SI VOUS NE M’AIMEZ PAS…

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Palme d’or à Maurice Pialat pour son film… par ina

Un observateur, un créateur, quel que soit son domaine d’observation et d’expression, si son observation est indépendante et si son expression est libre, déclenchera inéluctablement la haine des esclaves et des esclavagistes de l’observation et de l’expression.

Pialat en fait ici l’expérience, à la fois cible de la rancœur des valets médiocres d’un cinéma commercial et de la vindicte des laquais bien-pensants d’une intelligentsia auto proclamée.

On retrouve de tous temps cette réaction virulente de la part des faussaires esclaves de l’argent et du pouvoir quand la lumière de la libre expression révèle la médiocrité de leur fausse monnaie, qu’ils soient des faussaires de l’art, de la science, de l’économie, de communication ou de la politique

La réponse de Pialat est parfaite. Inutile de s’abaisser au niveau des trafiquants de la pensée et de l’art. Le dialogue avec eux ne peut être qu’un piège, qu’une salissure, qu’un affaiblissement. Le valeurs et la vérité ne doivent pas se compromettre et tomber dans les guet-apens de la meute violente des chiens aux ordres.

La simple existence d’un Pialat, la simple affirmation de soi, d’un soi sincère, suffit à irriter et à piquer les agents et les objets des manipulations et des mensonges, partis et partisans, élus et électeurs, journalistes et spectateurs, producteurs et consommateurs, rois et domestiques de la bien-pensance, maîtres et serviteurs de l’hypocrite politiquement correct.

Le simple mais radical refus de l’exploitation des exploités par les exploiteurs suffit à troubler les premiers et à disqualifier les seconds. Le seule réponse a faire à leur haine est « Si vous ne m’aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus ! ».