DEUXIÈME TOUR DES MUNICIPALES : OBSERVATIONS

kg-lagarde

1) La campagne et les élections municipales, les tractations, les alliances, les fusions et les désistements, les annonces de résultats, les commentaires et les échanges des leaders en plateau se sont passés harmonieusement et paisiblement. On fait de la politique en Nouvelle-Calédonie, comme ailleurs, comme tout le monde. On négocie, on pactise, on examine, on calcule. Presque toutes les formules de mariage ont été réalisées ou essayées : CE-UCF ; CE-FPU ; CE-FLN ; UCF-RPU ; UCF-CE ; FPU-FLN… L’opposition n’est plus binaire et frontale, on ne s’étripe plus.

2) Le FPU remporte de belles victoires au Mont-Dore, à Païta et à Dumbéa. Le rassemblement est bien vivant. La population a toujours envie de ce qui représente l’ère Lafleur et l’héritage du RPCR, même avec des têtes de liste parfois discutées et discutables.

3) Les rénovateurs du RUMP (Yannistes) connaissent 3 échecs lourds au Mont-Dore, à Païta et à Dumbéa, peu prometteurs en tout cas, mais réalisent un très bon score sur Nouméa : l’UCF démontre son implantation exclusive dans l’hypercentre de la capitale mais y affirme aussi son existence puissante face à un FPU, ou Rassemblement, désormais quasiment effacé.

4) Avec l’échec cinglant de Yanno à Nouméa, malgré son choix personnel de fusionner avec les Frogiéristes qu’il a fustigés jusqu’au dernier moment, le destin politique de Yanno doit logiquement s’arrêter là, conformément à ses annonces. Cependant les rênes du parti et un électorat non négligeable de plus de 20 000 électeurs doivent être repris par Backès. Et cela dès les provinciales.

5) Le FPU, inexistant sur la capitale, a besoin de l’UCF. L’UCF, inexistant sur les 3 communes du Grand Nouméa, a besoin du FPU. Les pactes de non agression ont déjà été conclus pour ces municipales. Donc la réunion des deux groupements politiques est logique et à l’ordre du jour. À quel rythme opérer la jonction ? Quelle formule d’union ? Aller aux provinciales unis ou encore séparés pour ratisser plus large et se réunir après ? Voilà juste 3 questions techniques à examiner pour ce qui sera bientôt le FPU-UCF et qui ne part pas en situation de faiblesse pour les prochaines élections.

6) CE est toujours désigné comme l’ennemi et celui qui pactise avec le PALIKA et même avec toutes les listes FLN (cf. Backès et Santa sur le plateau de NC1 ce 30 mars). Malgré quelques rapprochement au Mt Dore (Jandot-Courtot) et à Ouvéa (Loueckhote), le parti de P.Gomès reste une entité à part et la seconde force politique. Les résultats sont décevants dans les 3 villes de l’agglo et à Bourail mais incontestablement forts et impressionnants dans plusieurs communes du Centre et surtout bien sûr à Nouméa, où un échec de Sonia Lagarde aurait été lourd de conséquences pour un parti en retrait depuis les législatives. Cette victoire très personnelle de la petite dame contre le Goliath de la fusion Yanno-Briault atteste une confiance conservée de la population au projet CE et lui assure aussi un tremplin pour les provinciales. Des questions doivent être aussi être posées : Pourquoi des « candidats suicides » dans certaines villes ? Quel discours fort et autre retrouver pour ne pas être un parti comme un autre face aux autres ?

7) Le FLN est dans une période charnière de disparition de partis (LKS) et d’anciennes figures-monuments (Naisseline), de renouvellement des cadres,  de dissensions internes sans violence et classique en politique (UC-PALIKA, UC-UC…). Les secteurs historiquement du Nord viscéralement et unanimement indépendantistes connaissent des résurgences loyalistes importantes (Nenou à Poindimié, Houailou). Le FLN entre dans des listes d’entente et d’ouverture. Le FLN fait de la politique, ordinairement, banalement, sans le savoir ou en le sachant.  Et l’enjeu statutaire et la portée dramatique des prochaines provinciales s’effacent un peu derrière des ambitions et des rivalités politiques ordinaires et un parlementarisme banal.

Le tripartisme s’installe. La guerre s’éloigne ?