SE FOUTRE DU MONDE COMME UN MONTREUR DE BALEINES

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RIRE COMME UNE BALEINE
ou
SE FOUTRE DU MONDE COMME UN MONTREUR DE BALEINES

Je ne sais pas si les baleines sont des goinfres mais je sais que les skippers montreurs de baleines le sont autant que les gros patrons voluptueusement dénoncés par Guenant-Jeanson hier soir. Séquence fable. Toute ressemblance etc…

Vous avez payé 12 000 balles pour aller voir les baleines au gars qui rentabilise un peu comme ça son bateau, un peu voire beaucoup, passionnément, à la folie même. Avec votre copain ou copine ça fait 24 000 balles comême et comme y’a 15 pigeons sur le rafiot ça fait dans les 180 000 francs la ballade. Cétacé dit la baleine…

Vous vous pointez donc au quai de la Moselle un beau matin dès l’aube à l’heure où blanchit la campagne. Manque de pot le Tabarly du lagon a oublié de vous faire savoir que ça avait changé et que c’était au CNC qu’il fallait aller. Vous poireautez, vous téléphonez, Ah bah nan c’est pas là ! Vous bougez, vous arrivez, on vous fait la gueule. On affirme qu’on vous a téléphoné etc… Départ ! On largue les amarres, à nous les p’tites baleines, à nous Moby Dick ! Petit déjeuner somptueux : une cruche d’eau chaude et un pot de nescafé… L’endroit du cata où on peut s’asseoir est tout mouillé et personne a pensé à éponger et à essuyer. La bâche au-dessus est pleine de flotte de la nuit et personne a pensé à la vider et ça tombe sur la gueule des pigeons à 12 000 francs au fur et à mesure qu’on avance. La cata le cata…

En route, boum ! v’là des baleines, tout près vers Boulari. Ça saute, ça gigote, spectacle, photos. Bon ça s’est fait, on devait aller à l’île Ouen et à Casy mais comme les baleines sont venues gratos à la rencontre du Kersauson plus marseillais que tropical, bon coup, économie de temps et d’essence. Et à la place du Sud, comme il faut bien occuper un peu les pigeons, on les dépose vite fait mal fait sur l’îlot le plus moche et le moins poétique du Pacifique, où le sable s’est fait la malle et on les baigneurs des baies vont en planche et même des fois à l nage. Enivrant !

Allez les pigeons dégagez, débarquez, bouffez c’que vous voulez, c’que vous avez si vous avez, on r’viendra après. Le petit peuple migrateur descend pieds nus. Vous demandez audacieusement à avoir vos claquettes rangées dans un coffre à bord. Le skipper beau oui comme Bowie mais aimable comme la porte des Baumettes vous fusille du regard et maugrée avec sa copine un truc probablement du genre Y’en a vraiment qui sont chiants sur terre ! Une autre vous imite, on lui dit alors que Nan y’a pas de crocs blanches dans le coffre ! Elle monte, elle trouve. Ça râle encore qu’on a pris du retard dès le matin, et bla et bla.

Les naufragés de l’arche des baleines perdues errent dans ce désert pierreux qu’est devenu l’ilôt Maître faisant souffrir ou blessant leurs pieds sur la caillasse ou les chemins de bois pourri souvenir d’une gloire hôtelière passée. On vous délivre, on vous reprend enfin, et pour boucher le trou noir de cette journée on vous fait faire des ronds dans l’eau entre les îlots en face de Nouméa. Vienne la nuit sonne l’heure, le jour s’en va vous demeurez, à vous faire chier à cent sous de l’heure, ce qui fait 12 000 sous CFP jusqu’à ce que vous retrouviez le plancher des vaches, ah les vaches ! . Ça aurait été plus gai sur le Pont Mirabeau, où à l’île Ouen, ou à Casy…

Ils sont à la CGPME les montreurs de baleines ? Y’a pas que les grands qui rêvent, y’a pas que les gros qui volent, y’a que les baleines pour rire comme des baleines en voyant les pigeons de passage se faire pigeonner… comme des pigeons !