HOMMAGE 

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Mais pourquoi estime-t-on Jean-Jacques Brot ?

On l’a souvent oublié en fait. On sait qu’il est spécial, original, costaud, on sent que c’est un type bien, mais pourquoi au juste ?

Et bien simplement parce-qu’il s’est indigné contre tout ce qui était indigne en NC et parce qu’il a dénoncé et condamné crûment tout ce qui était condamnable, et que ça, ça ne s’était jamais fait, et que ça, ça ne se fera peut-être plus jamais…

Les potiches qui tenaient compagnie à son prédécesseurs Dupuy et qui ne foutaient rien du matin au soir à prix d’or au Haussariat, il les a virés, et à travers ces cas il a dénoncé ce système local de nominés à la carte et de planqués à la gamelle. Les politiques, les journalistes, les intellectuels, ils ont dit quoi là-dessus ? Rien, nada, nothing, l’omerta, le monde du silence, vingt mille lieux sous la merde. Brot a parlé. Le peuple a aimé.

La collusion entre les affaires, les partis politiques et l’administration, qui se « gobergent » tous, il l’a condamnée à Tontouta, et à travers ce cas il a dénoncé tout cet antique système local de comptoir colonial doré. Les politiques, les journalistes, les intellectuels, ils ont dit quoi là-dessus ? Rien, nada, nothing, l’omerta, le monde du silence, vingt mille lieux sous la merde. Brot a parlé. Le peuple a aimé.

J’avais oublié une étape importante et forte dans la trajectoire rapide et brève mais combien dense du préfet Brot en NC :

L’incompétence et la mauvaise volonté générales face à la crise de la vie chère l’an, l’impuissance des politiques, l’insolence du patronat et des banquiers, la turbulence des syndicats il les a révélées au Haut-Commissariat en réunissant les ennemis, en réglant un conflit dangereux et imposant l’accouchement au forceps d’un protocole d’accord, et à travers ce cas il a révélé la nullité du dialogue social en Nouvelle-Calédonie, tous les blocages dûs aux ploutocrates locaux et toute l’hypocrisie et la passivité de leurs complices politiques. Les politiques, les journalistes, les intellectuels, ils ont dit quoi là-dessus ? Rien, nada, nothing, l’omerta, le monde du silence, vingt mille lieux sous la merde. Brot a parlé. Le peuple a aimé.

Ce média de tout temps collé aux affaires, aux politiques et à l’administration, qui l’a boycotté pendant des mois, puis qui a tenté de le démolir, il l’a condamné et a dénoncé son état réel de « folliculaire monopolistique », et à travers ce cas il a révélé la misère et la compromission de toute l’information et de toute la communication locales. Les politiques, les journalistes, les intellectuels, ils ont dit quoi là-dessus ? Rien, nada, nothing, l’omerta, le monde du silence, vingt mille lieux sous la merde. Brot a parlé. Le peuple a aimé.

Le chantage et la fourberie de la manipulation et du charcutage des listes électorales, il les dénoncés et a condamné les « turlupins » qui tentaient ce mauvais coup, et au-delà de ce cas il a dénoncé tous les coups de couteau des indépendantistes dans la démocratie et dans la parole donnée, leurs tricheries, leur mauvaise foi. Les politiques, les journalistes, les intellectuels, ils ont dit quoi là-dessus ? Rien, nada, nothing, l’omerta, le monde du silence, vingt mille lieux sous la merde. Brot a parlé. Le peuple a aimé.

La traîtrise de cette invitation maquillée à aller se recueillir sur la tombe d’un terroriste, il l’a condamnée et il l’a dénoncée, au prix ahurissant d’une menace de plainte à préfet, et au-delà de ce cas il a dénoncé ce « piège » permanent, ce mensonge commun et partagé, ce renversement perpétuel des valeurs et cette République constamment bafouée par les indépendantistes. Les politiques, les journalistes, les intellectuels, ils ont dit quoi là-dessus ? Rien, nada, nothing, l’omerta, le monde du silence, vingt mille lieux sous la merde. Brot a parlé. Le peuple a aimé.

Le saccage du corps électoral référendaire, le massacre annoncé du référendum lui-même, le retour à la manœuvre d’un couple voire d’une triplette de Pisani liquidateurs rocardiens, il les a révélés, dénoncés et condamnés par sa démission, et au-delà de ce cas il a dénoncé le « largage » programmé du pays par une Angela Davis des DOM-TOM avec la complicité veule et muette de tous les « larbins » politiques locaux et de tous leurs valets des affaires et de l’administration. Les politiques, les journalistes, les intellectuels, ils ont dit quoi là-dessus ? Rien, nada, nothing, l’omerta, le monde du silence, vingt mille lieux sous la merde. Brot a parlé. Le peuple a aimé.

Avoir contre soi le mur de l’argent, les planqués, les coloniaux, les séparatistes, les terroristes, les tricheurs, les menteurs, les cabinets noirs, les politicards… c’est beaucoup pour un seul homme, même aimé par le peuple, car si Brot a la grandeur d’un Don Quichotte, toutes ces plaies d’Egypte sont réelles et puissantes et ne sont pas d’inoffensifs moulins à vents dans ce pays…

Bravo Jean-Jacques, le peuple a eu de la chance d’avoir en toi un éveilleur et un bon berger et non un Bouvier gardeur de bovins… Bravo Jean-Jacques, tu nous auras rappelé quelques mots oubliés de notre belle langue et le message gaullien un peu oublié aussi qu’il n’est de combats perdus que ceux qu’on n’a pas menés, qu’il n’existe d’étoiles inaccessibles que celles qu’on n’a pas cherché à atteindre et que politique sans valeurs et sans honneur n’est que ruine d’un pays.