TO BE OR NOT TO BE UN CON

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On n’est pas con parce qu’on a un cerveau un peu lent ou un peu vieux ou parce qu’on n’a pas beaucoup de culture ou pas beaucoup d’instruction ou parce que des fois on dit ou même on fait des conneries. Non, c’est pas ça la connerie, ça c’est rien, c’est pas grave, y’a des vrais cons pourtant jeunes, rapides, instruits et cultivés, et même beaux et cons à la fois, ou à La Foa.
 
Sérieusement, parce que c’est quand même con de devenir con, parce que on a le choix de to be or not to be un con, on est con quand on coupe un bout de son cerveau, des fois un gros bout, des fois le tout, et qu’on le donne au curé ou au gourou ou au psy, ou au politicien ou à l’idéologue ou à la vedette ou au chef ou au père ou au copain ou à la copine. On est con quand on n’a pas su garder son cerveau pour soi, quand on n’a pas refusé de leur donner son cerceau, quand on s’est cru plus con qu’eux, quand on n’a pas été capable de confiance, d’indépendance et d’insolence en face des curés, des gourous, des psys, des politiciens, des idéologues, des vedettes, des chefs, des pères, des copains, des copines. On est con quand on remet dans son crâne ce cerveau gonflé comme une éponge par la soupe de ces connards de curés, de gourous, de psys, de politiciens, d’idéologues, de vedettes, de chefs, de pères, de copains, ou de copines. C’est ça la connerie.
 
Messieurs dames, aux cerveaux gonflés de Frogier, de Gomes, de Backes, d’Uregei, de Juppé, de Sarko, fans des gourous du bien-être et du réchauffement, groupies des vedettes du sport et du show-biz, courbés devant les anciens, couchés devant des chiens et des chiennes, je vous salue bien.

LA LOI DES ARMES ET LE CHANTAGE À LA MORT

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Qu’ont démontré les événements de Saint-Louis en ce week-end de Toussaint et de fête des morts ? Qu’il existe désormais en Nouvelle-Calédonie une légitimité exclusive et une législation particulière pour la communauté indigène, doublées d’une loi des armes et d’un chantage à la mort pour les défendre.
 
Condamnations, évasions, agressions, destructions, extorsions, menaces, vols, viols, incendies, barrages ne sont pas des délits ni des crimes pour la communauté concernée mais des réactions voire des réparations légitimes au regard d’un système politique actuel pourtant démocratiquement modifiable et d’un lointain passé colonial pourtant impossible à changer, et, en tant que tels, ils ne doivent pas être dénoncés ni sanctionnés.
 
Quelques fusils et quelques insurgés soutenus par leur communauté ont suffi à le démontrer par la loi des armes et à submerger des escadrons de militaires, à mener en bateau des élus et un préfet, à mener en navette quinze mille séquestrés calédoniens aussi pitoyables que les migrants syriens, et ils suffiront aussi à empêcher toute réaction, toute interpellation, tout jugement et toute sanction.
 
Et rien à faire ! Que faire de plus, que faire d’autre ? D’autres morts ? Les insurgés sont prêts à mourir, par inconscience, par hystérie, par débilité, par manipulation. Ni l’État, ni les élus, ni les citoyens ne veulent de ces morts, qui, en 2016, seraient la honte internationale de la France et la mort de la Calédonie. Et chacun le sait. Alors rien à faire, plus aucune contestation n’est possible, soumission, et, grâce à ceux qui ont nié cette réalité et qui ont laissé pulluler quarante mille armes à feu dans cette petite île, dans cette petite population, sous prétexte de chasse et de culture, il faut se résigner pour l’avenir, pour d’autres divergences, pour d’autres atteintes à la légitimité exclusive et à la législation particulière de la communauté indigène, à d’autres retours de la loi des armes, à d’autres chantages à la mort.