LA PETITE MESSE DANS LA GRAND MESSE

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Aux temps heureusement assez brefs où je suis un peu allé dans des meetings politiques, j’ai jamais trop compris la « séquence coutume » en début de show. Déjà que les boniments du grand film étaient régulièrement convenus et saoulants, j’ai toujours trouvé la première partie de spectacle avec les coutumiers en vedettes américaines encore plus gavantes.

Que venaient faire ces petites messes communautaires dans les grandes cérémonies politiques ? C’est pas parce que les américains mêlent allègrement les télévangélistes, les mains sur le cœur et les « God bless America » à tous leurs rassemblements politiques qu’il faut donner dans la même religiosité mécanique, artificielle et hypocrite, non ?

La politique et la gestion de la chose publique sont laïques depuis les avancées révolutionnaires et progressistes occidentales du XVIII ème siècle. À moins de goûter le mélange des genres islamiste conduisant aux régressions du droit musulman et de la loi coranique, il n’y a aucune raison d’imposer aux participants d’une réunion politique une sacralité gestuelle et orale qui leur est totalement étrangère.

Pourquoi ne pas préparer des hosties et faire prier et communier les militants à ce compte-là ?

D’autre part, est-il sain et intelligent d’avaliser ainsi une coutume dont la portée sacrée se mêle étroitement à une visée politique indépendantiste, l’autre face de la coutume apparaissant crûment dans cette récente Charte du peuple kanak émanant du Sénat coutumier, se voulant future constitution du pays et étant fermement soutenue par le coutumier politique indépendantiste Wamytan ? N’est-ce pas introduire stupidement le cheval coutumo-kanakyste dans notre Troie républicaine, démocratique et laïque ?

Et n’est-il pas paradoxal donc de voir ainsi un Frogier, en principe loyaliste, procéder à ces célébrations coutumières en prologue à ses rassemblements, même si l’on sent que ce n’est quand même pas trop sa tasse de thé ? D’autant plus que les célébrants invités appartiennent souvent à l’UC ou au Palika…

Et n’est-il pas étrange de voir un Gomès, ayant fait son fonds de commerce de son hostilité au drapeau FLN qualifié aussi de « drapeau kanak », se délecter immanquablement et complaisamment dans ces simagrées, en y mettant, lui, toute la théâtralité et le bagout dont il a le secret ? Mais bon la politique des poupées russes lui est coutumière et il est logique qu’après La petite nation dans la grande nation on ait La petite messe dans la grand messe.

Bozu la démission humaniste et laïque !… Oleti pour le coup d’pouce indépendantiste !…