NULLE ANALYSE, ANALYSTES NULS

NC

La Nouvelle-Calédonie, le pays et les hommes, sont un fantastique terrain d’observation, d’analyse et d’étude, révélateur et édifiant à l’échelle de la planète et de l’Histoire, pour tous ceux qui s’intéressent aux faits culturels, économiques, politiques, sociologiques et aux questions de psychologie collective. Mais qu’a-t-on eu depuis des décennies ? Rien. Nul universitaire, nul doctorant, nul journaliste, nul intellectuel n’a publié quelque chose d’autre sur la Calédonie que de la petite thèsounette fadasse, du bouquin de propagande, de l’article superficiel et strictement factuel : des universitaires, des doctorants nuls , des journalistes nuls, des intellectuels nuls.

Pourquoi ? Par indigence intellectuelle, par peur, par précaution, par souci du politiquement correct, de la carrière et du statut social, loges, coteries, lobbies ? Ça mériterait encore une autre thèse… Pas la moitié d’un Onfay et de sa liberté de pensée en NC, pas le quart d’un Zemmour et de sa culture sans censure en NC, pas l’ombre d’une Raphaëlle Bacqué et de son professionnalisme audacieux en NC, pas un soupçon d’Élisabeth Lévy et de sa pugnacité talentueuse en NC.

À la place on a quoi ? Wéry et Pitoiset, qui font un panégyrique pitoisable de Dang avec leur « Mystère Dang. Mokkadem, qui fait un panégyrique pitoyable de Tjibaou avec son « Ce souffle venu des ancêtres… : l’oeuvre politique de Jean-Marie Tjibaou ». Walles-Kotra, qui va faire un panégyrique de Naisseline avec son bouquin, sans soulever les pierres qu’il ne faut pas soulever et sans regarder en-dessous ce qu’il ne faut pas regarder. Cet intello géographe J-C Gay, qui vient faire la leçon à 50 Calédoniens hier à la Maison de la Nouvelle-Calédonie avec son « La Nouvelle-Calédonie, un destin peu commun » fait pour moitié de descriptions géographiques et historiques archi ressassées et resucées et pour autre moitié de sa géniale intuition qu’il faut lâcher le nickel et tout miser sur le tourisme… Bonjour l’intellect !…

On a tout là : publications indigentes et même débiles, motivées par le carriérisme universitaire et scientifique, financées par la princesse, en l’occurrence par l’IRD pour notre Gay géographe ; éloge infini du héros parfait par un fidèle courtisan peu fidèle à l’intelligence ; portrait flatteur d’un acteur politico-économique très controversé par des journalistes idolâtres qui se la pètent grands reporters.