LA COUTUME, BRAS « ARMÉ » DU FLNKS

goro-nicklel-refinery_gooch1_300px_editionwideweb425

Les mouvements de rébellion et de libération ont toujours eu une vitrine légale politique, visant l’honorabilité, avec participation aux élections et aux institutions, et un « bras armé » obscur, chargé des sales besognes peu recommandables en sous-main. ETA fut le bras armé de BATASUNA en Espagne, l’IRA fut le bras armé du SINN FEIN en Irlande, le FLNC fut le bras armé du MPA et de l’ANC en Corse. Le FLNKS eut recours à la lutte armée pendant les événements, menacé de dissolution à ce titre, puis accepta de rentrer dans les institutions et redevint honorable après les Accords de 88.

Les groupes de pression violents et le recours aux armes et aux exactions étaient désormais exclus, c’était le deal des Accords, renouvelé en 98. Mais il demeurait cependant nécessaire pour le FLNKS de garder une arme de contrainte et de menace suffisamment forte pour ethniciser, accélérer, muscler et orienter un mouvement vers l’indépendance qui risquait de s’amollir, de se diluer et de se décomposer dans trop de politique et trop de consensualité. La Coutume était toute trouvée. C’était le bras « armé » idéal, aussi sacré, intouchable, indiscutable et invincible qu’une arme à feu, cette puissance imparable pouvant s’exercer dans tous les domaines : économie, droit civil, foncier, institutions, éducation…

L’exemple de VALE.NC est particulièrement emblématique et édifiant quant à la toute puissance de la Coutume, le FLNKS décrochant, grâce à elle et à travers elle, le droit de vie et de mort sur une gigantesque entreprise, sur des milliards de dollars en installations, en ressources minières et en bénéfices futurs. Opération inédite mais en passe d’être réussie puisque Justice, droit, juges, États, forces de l’ordre, élus politiques, institutions sont complètement marginalisés, court-circuités, invalidés, effacés, neutralisés, néantisés par une poignée de chefs coutumiers à qui toutes ces instances accordent servilement le pouvoir et le droit de fermer ou non cette boite et de mettre au chômage 3000 personnes dans 2 mois. Avec sans doute aussi le droit de préemption sur cette entreprise et sur Prony-Pernod qui attirent tant l’industrie minière du Nord et à qui des fonds publics seront certainement accordés à cet effet, un nouveau « geste fort »…

Trop fort le bras armé coutumier du FLNKS !