MONONICKÉLOSE OU LE ROI NICKEL

dang400

La Nouvelle-Calédonie, ce fut toujours le nickel, c’est le nickel et c’est autour du nickel que tout va se jouer. Le nickel a fait tourner et engraissé l’import et la finance. Le nickel s’est transformé en béton citadin et n’a généré que du placement et de la rente immobilière pour un capitalisme frileux incapable de réinvestir ailleurs. L’industrie est inexistante en dehors du nickel et de quelques ateliers de reconditionnement, protégés, subventionnés, contingentés. L’agriculture est et a toujours été aussi un simulacre, incapable de nourrir le pays, spécialisée dans le « bon coup » et tout autant protégée, subventionnée, contingentée. La pêche, le tourisme, le bois… sont tout autant virtuels.

Nickel roi, nickel despote, mononickelose. Des bénéfices gigantesques, des intérêts colossaux, des enjeux immenses, des combats titanesques, dans un désert économique figé, rouillé et brûlé par la terre rouge et les fours. Le nickel a dicté sa loi au pays, lui a imposé ses hauts et ses bas, ses hauts fourneaux et ses basse œuvres. Il a tiré et il tire les ficelles de la presse, de la politique, du mouvement indépendantiste. Les soulèvements et les apaisements du FLN ont toujours été opérés à coups de revendications du nickel, de cadeaux en nickel et de marchandages de nickel. Et ça continue. Les multiples et récentes interventions médiatiques de Dang, très pugnace et offensif, montrent bien que le nickel a été, est et sera toujours le moteur unique des choses et le seul appât des acteurs politico-financiers en Nouvelle -Calédonie comme en Kanaky.

Les gens, les citoyens, eux, ne sont pas dans la confidence ni dans les manigances et comptent mille fois moins que l’or vert. Il suffit de leur servir des salades nommées indépendance, France, écologie, Accords… pour leur cacher le seul gâteau qu’est le nickel et les en écarter. L’avenir partagé et le destin commun c’est bien, le nickel commun et partagé c’est mieux.