« GOTT MIT UNS » ou « ON VA GAGNER PARCE QUE NOUS SOMMES LES MEILLEURS »

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Parmi les différents champs de l’activité humaine, il est qui sont par nature propres et  destinés à diminuer la liberté des individus, leur recours à l’intelligence et à la réflexion, leur énergie créatrice, leur altruisme et leur humanisme : c’est la guerre (armée, défense et géopolitique), le sport, la religion et la politique. On peut souvent ajouter le commerce et la conquête des marchés dans cette liste noire.

En effet ces activités se pratiquent en groupe, voire en masse, et contre d’autres groupes et d’autres masses, en vue de conquérir du pouvoir. Le militantisme, le patriotisme, le chauvinisme, la solidarité aveugle, le pragmatisme irréfléchi sont le carburant de ces luttes. Dans les stades, dans les casernes, dans les églises, dans les partis, sur leurs différents champs de bataille, l’individualisme, l’analyse, le doute, le recul, l’hésitation, le libre arbitre n’ont pas droit de cité et provoquent les pannes et les échecs.

Au contraire, les arts, la recherche, les sciences, les sciences appliquées, l’invention technologique, l’industrie sont des domaines de quête individuelle et d’aventure personnelle. Elle ne constituent pas essentiellement à la base  des démarches d’agression et d’annexion. Les régimes collectivistes et totalitaires, et l’Histoire l’a prouvé au XXème siècle, sont les terrains les plus néfastes, infertiles et hostiles à l’épanouissement culturel, artistique, scientifique, technologique et industriel. Autant l’armée, le sport, la religion et la politique sont, comme les Jivaros, « réducteurs de tête » et d’intellect, autant la science et les arts sont « élévateurs et amplificateurs » d’humanité, tant que la guerre, la religion et la politique n’essaient pas de les exploiter et de les soumettre à leur cause.

Le « Dieu avec nous »… et contre les autres, de l’impérialisme germanique fut et est encore hélas largement partagé.  « Gagner » est le seul mot, le seul mot d’ordre, la seule valeur. « L’autre » en politique, « l’autre » en théologie, l’autre parti, l’autre équipe sont encore encore souvent diabolisés. On « casse » un arbitre par rage d’avoir perdu, on injurie un fidèle « autre », on brûle son temple, on insulte et on traîne en justice un adversaire politique, on génocide encore le peuple « autre ».

Une autre foi, un autre patriotisme, un autre culte des corps, un autre exercice physique, un autre exercice de la démocratie sont-ils possibles ? Un peu plus de hauteur, de recul, de détachement, de bienveillance, d’observation des autres et d’attention à l’autre sont-ils utopiques ?