IL Y A 30 ANS ou LE RETOUR DU MÊME

NC

Il faut acheter les Nouvelles Calédoniennes le samedi, pour se rendre compte… qu’il ne faut pas acheter les Nouvelles !

Je m’explique. Ce n’est pas que ce journal, ses propriétaires et ses journalistes manqueraient à leur devoir professionnel ! Pas du tout ! La haute teneur culturelle, morale et déontologique est toujours au rendez-vous ! Mais comme il ne se passe jamais rien de nouveau en Nouvelle-Calédonie, il n’y a rien à dire et donc rien à lire ! C’est pas de leur faute !

Je m’explique. Le samedi c’est le jour de La rétro, « il y a 30 ans », et chacun aura pu constater chaque semaine que c’est l’éternel retour du même, très nietzschéen, l’éternel retour des marronniers bien connus dans la presse, l’éternel retour des baleines à Prony, des anchois au port, des mandarines à Canala, des reçus au bac, des déçus du foot, des fêtes du bœuf, du cerf, du beauf, de la fête de l’avocat, de l’omelette, de l’apéro, de la fête de la minette, de la roussette, de la crevette, des foires de Koumac, de Thio, de Koumac etc… etc…

Ça c’est pour les événements et les trucs saisonniers. Mais pour les dossiers de fond c’est pareil.

Je m’explique. Y’a trente ans comme aujourd’hui, si vous lisez le journal le samedi vous verrez que Nihil novi sub sole, rien de nouveau sous le cagnard, tout pareil, rien ne change, rien n’avance, la vie calédonienne n’est pas un long fleuve tranquille c’est juste un creek immobile, un courant figé. Today comme y’a 30 ans la vie chère et l’île aux 40 voleurs, today comme y’a 30 ans les crimes et la violence, today comme y’a 30 ans la pénurie organisée et entretenue, today comme y’a 30 ans des prises de gueules politiques stériles, today comme y’a 30 ans la crise du logement, today comme y’a 30 ans les agressions et la violence today comme y’a 30 ans un record mondial d’accidents mortels, today comme y’a 30 ans un archipel compartimenté et cloisonné, today comme y’a 30 ans les feux et la pollution, today comme y’a 30 ans la sécheresse et les inondations avec les indemnisations publiques comme seule solution, today comme y’a 30 ans un enseignement en échec, today comme y’a 30 ans les écarts obscènes entre misère et luxe indécent, today comme y’a 30 ans la politique qui s’infiltre partout jusque dans la culture, today comme y’a 30 ans des partis de copains et de coquins, today comme y’a 30 ans que du blabla et du cinéma à La Foa et partout, today comme y’a 30 ans drogues et alcoolisme, today comme y’a 30 ans coutume et police impuissantes, today comme y’a 30 ans détournements et corruption etc.. etc…

Finalement, il suffisait d’acheter tous les journaux en 1984 et de les ressortir dans l’ordre chaque jour tous les ans !… Éternel retour : les journaux de 84 marcheraient encore parfaitement en 2014, 30 years after. Quelle économie !