À TITRE DE TEST…

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Si les textes des Accords, approuvés et paraphés par les « signataires historiques » du RPCR-RUMP, ainsi que leur version charcutée au Congrès de Versailles le 19 février 2007 avec la bénédiction de la bien-aimée UMP, bien aimée par le RPCR-RUMP, et la volonté du bien aimé président Chirac, coqueluche du RPCR-RUMP, portent en germe et permettent légalement la radiation de près de 7000 électeurs calédoniens présents depuis une vingtaine d’années en Nouvelle-Calédonie, il faut peut-être d’abord demander des comptes au RPCR-RUMP, à leurs élus et à leurs parlementaires d’alors, qui n’ont pas vu, pas compris puis pas suivi grand-chose apparemment à ce qu’ils signaient « historiquement » au nom des Calédoniens et qui, lors de ce charcutage constitutionnel, ont mollement protesté, sont docilement restés à l’UMP et ont sagement gardé leurs mandats UMP. Une démission des assemblées parlementaires de leur part et des déclarations tonitruantes dans les médias nationaux auraient eu davantage d’impact que cette génuflexion poursuivie du RPCR-RUMP devant l’UMP, Chirac, Sarkozy etc…

Tout le FLNKS, toutes ses composantes, toutes, au contraire, et tous ses acteurs et collaborateurs, mélanésiens et européens, savaient et savent lire eux, et ils ne font que dérouler le contenu des Accords et de ce charcutage en réclamant cette radiation globale et indistincte de près de 7000 calédoniens, démarche politique, stratégique et non personnelle. L’UC engage même « ses militants à ne pas signer les listes électorales spéciales et les soi-disant tableaux annexes, listes scélérates », cette radicalisation rappelant tristement le bris de l’urne à la hache par le leader UC Éloi Machoro à Canala il y a exactement 30 ans. Si une réponse massive, juridique et politique des Calédoniens opposés à cette épuration est encore possible et peut rattraper l’incurie décrite plus haut, il est légitime de l’envoyer, au FLNKS, aux médias, à la justice et à l’État.

Par contre, cette réponse de Mathias Chauchat qui nous fut faite hier sur Twitter « Le TPI de Nouméa refusant les radiations groupées, quel mal à en déposer des ciblées à titre de test ? » exprime tout à fait autre chose que ce « package » de milliers d’exclus du droit de vote. Les mots « ciblés » et « test » sont lourds et révélateurs de tout autre chose qu’une démarche politique. Qui est ciblé ? Pourquoi ces personnes, au nombre de 20 apparemment, sont-elles ciblées ? Sur quels critères ? Choix aléatoires, comme pour les otages et les fusillés pour répression et exemple ? Le terme « test » est également angoissant, voire terrifiant, et évoque les horribles et perverses « expériences » d’experts malades, en d’autres temps pas si lointains, dans certains régimes encore plus malades.