FRANCE-CALÉDONIE : LE RETOUR DU TRIPARTISME

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Qu’on s’en félicite ou qu’on le déplore, il est probable que les écarts et les proportions entre les grandes formations politiques ne bougeront pas beaucoup dans les prochaines heures.

La Nouvelle-Calédonie comme la France dans son ensemble s’installe durablement dans le tripartisme, réoccupant les traditionnelles cases politiques qui ont conditionné son histoire.

Peu ou prou un tiers des électeurs envoie des représentants jalousement nationalistes, traditionalistes, conservateurs, intégristes, protecteurs de classes ou castes légitimes, pour occuper la place du légitimisme : communisme, totalitarismes, collectivismes, ségrégationnismes, extrêmes droites, droite contre-révolutionnaire.

Un autre tiers de la population désigne des élus adeptes d’un centralisme, d’un interventionnisme et d’un dirigisme autoritaires, d’un égalitarisme obstiné,  d’un exécutif fort, incarné et centralisé, pour remplir le champ du bonapartisme jacobin : centrisme, socialisme, social-démocratie, droite césarienne.

Le troisième tiers du pays opte pour des leaders partisans d’un libéralisme large voire d’un ultra libéralisme, de la libre entreprise, d’un parlementarisme au service de l’économie et du capital, pour s’installer dans  l’espace de l’orléanisme : libéralisme, social-libéralisme, droite libérale.

Ces phénomènes politiques sont comparables aux phénomènes météorologiques où les variations de températures conduisent des masses d’air à se densifier, à bouger, à évoluer, à se déplacer, à s’élever ou descendre, à occuper des espaces vacants, plus ou moins doucement ou violemment. S’insurge-t-on contre la chaleur, le froid, les nuages qui se scindent ou fusionnent, contre la pluie ou les vents ? Alors pourquoi s’insurger contre des peuples ou des groupes et insulter des populations qui vivent, s’échauffent et s’adaptent aux variations et qui viennent combler les espaces structurels d’une société qui, comme la nature, a horreur du vide ?