LENDEMAINS DE CUITES-NICIPALES

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Les résultats sont donc là, dans leur crudité. Un peu moins de fanfaronnades les veilles d’élections, un peu plus de réalisme les lendemains de vote et la politique y gagnerait en dignité et en utilité.

Parmi les hypothèses évoquées hier ici ( MUNICIPALES 2014 EN NOUVELLE-CALÉDONIE : OBSERVATIONS ET LEÇONS ), et écrites à l’heure où commentaires, analyses et propagande n’étaient pas autorisées, les urnes ont établi un tri sévère dans la soirée qui a suivi :

– CE n’arrive en tête que dans une seule des quatre communes du Grand Nouméa et cumule 20 625 voix dans l’agglo.

– l’UCF n’arrive en pole position  dans aucune des quatre communes du Grand Nouméa et cumule 14 940 voix dans l’agglo.

– le FPU arrive en tête dans trois des quatre communes du Grand Nouméa et cumule le meilleur score :  16 459 voix dans l’agglo.

Donc, après ce premier tour, vote d’adhésion :

– l’UCF est le perdant de ce scrutin et n’existe que dans l’hypercentre de la capitale.

– le RUMP ou Rassemblement ou FPU est toujours bien vivant et l’emporte en nombre de poles positions sur l’agglo.

– CE est en perte de vitesse par rapport aux législatives et n’a pas sérieusement gêné même les candidats qu’on aurait pu penser les plus discrédités.

Donc, à relire les hypothèses d’hier :

CE n’arrive en tête de ce premier tour que dans  1 des 4 communes : on pourra parler d’un désaveu. Défiance populaire qui devra être lue comme une sanction du  management jugé très solitaire du parti par son leader ou/et comme une sanction du choix des membres des listes jugé trop calculé et politicien  ou/et comme une sanction d’une attitude dans les institutions jugée apathique ou d’opposition systématique ou/et comme une sanction du refus des alliances politiques.

L’UCF n’arrive en tête de ce premier tour que dans 0  des 4 communes : alors on pourra parler d’un avortement de ce nouveau parti, abattu en plein envol sous le premier feu des élections. Insuccès qui devra être interprété comme une méfiance à l’égard de la rupture  avec le Rump, jugée tardive et insincère de la part de l’ex député Yanno et/ou comme une méfiance à l’égard de sa proximité jugée trop grande avec les classes possédantes et dirigeantes et/ou comme une méfiance à l’égard de la fébrilité de ses récents projets jugés incohérents. Sauf si l’UCF arrive en tête dans la seule mairie de Nouméa et transforme cet essai au second tour, la carrière politique personnelle de Gaël Yanno s’arrêtera là. Alors l’avenir de l’UCF se dessinerait sous la forme d’une force d’appoint pour le FPU dans le cas où le FPU aurait dominé dans au moins  2 mairies sur 4.

Le FPU arrive en tête de ce premier tour dans 3 des 4 communes  le maintien de « la vieille maison » par Frogier et ses propositions auront été approuvés par la population. Les élections provinciales prochaines pour lui seront loin d’être le naufrage que certains prédisaient, les sarcasmes de CE et la critique par l’UCF à propos de l’autoritarisme et du culte du chef et à propos de la coalition avec l’UC et le PT s’avérant injustes et décalées. Ce regain de confiance pourra être mis sur le compte de la maturation de la « compréhension » calédonienne de la « démarche Frogier » dont le sénateur déplorait la lenteur et/ou sur le compte d’une double déception : celle des gens à l’égard de l’action jugée molle du CE victorieux des législatives et à l’égard de la promesse de nouveauté que présentait l’UCF, jugée non tenue.

Place donc maintenant aux alliances, ralliements, reniements, propositions, demandes, offres, avances, reculs, prix d’achat, prix de vente… Oh… ça ne sent beaucoup plus mauvais qu’autre chose. C’est l’odeur ordinaire de la politique, c’est tout