UN MAL NÉCESSAIRE…

BvbFQsICYAA_FYr

Le capitalisme et le patronat ne me sont pas sympathiques. Pas plus que l’esclavage antique, la servitude médiévale, les traites négrières, la prolétarisation du XIXème, le colonialisme mercantile, ne peuvent être sympathiques. L’exploitation de la majorité et de son travail pour l’enrichissement d’une minorité ne peut pas être sympathique.

Et pourtant ce système fut nécessaire et l’est encore pour un temps. Le progrès était nécessaire, les travaux étaient nécessaires, la contrainte était nécessaire, les maîtres étaient nécessaires, l’appât stupide de l’enrichissement leur était nécessaire, les miettes pour les travailleurs étaient nécessaires. Un mal nécessaire…

Pas le « moteur et l’énergie de la société », pas le « généreux créateur d’emploi et de richesse », pas « le charitable donateur des avantages sociaux », juste un mal nécessaire, temporairement nécessaire. En effet où est cette générosité quand on entend quotidiennement ces nantis vomir sur ces « socialisants » qui leur ont arraché et imposé quelques maigres avantages, sur ces fainéants toujours en arrêt, toujours en congé, sur ces protections sociales abusives, sur cet « assistanat » perpétuel, sur ces « charges écrasantes », sur ces « impôts confiscatoires » etc ?…

Le patronat et son capitalisme, avec leur égoïsme social, ne sont qu’un mal nécessaire, pas du tout sympathique, mais pas plus mauvais que d’autres maux de notre monde imparfait, comme les catastrophes, la douleur, l’échec, l’erreur, la mort. Le mal appartient structurellement à un monde en évolution. Ce qui doit encore être parachevé est nécessairement imparfait, défectueux, inachevé. Un monde évolutif et un monde parfait sont des concepts contradictoires. Dans un monde évolué, le capitalisme et le patronat, avec leurs chienneries qui ne diffèrent que quantitativement des exploitations précédemment citées, n’auront plus leur place.