L’INSURRECTION DE 1917 SELON KASARHEROU et RFO

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Plutôt partagé sur le film de ce soir.
Un vrai document quand même, quelque chose, par rapport au néant, à l’escroquerie des films précédents de « Itinéraire », sur l’école en NC, puis sur les femmes en NC.

Même si ce film n’est qu’un digest et une compilation de nombreux matériaux déjà existant,

même si l’ensemble est davantage un film de propagande, de ressentiment et de revanche qu’une analyse historique,

même si nous n’avons ici à la manœuvre que toute la nomenklatura médiatico-kanaky derrière cette réalisation,

même si on ne nous sert du début à la fin qu’un réquisitoire hyper violent contre la France et la présence française en NC,

même si on effleure seulement les profondes et violentes divisions de la population indigène, bien antérieures à la colonisation, et qui ont continué à trouver des exécutoires dans les guerres de religions internes au monde mélanésien et dans ses positionnements diamétralement opposés quant à la France, une moitié des autochtones ayant une appétence réelle et spontanée pour l’occident, l’autre moitié manifestant un dégoût et un rejet non moins sincères pour l’arrivée inéluctable de ce nouveau monde et de ses valeurs chez lui,

même si le film passe rapidement et même occulte les noirceurs, les combats chroniques, les inégalités, les injustices et la férocité de ce monde paléolithique qui perdura jusqu’à ces années-là contemporaines de la fin de la Grande Guerre,

même si on se demande si un tel discours d’un parti pris total et brutalement à charge, sans contradiction, sans contradicteurs, tel quel, est bien utile et prudent en ces périodes de phénomènes violents dans la jeunesse et de recherche de convergences et de communion entre les communautés,

malgré tout ça, il y a quand même là un assemblage de bonne qualité technique, cohérent et assez riche, même dans son optique partisane et dans sa condamnation dure et sans concession, qui lance la réflexion, qui appelle d’autres témoignages, d’autres voix, plus distantes, plus objectives et qui ouvrirait très bien un bon débat si NC1ère se donnait la peine de composer un bon plateau télé et une suite à ces films du mardi qu’elle ne crée même pas elle-même.