POUR L’APOLITIQUE CALÉDONIENNE

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Pour un peu moins de politique politicienne et partisane. Pour un peu plus d’humanisme et de progressisme calédonien.

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Réfléchir sur tout et rien, discuter de tout et de rien, remettre en cause tout ou rien, approuver tout ou rien, mais individuellement, personnellement, sans un logiciel politique, sans des œillères ni des boules Quies poltiques, sans la voix d’un parti, sans les mots d’ordre ni les ordres d’attaque du parti, possible ? Vous croyez ? Et bah essayons !

L’inscription de tous les amis de L’Osservatore va prendre quelque temps. D’autres viendront. De tous bords, de tous horizons, des politiques, des pas politques, des élus, des pas zélus, des profils variés.

Le tout sera de laisser un peu ses chaussures politiques à l’entrée. Marcher sans chaussures, vous verrez, on est plus à l’aise Juste s’habituer. Un peu comme s’arrêter de fumer, manger sans sel ou sans viande, cesser de dire L’enculé ! à la fin de chaque phrase, renoncer aux telenovelas etc…

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À propos de politique, qu’il est tout à fait bienvenu de continuer à observer comme un étrange et fascinant objet, voilà la solution d’un jeu lancé il y a quelques semaines. Des remarques ?

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On a un peu tout essayé en politique depuis 40 ans en Calédonie, avec des abus, des gavages, des excès, des orgies, des indigestions de politique, avec toutes les sauces politiques de l’indépendantisme, toutes les crèmes politiques du lafleurisme, toutes les salades politiques de l’antilafleurisme etc… Tout ça pour pas beaucoup de résultats en terme d’humanisme et de progressisme (voir les violences récentes, voir les écarts sociaux toujours aussi énormes et la misère décuplées des squats). Et si on essayait l’apolitisme ?

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« Mitterrand, Chirac, Lafleur et finalement Gomès. La trame fait sourire mais c’est celle de l’école de la politique française sur les bancs de laquelle ceux qui s’y trouvent savent bien qu’elle ne conduit qu’à l’exercice d’un métier complexe qui a ses codes, ses règles et qui est tout sauf une vocation ou une hypothétique mission de service public. »

http://caledosphere.com/2014/06/30/le-silence-de-philippe-gomes/

Ce texte est d’une justesse terrifiante. Et il n’est ni agressif ni militant. Il reconnaît même que Gomès et CE se distingue des « médiocres ». C’est le mérite de caledosphere de publier de tels articles de temps en temps, de plus en plus rarement cependant. Il aurait pu éveiller des consciences et générer de riches dialogues. Au lieu de ça nous avons ici le bataillon des supporters et militants de Calédonie Ensemble qui comme d’habitude ne publient rien mais vienne étouffer l’analyse et les échanges. Ces huitres toxiques collées sur le palétuvier caledosphere, par désœuvrement ou par mission, le stérilisent et le tueront. Les commentaires, beaucoup moins nombreux et pertinents qu’avant, l’attestent.

Pourquoi Gomès n’a-t-il pas fait en sorte de gagner absolument les élections ? Pourquoi, même avec un assez beau succès relatif, se cantonne-t-il dans le silence, l’absence et l’inaction ? Peur d’assumer le pouvoir seul ? Peur de flétrir « la perfection de la page blanche et de la neige intacte » des silencieux et des absents ? Satisfaction suffisante de ce statut de notable désormais honorable ?

Au lieu d’en discuter, par défaut d’outils idéologiques, culturels et intellectuels, nos militants abonnés ont cherché « silence » dans leur dictionnaire des citations et nous en servent des brochettes, et nos zélateurs attitrés nous ramènent la dépouille du Frogier avec des « Et bah lui aussi il dit, il fait fait, alors ?! ». Jolie comparaison, révélatrice, et pas si fausse que ça…

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«JE NE ME SENS PAS PARACHUTÉE MAIS DÉSIRÉE» Sylvie Robineau

La politique est porteuse et génératrice de tares assez lourdes. Cependant on ne peut lui dénier cette qualité d’être une source inépuisable de comique, de ridicule et de franche rigolade. Sur L’Apolitique Calédonienne nous ne bouderons pas notre plaisir chaque fois que nos chers spécimens politiques nous offriront ces moments de bonheur ineffable pour nos zygomatiques.

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POLITIQUE, CORRUPTION ET SAINTES NITOUCHE

La sphère morale a ses Tartuffe , le champ politique a ses Saintes Nitouche. L’affaire de corruption à la mairie de Nouméa réveille des preux chevaliers blancs et déchaîne des torrents de leçons de morale et de probité publique affichée. Les petits militants des partis intouchés pour l’instant vomissent crachats et insultes, avec candeur touchante et indignation sincère, sur les partis au pouvoir durant ces faits. C’est aller un peu vite en besogne et se faire une virginité à bon compte. Ces petits justiciers ont la mémoire courte et appuient un peu vite sur la touche delete de leur petit clavier politique, espérant effacer, en jetant avec véhémence l’opprobe sur les autres, les turpitudes passées mais récentes de leurs propres partis et de leurs propres leaders, qui ne sont pas passés pour rien sous l’œil de la justice…

Car comme dit La Fontaine, « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés »…

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L’APOLITIQUE CALÉDONIENNE

Quand la politique c’est la réflexion libre et de l’action volontaire pour le bien être collectif des habitants de la cité (polis) et pour l’organisation harmonieuse de leur vie et de la res publica, quand c’est l’action publique la plus réfléchie et la réflexion la plus active pour les meilleures actions, il n’y a aucune raison de contester ou de condamner la politique et les politiques.

Mais quand la politique ce n’est que de la tactique et de la lutte vers un pouvoir pour le pouvoir, que du catéchisme préfabriqué et mensonger, que de l’opinion confinant à l’adoration, que de l’opposition confinant à la haine, que de l’union moutonnière confinant à la religion et à la peur sacrée, que de la quête de prébendes en bande organisée, que des coteries pour des avantages particuliers, que de la manipulation et de l’opportunisme, que de la démagogie et du populisme, que du paternalisme et du meurtre du père… alors il urge de laisser cette politique-là et de rompre avec ces politiques-là.

Que ce soit par la politique socialo-indépendantiste, par la politique chiraco-lafleuriste, par la politique anti lafleuriste, toutes gravement atteintes par les mêmes tares précitées, la Nouvelle-Calédonie a douloureusement souffert de ces délires et de ces manipulations idéologiques et les a payées au prix fort, et il urge que le peuple (dèmos) impose à ses élus moins de « politique » (apolitique) et davantage d’action publique.

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POLITIQUE ET SENTIMENT D’IMPUNITÉ

Le cas de Nicolas Sarkozy mis en examen après s’être fait grillé bêtement, et le mot est faible, avec toute l’expérience d’un quinquennat de ministre de l’Intérieur et d’un autre quinquennat de Président, révèle bien que la politique et le pouvoir politique rendent autiste et génère un sentiment d’impinité et de toute puissance à la limite du pathologique.

Les partisans et militants politique héritent aussi de cette illusion de puissance, de cette arrogance, de cette morgue, de cette agressivité. Mais davantage que l’influence d’un pouvoir qu’il n’ont pas, ou pas encore, c’est l’effet « meute » du parti et le phénomène « bande politique » qui les rend ainsi intrépides et boursouflés.

Un des dégats collatéraux de la politique…

NS