LE PATRONAT DIRIGE LA NC À LA PLACE DES POLITIQUES : UN PATRONIQUE EN QUELQUE SORTE…

capital

La dernière émission « C’est à dire » de l’année diffusée hier midi sur NC1ère radio fut la cerise qui fait déborder le vase ou la goutte d’eau sur le gâteau de la collusion des médias avec les pouvoirs en place, ou plutôt LE pouvoir, le seul pouvoir en NC, celui de l’argent. Inutile de croiser du bois ou de toucher les doigts, c’est foutu.

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En effet, pour discuter de la sortie du contrôle des prix prévue fin décembre, on avait invité Philippe GERMAIN qui a toujours allègrement mélangé les genres en mixant affaires privées, FINC et mandats publics pour gérer notre économie, Catherine Wehbe une grosse pointure du MEDEF NC, Françoise Kerjouan à laquelle on aurait préféré Michel Davarend pour éviter un autre mélange des genres et pour représenter vraiment et uniquement les consommateurs…. Quant à Didier Guénant-Jeanson, il n’a guère représenté que lui même tant il a oublié les salariés, syndiqués et consommateurs, toujours bouffés par les prix toujours aussi exorbitants, dans son satisfecit global complètement surréaliste. La diva du MEDEF a qualifié de « saine » une économie où y’avait de l’inflation et où les prix faisaient des sauts de cabris. L’abus c’est la santé, rien toucher c’est la conserver finalement ! On a même entendu parler d’un esprit d’ « d’auto régulation » des patrons quant aux prix et à leurs marges pour cette année prochaine libérée des contraintes. Waaaoooh ! l’esprit sain ou saint est descendu sur les loups au milieu de la bergerie !…

L’invitée suivante, Isabelle Lafleur, interrogée aussi sur le gel des prix, n’a pas été en reste pour se féliciter de cette mascarade de modération des prix et pour justifier ces tarifs de voleurs parce qu’on était « 268 000 éloignés de tout », « éloignés de 20 000 km de la métropole », parce-qu’on « nous rajoute 10% de taxe quand les marchandises viennent de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande », parce qu’on « vend pas des grandes quantités » et bla et bla et bla. Elle a ajouté avec une véhémence et une simplicité touchantes, non mais allo quoi ! et avec des intonations déchirantes de sincérité à la Nabila que « c’qu’est intéressant c’est que tous les acteurs en sont bien conscients et ont décidé de faire c’qui fallait pour que ça soit euh pour que les prix soient jugulés et ne soient pas… n’écrasent pas les calédoniens. » Sic, sans altération de l’évangile selon Isabelle.

Lors de cette charmante petite séquence très NC1 on a donc raconté n’importe quoi sans aucune contradiction sur le fiasco total que fut l’application de ce protocole sur la vie chère. Une usine à gaz et des promesses aussi complexes et fumeuses que les promesses sur l’ouverture de la concurrence en NC à la sauce CE, dont la complexité et la fumée permettent de masquer la nullité crasse tout en barrant la route à de véritables actions citoyennes dans ces domaines : un gel des prix maintenus à des sommets himalayesques, une baisse de 10% quand les écarts sont entre 100% et 1000 % avec des pays honnêtes et normaux (cf. les tarifs bancaires), des contrôles bidon, des sanctions inexistantes, des dérogations innombrables, des loyers et des assurances qui ont saigné impunément de plus belle les calédoniens, pas touche à l’immobilier, aux proprios et à la finance…

Lors de cette adorable petite séquence on a aussi surtout constaté que la politique n’existe pas, n’existe plus en Nouvelle-Calédonie, a-t-elle jamais existé d’ailleurs ?… Le patronat a en tout cas totalement remplacé la politique : il patronique la Calédonie. Une Lafleur et sa constellation d’entreprises gère un UCF , un MEDEF fait la pluie et le beau temps dans un RUMP, une FINC-CGPME-CCI pilote un CE, un Dang & C° tient les rênes d’un FLN. Il est crûment évident que tout est géré par le patronat et le capital, celui des grosses affaires comme celui du nickel, pas d’jaloux. Évidence bien attestée par les grandes manœuvres actuelles de la mine, par le ballet et la danse de Dang, Eramet, Maï, Ballande, Montagnat, Valé et surtout Glencore, le maître de ballet, le nouvel « assistant commercial », le « metteur en relation » (voir LNC du 15/11 page 7), autrement dit la grande marieuse, l’entremetteuse des patrons célibataires, des patrons un peu trop solitaires en quête de mariée chinoise par exemple, la Chine, la prochaine grande patronne et maîtresse de tous ces patrons et politicards confondus, la Chine, la très prochaine riche et vorace cougar de toute la Nouvelle Calédonie Kanaky…