n’est que celui de deux partis, de deux clans et surtout celui d’un leader avide d’un plébiscite. Le référendum seul, sans ce « bon droit », ne serait que la « force injuste de la loi », concept inventé par Mitterrand et donc repris par Philippe Gomes.
 
Cette manipulation est bien propre à frustrer et à révulser les citoyens et à les jeter vers une extrême droite qui n’avait jamais atteint un tel niveau même au temps de Lafleur, même au temps des événements. Cette manipulation doit être dénoncée et rejetée.