LA CHARRUE AVANT LES BŒUFS DE L’INDÉPENDANCE

boeufs

Qu’on réduise le corps électoral concernant les trois référendums sur la souveraineté de la Nouvelle-Calédonie aux Français natifs de Calédonie et aux non-natifs durablement installés, d’accord.

À la limite, qu’on inscrive exceptionnellement, vu l’importance exceptionnelle de ce vote, tous ces natifs et non natifs automatiquement sur les listes électorales générales, spéciales et référendaires, encore d’accord.

Maintenant, qu’on ait exclu, depuis des années, des dizaines de milliers de français résidents, propriétaires, contribuables, de maints emplois, de maints concours et du vote qui désigne aux provinciales les décideurs et gestionnaires d’une région toujours française et toujours composante de la République, ça c’est vraiment inouï, fou et scélérat.

Ces dispositions, uniques dans tout l’ensemble métropolitain et ultramarin, discriminant et excluant des Français « pas assez Calédoniens », signifient tout simplement que la Calédonie n’est déjà plus assez française, plus française et même plus du tout française. On n’a pas attendu le choix de la population et le verdict du référendum, on a fait comme si la région était déjà indépendante. Plus indépendantistes que les indépendantistes, que ce soit pour le drapeau FLN, pour les différents apartheids et pour tout, les prétendus loyalistes ont mis la charrue kanaky avant même les bœufs de l’indépendance.

Gomes et Frogier ont raison ! À quoi bon un référendum si l’indépendance est déjà là ? Et à quoi bon des législatives et des provinciales si aucun candidat n’affirme sa volonté de complète normalisation de la Nouvelle-Calédonie et de total effacement des restrictions délais d’accès au vote et au travail après des référendums hostiles à l’indépendance ?