DÉTOURNEMENT DE RÉFÉRENDUM ou UN RÉFÉRENDUM-PLÉBISCITE POUR GOMÈS

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DÉTOURNEMENT DE RÉFÉRENDUM
ou
UN RÉFÉRENDUM-PLÉBISCITE POUR GOMÈS

Voilà ce que le troupeau de Calédonie Ensemble sera invité à approuver le 22 avril : un référendum-plébiscite pour Philippe Gomès.

On ne peut qu’approuver le point 1 et le point 2, comme on approuve évidemment la liberté, la santé, le bonheur : sincérité du vote et affirmation de notre conviction politique.

Par contre ça se gâte au point 3 du prospectus du leader maximo du parti et du pays. À la question OUI / NON à la République posée au pays on substitue un OUI/NON à « une nouvelle étape dans la construction du destin commun », un OUI/NON à un socle et à « une charte des valeurs kanak et océaniennes » (avec 10% de République sans doute…), un OUI/NON à de nouvelles institutions fondées sur ce socle kanak et océanien, un OUI/NON à une nouvelle économie non moins fondée sur ce socle kanak et océanien.

Et ça c’est une forfaiture, un détournement, une manipulation du référendum initial. Gomès enfouit la question simple initiale sous son fatras gomésien, la maquille en OUI ou NON à sa solution gomésienne, l’associe étroitement à son projet gomésien d’une Calédonie à peine moins indépendante que la franche Kanaky des indépendantistes déclarés.

L’aveu et la preuve de cette manipulation et de cette forfaiture est tout entier crûment contenu dans la phrase « Un socle que les Calédoniens auront la garantie de retrouver le lendemain du référendum, quel que soit son résultat ».
Donc le jour d’après, préparé et éclairé par Gomès, c’est l’obligation de se farcir son socle indépendant de la France et son rêve de nation et de valeurs séparées et souveraines QUEL QUE SOIT LE RESULTAT DU RÉFÉRENDUM !
Au pays de Candy Gomès c’est même plus la peine d’aller voter…

Le référendum prévu, voté par les Calédoniens, constitutionnalisé, c’est OUi ou NON à l’indépendance. Le plan de Gomès c’est de s’attribuer le OUI prévisible des Calédoniens à la République en collant dessus, en lui associant, ou imposant un OUI à sa république gomésienne faite de charte kanak, de socle océanien, de valeurs coutumières, de transferts complets et achevés des compétences, d’institutions et d’économie non moins transférées et détachées. Une république gomesienne inévitablement bananière differant peu en fait d’une république Kanaky tout aussi bananière. Et pourquoi pas une constitution kanak et océanienne pendant qu’on y est ?! Ça ne gênerait pas Philippe Gomès puisque son désir unique et réel c’est que les Calédoniens, en approuvant sa solution, en approuvant son étrange OUI kanak et océanien à la France, en approuvant le référendum de ses vœux « ainsi revisité » comme il dit, approuvent sa propre personne et le plébiscitent.

Le référendum « revisité » de Gomès c’est le plébiscite de Gomès. Le référendum « revisité » de Gomès c’est OUI à l’indépendance de Gomès et selon Gomès ou Bien OUI à Kanaky sans Gomès. La première solution arrange Gomès, pas sûr qu’elle soit la pire…

Or, c’est l’heure du référendum, c’est tout, du choix entre la souveraineté ou la République, c’est tout. Ce n’est pas l’heure de toucher aux valeurs, aux principes, aux institutions, à l’économie. De quel droit ?! Avec quelle légitimité ?! Seuls les élus issus des votes et des assemblées qui suivront le ou les référendums, que l’indépendance ou le maintien dans la France soient choisis par les Calédoniens, sont en droit de discuter, d’élaborer, de proposer, de constituer de nouvelles choses pour la Nouvelle-Calédonie et de les soumette à la population, sur la base du verdict des électeurs en faveur ou en défaveur de l’indépendance.

Toute autre démarche est une démarche scélérate.

D’un point de vue politique, stratégique et psychologique la « revisitation » Gomès du référendum 2018 sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie est une démarche occulte, fine et complexe et un cas intéressant et peut-être unique dans les combats électoraux en général et dans les situations de référendum et de plébiscite en particulier.
Puisque la présentation du traitement Calédonie Ensemble de notre référendum utilise abondamment les métaphores « chef de guerre » et « chef de paix » restons dans ce champ lexical.

Gomès c’est en quelque sorte un général mandaté A d’une cause A, parmi d’autres, qui réussit à persuader son camp A que la cause B du camp B est semblable voire meilleure, qu’il faut la défendre et préparer avant même le combat un traité de paix stipulant que le camp B a gagné et remporte les biens convoités quelle que soit l’issue de la bataille. Le combat sans enjeux et sans violence n’est que de pure forme et cette diplomatie gagnante permet au général d’évincer ses pairs et à son mandat temporaire de général de se transformer en souveraineté permanente sur l’ensemble.