MAIS TU DEVRAIS PRENDRE TA CARTE ou L’APOLITIQUE CALÉDONIENNE

cartes

MAIS TU DEVRAIS PRENDRE TA CARTE…

– Tu sais Gisèle, j’ai demandé à ma belle-sœur qui connaît le chauffeur de Jacques pour avoir une maison sociale.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Raoul, j’en ai parlé à la cousine de Paul de ce boulot pour ma fille à la Province.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Joan, j’ai pensé à la sœur de Philippe pour avoir la bourse pour ma dernière.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Rita, j’ai téléphoné à mon cousin, tu sais celui qui a été à l’école avec Dédé, pour être pris dans les 400 cadres.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Dylan, j’ai revu le frère de Sonia l’autre jour, celui qu’était sorti avec ma cousine avant, et je lui raconté pour ma demande de conformité.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Nathalie, j’ai croisé Harold hier soir au meeting et je lui ai raconté pour ma copine qui voudrait bien être territoriale.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Kevin, j’ai mangé à côté de la secrétaire de Didier samedi soir en ville et je lui en ai touché un mot de ma licence qui a été refusée.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Steeve, je suis tombé lundi sur mon ex qu’est l’attachée de cabinet de Gilbert et je lui raconté pour le chantier de Palambouty.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Tiaré, j’ai contacté la permanence d’André pour cette connerie de procès.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Michèle, j’ai invité mon voisin qui reste avec Phiphi et qui bosse au service des sports et je lui filé mon offre pour le contrat.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Jo, je suis allé chez Antoine avec ma nièce pour parler du voyage contre la misère à Copacabana.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Marie-Angélique je vais m’adresser à la tante à Pascal pour mes demandes de subventions sécheresse de mai et d’indemnisations pluie de juin.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Jean-Bernard j’ai réfléchi à un truc pour le déclassement du terrain pour notre hyper, ça serait d’aller sur la liste à Jean-Gabriel.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Mireille, j’en ai discuté avec la nana à Pierrot du concours à mon neveu qui veut rentrer dans la police.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Tony, j’ai passé un coup de fil à la fille à Roland qui bosse avec mon fils pour mon histoire d’arriérés de cotisations.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Patricia, pour cette plainte contre mon blog j’ai vu avec le frère à Alain au gouvernement.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Tonio, pour mon beau-fils qui trouve rien après ses études j’en ai causé avec Loulou à la manif pour qu’il fasse collaborateur.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais sarah, j’ai pensé à un truc pour l’appel d’offre du lycée, je vais en parler au mari de Gaelle.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Maurice, je me suis retrouvé avec la sœur à Nicole à l’inauguration et je lui ai demandé pour le lifting à ma femme avec un évasan sur Sydney.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Fred, j’ai vu avec le beau-frère à Daniel pour le recours contre nous pour les malfaçons du lotissement.
– Oui mais… tu devrais prendre ta carte !
– Tu sais Vanessa, j’te l’ai jamais dit et j’en ai parlé à personne mais j’t’ai toujours trouvée sublime et ça serait bien qu’on mange ensemble si t’es libre ce soir.
– Ben non… et c’est même pas la peine de prendre ta carte.

L’APOLITIQUE CALÉDONIENNE

Quand la politique c’est la réflexion libre et de l’action volontaire pour le bien être collectif des habitants de la cité (polis) et pour l’organisation harmonieuse de leur vie et de la res publica, quand c’est l’action publique la plus réfléchie et la réflexion la plus active pour les meilleures actions, il n’y a aucune raison de contester ou de condamner la politique et les politiques.

***

Mais quand la politique ce n’est que de la tactique et de la lutte vers un pouvoir pour le pouvoir, que du catéchisme préfabriqué et mensonger, que de l’opinion confinant à l’adoration, que de l’opposition confinant à la haine, que de l’union moutonnière confinant à la religion et à la peur sacrée, que de la quête de prébendes en bande organisée, que des coteries pour des avantages particuliers, que de la manipulation et de l’opportunisme, que de la démagogie et du populisme, que du paternalisme et du meurtre du père… alors il urge de laisser cette politique-là et de rompre avec ces politiques-là.

***

Que ce soit par la politique socialo-indépendantiste, par la politique chiraco-lafleuriste, par les politiques anti lafleuristes, toutes gravement atteintes par les mêmes tares précitées, la Nouvelle-Calédonie a douloureusement souffert de ces délires et de ces manipulations idéologiques et les a payées au prix fort, et il urge que le peuple (dèmos) impose à ses élus moins de « politique » (apolitique) et davantage d’action publique.