SAINT JEAN LÈQUES DU MONT COFFYN

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Étrange film que celui de Nathalie Daly hier soir. Pas une enquête ni une analyse sur ce maire, son parcours politique et ses nombreux mandats. Pas un procès non plus ni même réellement une hagiographie, comme l’a déclaré l’auteure. Un peu quelque chose à cheval entre un hommage posthume anticipé et le montage sympa que la petite nièce qui touche sa bille en vidéo a réalisé pour la retraite ou l’anniversaire de Pépé. Ah les cousinages calédoniens !… En tout cas un sacré faire valoir pour les élus de l’UC et de CE qui ont pu lécher et embrasser magnanimement l’ancêtre et pour des journalistes qui n’en sont pas.

C’est un peu court jeunes gens. On pouvait dire bien des choses en somme. Qu’en 17 ou 18 mandats de magistrature municipale Saint Jean était loin d’avoir fait des miracles et n’avait même laissé que d’énormes problèmes. Prenons-en simplement trois, dans les trois secteurs les plus importants d’une ville. La sécurité : Lèques laisse une ville dangereuse, farcie de cambriolages, de dégradations et d’agressions, craignos le soir et le mercredi après-midi, doté d’une police hypertrophiée mais ingérable et impuissante. La circulation : Lèques laisse une ville hyper centralisée, congestionnée et paralysée, malgré les multiples, amateurs et anarchiques plans successifs de l’adjoint Gérard Vignes, même si la circulation à pied de la Vallée du Tir à la rue de l’Alma reste assez fluide pour ce second « Promeneur du Champ-de-Mars ». L’urbanisme et la mixité sociale : Lèques laisse une ville hyper cloisonnée avec des quartiers pour riches encore plus riches que le XVIème et la Côte, avec une zone Nord déshéritée, HLMisée, ghettoïsée, dépourvue du dixième des équipements de l’aire favorisée, écarts vertigineux soulignés crument par la honte de la prolifération des squats que ce mauvais jardinier a même laissé pousser sur la mangrove.

Et l’on ne parlera pas de la sous-culture instaurée par des adjointes dames patronesses aux affaires culturelles, ni de la pérénisation du paternalisme bourgeois et commercial à la Roger Laroque, ni même de la décevante soumission docile au lafleurisme de l’honnête centriste Lèques qui oublia tristement le progressisme de son UC initiale.

Pourquoi ce reportage ? Pourquoi ce bureau, ces moyens et ce titre laissé à un Jean qui n’a pas laissé grand chose ?… À défaut de carrures et d’hommes d’état pour le présent et l’avenir du pays, la Calédonie se cherche magiquement des saints et des figures tutélaires dans le passé.