BATAILLON DU PACIFIQUE

Jean-Tranape-archivesDR

Un beau reportage ce soir sur NC1 sur le bataillon du pacifique des Calédoniens et Tahitiens. Un documents déjà ancien, paru en 2004. Émouvant surtout par les témoignages des anciens combattants, Tranape, Ludeau, Chevalier… souvent disparus aujourd’hui, parlant à la caméra, puis, leurs yeux partant dans le lointain, glissant dans le passé, parlant seul, pour eux, au jeune homme qu’ils étaient, qu’ils revoient, avec les camarades qu’ils avaient, qui sont parfois tombés.

Toujours très forts ces paroles d’anciens qui vous parlent, vous regardent, puis qui dérivent doucement, du regard et de la voix, vers l’intérieur d’eux-mêmes, vers l’éternité de la mémoire, vers la permanence profonde des instants vécus, vers l’infinie et déchirante distance du temps qui s’allonge fatalement. Ils sont là devant la caméra, devant le spectateur, et ils sont là-bas, de l’autre côté, il y a 60 ans, et on ne sait pas trop ce qu’ils voient en regardant ainsi en dedans, avec un sourire triste et modeste, une voix un peu rauque et gouailleuse pour conjurer un attendrissement qu’ils s’interdisent, seuls avec leur temps, leurs moments intimes. Joli, touchant !

La discussion entre Isabelle Amiot et Christiane Poédi, après, fut bien plus sèche et froide, même réfrigérante, l’historienne calculant ses mots, bloquant le moindre sourire, la journaliste essayant lourdement de politiser la question avec le nombre de volontaires indigènes ou l’ingratitude de l’administration envers des soldats un peu oubliés.