L’ARNAQUEUR

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« Cet éclairage on ne peut le faire qu’à quatre. Faut qu’on éclaire à quatre. » PG
 
PREMIÈRE ARNAQUE : Le peuple calédonien avait placé 5 groupes politiques au Congrès, pas 4. Laisser la bande des 4 partis actuelle, qui a trahi le choix des urnes, s’introniser et choisir pour toujours le sort et la forme du pays, à 4, à la place du peuple, en fixant ça par référendum, est une arnaque et une forfaiture. Le pays du jour d’après le référendum ça n’existe pas. Après le référendum il n’y a pas « un pays », il y un deuxième référendum, d’autres élections locales et un troisième référendum. Ce n’est pas à la bande des 4 partis de définir, de décider, de fixer, de figer avant l’heure les formes et les institutions à leur convenance pour se fixer et se figer eux-mêmes au pouvoir, en nous refaisant le coup des signataires mais à perpétuité. C’est pendant ces intervalles et ces années des prochaines élections et des prochains référendums que le peuple pourra choisir la future Calédonie et les prochains représentants qui lui en proposeront les évolutions conformes aux résultats des référendums.
 
« Que nous quatre nous disions Voilà le jour d’après le référendum, que ce jour d’après soit l’indépendance ou soit pas l’indépendance. Que nous quatre nous disions voilà les 90% de convergences qui font qu’on est ensemble et voilà les 10% de divergences sur lesquelles on n’est pas d’accord. » PG
 
DEUXIÈME ARNAQUE : L’insistance que met Gomes à seriner perpétuellement et sur tous les airs son histoire des 90% de convergences entre les indépendantistes et les loyalistes révèlent bien l’escroquerie intellectuelle de cette lubie et le lavage de cerveau qu’il s’est juré de mener et de faire mener par ses communicants sur nous les Calédoniens pour nous faire entrer ça dans la tête. C’est donc toute l’économie, tout le droit, toutes les institutions, toute la culture, toutes les valeurs que nous aurions en commun et que nous jouerions à quatre mains, Wamytan, Goa, Néaoutyine et nous ?! Contre le misérable petit détail d’un siège à l’ONU ou pas qui nous ferait un tout petit peu diverger ?! Même pas 10%, même pas 1%, à peine 0,01% ! La propension de Gomes à nous prendre pour des cons a quelque chose de sidérant, franchit allègrement le mur du son et du con et dépasse de loin le record de Lafleur dans ce domaine, qui pourtant excellait dans ce type de mépris, l’élève ayant largement dépassé le maître. Faudrait vraiment que Gomes envisage de nous lobotomiser pour qu’on oublie que dans le cas d’une Calédonie indépendante et dans celui d’une Calédonie française c’est 100% de l’économie, du droit, des institutions, de la culture et des valeurs qui divergeront et partiront dans des directions diamétralement opposées.
 
https://www.youtube.com/watch?v=hpNze10f_VY

C’EST LE PÈRE MICHEL QUI A PERDU SA TCHATCHE ou ENCORE UN DÉBAT SUR LA DÉLINQUANCE POUR RIEN

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C’EST LE PÈRE MICHEL QUI A PERDU SA TCHATCHE

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ENCORE UN DÉBAT SUR LA DÉLINQUANCE POUR RIEN
 
Retranscription du débat sur la délinquance sur RNC vendredi dernier, A. Souche, Au cœur du débat, Blaise, Michel, Backes, Washetine, Tyuienon :
 
Michel la joue gentil, le gentil gars qui fait des efforts pour écouter tout le monde, tout le monde qu’est gentil aussi, comme lui, à Thio, Canala, Saint-Louis et Houailou qui sont des pauv’ victimes aussi et qui voudraient bien mais qui y peuvent rien contre ces « 30 à 40 jeunes » (sic), tout le monde qu’est gentil aussi, comme lui, au sénat coutumier et chez les femmes du COPIL, allo monsieur Marshall. Toujours trop gentil le gentil Michel qui veut de la « discussion », de la « sérénité », et pas de « politisation », et pas de « d’instrumentalisation », et qui renvoie les gens dos à dos, les racailles et les victimes, même qu’il faut en vouloir à personne « ni d’un côté, ni de l’autre », que c’est juste parce qu’il y a des mineurs et de l’alcool, faut en discuter (supprimer l’alcool ? supprimer les mineurs ?), même qu’il y a que lui de gentil, le gentil Ponce Pilate Michel. Ouais… il dit bien à voix basse que les « responsables politiques indépendantistes » exagèrent un peu en mettant tout ça sur le dos du passé, de la colonisation, de la société, mais pas trop fort, gentiment, sans trop dire que ces « responsables politiques indépendantistes » pourris de mauvaise foi c’est les gens victimes de Thio, Canala, Saint-Louis et Houailou qui les élisent, c’est le sénat coutumier et les femmes victimes du COPIL qui les élisent. Mais bon… enfin… il se lance, audacieusement, et prend le problème à bras le corps : Il va  » interroger le président du tribunal administratif » pour savoir s’il peut « ouvrir un débat », si il peut « chercher ce qu’il faut faire », si il « peut réglementer ». Waaaooohhh !!! Trop fort ! Son parti et son chef militent dur, toutefois, pour la prolifération des armes à feu en NC, ceci soit dit entre parenthèses…
 
La paire Washetine-Tyuienon, que Michel veut surtout pas froisser, des fois qu’ils le traitent de tous les noms, comme Wamytan sur le pauvre Brial, tient le même éternel discours que Wamytan l’insulteur : paroles paroles paroles, comme aurait dit Dalida, ou plutôt palabres, palabres, palabres, c’est la faute à tout l’univers sauf aux racailles, à leurs parents et à leurs chefs, ils sont outrés, on stigmatise, faut agir en amont, on les met à l’écart, c’est pas c’qu’était prévu dans les accords, halte à la répression, vivement des gendarmes et des avocats kanak, la sécurité c’est juste un enjeu électoral, le projet éducatif va tout régler, et tout ça c’est rien par rapport à la délinquance économique, et bla et bla et bla. Terre de paroles pour rien dire, civilisation millénaire de palabres à l’infini pour rien faire. Le solution radicale et miraculeuse des blablamen c’est  » qu’à un moment ou à un autre il va falloir qu’on se réapproprie un certain nombre de valeurs qui vaillent aussi dans la société occidentale comme les nôtres pour lesquelles nous.. et bla et bla ». Pfffff…
 
Backes elle, elle a poliment déroulé son catalogue de la Redoute des mesures répressives et sa liste au Père Noël-Père Fouettard des « 200 » délinquants, qui élargit un peu les 30 à 40 voyous de Michel, dont on se demande de quel chapeau elle a sorti cette pommade lénifiante des « 200 jeunes qui pourrissent la vie des Calédoniens » quand le Camp Est héberge entre 400 et 500 détenus et que le double ou le triple voire plus galope dehors dans la nature. Un listing de fessées et de coups de menton martiaux du RUMP et des Républicains dont on se demande aussi pourquoi ils ne l’ont jamais utilisé en dehors des périodes électorales. Comme Michel, elle l’a joué gentille en disant, la larme démago à l’œil, qu’il y avait aussi quelques jeunes kanak gentils pas voyous et qui réussissaient à l’école et au travail. Encore heureux qu’on sauve quelques Jean Waikédré « élu manager de l’ʹannée dans les trophées de l’ʹentreprise » ! Avec les milliers de milliards qui sont balancés sur l’école, la fac, les bourses, les 400 cadres, manquerait plus que ça !
 
Blaise, comme d’habitude, tranche sur la mauvaise foi menteuse des indépendantistes et sur la faiblesse pusillanime et impuissante des autres. Il a fait un constat et une description exacts et sans complaisance de l’insécurité en Calédonie, qui talonne celle de la Papouasie et auprès de laquelle l’ambiance du Bronx est un Eden. Le ton ferme de ses réponses était adapté aux idioties hypocrites des deux complices kanaky répétées en boucle dans une langue très approximative, genre « Je trouve assez dangereux le discours qui est porté sur la délinquance, parce qu’on voit qu’avec des préconisations qui sont dangereuses. Quand dans les déclarations qu’on ait pu entendre, quand on incite les gens dans les quartiers à se mettre en milice, je trouve que c’est grave. »
 
Philippe Blaise, puisque tu m’as demandé mon avis, je pense que tu es donc le seul qui ait parlé au micro de cette pauvre Souche, qui semble de plus en plus pathétiquement désespérée que ses émissions ne servent à rien et que personne ne s’y écoute. Ok pour les saisies d’alcool, ok pour les travaux forcés, puisque c’est de ça dont tu parles. Mais je trouve aussi que tu aurais dû souligner plusieurs choses :
 
– une action radicale contre l’alcool et le cannabis pouvant aller jusqu’à une prohibition temporaire.
– la faiblesse démago de la paire Michel-Backes, au diapason de celle de l’État et de ses forces de l’ordre.
– le dialogue de sourds, et donc vain, et complaisant, avec les indépendantistes, illustré par les propos de Washetine-Tyuienon et la rage de Wamytan envers Brial, qui sera forcément une donnée et une limite aux rêves de discussion de Michel et de répression de Backes.
– la délinquance située dans les hauts lieux des luttes indépendantistes et des violences terroristes, liée donc à la politique FLN, y trouvant source, alibi, excuse, justification et défenseurs.
– l’impuissance et l’indifférence des populations prétendument victimes aussi des délinquants.

– la malaise et le malheur de la jeunesse kanak, qui les plongent dans l’alcool, la drogue, la violence, la délinquance, qui ne sont pas dûs à la colonisation mais qui résultent de l’enfermement géographique, culturel, revanchard, coutumier, que leur imposent leurs familles, leurs clans, leurs castes, leurs chefs, leurs gourous politiques, niant leur individualité, leur autorité, leur liberté, leur modernité, leur responsabilité, leurs initiatives, leur ouverture vers l’extérieur et le monde.

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Retranscription  « ʺmot  à  mot »ʺ  R  NC1ère  7  OCT  2016  /MID  –  ACDD/Sécurité

Journaliste  :  Nos  invités,  ce  midi,  Sonia  Backes,  bonjour  !     Sonia  Backes  :  Bonjour  !     Journaliste  :  Philippe  Blaise,  bonjour  !     Philippe  Blaise  :  Bonjour  !     Journaliste  :  Charles  Washetine,  bonjour  !     Charles  Washetine  :  Bonjour  !     Journaliste  :  Philippe  Michel,  bonjour  !       Philippe  Michel  :  Bonjour  !     Journaliste  :  Et  nous  saluons  Gilbert  Tyuienon  en  direct  depuis  Canala.  Merci  à  tous   d’ʹavoir  accepté  notre  invitation.  Pour  commence  je  vous  propose  d’ʹécouter  l’ʹanalyse   d’ʹHarold  Martin,  lors  de  la  présentation  du  plan  d’ʹurgence,  sécurité  des  Républicains       Harold  Martin  :  Il  y  a  une  toile  de  fond  politique  derrière.  Et  donc,  ces  délinquants   politiques  viennent  ici  dans  les  communes  de  l’ʹagglomération  pour  nous  voler,  pour   nous  agresser,  au  motif  que  nous  souhaitons  rester  dans  la  France.  Eh  bien  ici,  c’ʹest  la   République,  donc  il  faut  que  l’ʹÉtat  assume  toutes  ses  responsabilités…     Journaliste  :  Charles  Washetine  est-­‐‑ce  que  vous  le  partagez,  est-­‐‑ce  que  vous  le   comprenez  ?  Qu’ʹest-­‐‑ce  que  vous,  vous  voyez  derrière  ?     Charles  Washetine  :  Je  vais  dire  que  j’ʹai  été  outré  par  les  propos  d’ʹHarold  Martin.   Compte  tenu  des  responsabilités  qu’ʹil  assume,  surtout  quand  on  aborde  un  sujet   aussi  difficile  que  (coupure)  pour  moi,  c’ʹest…,  alors  même  qu’ʹon  parle  des  valeurs  et   des  droits,  ça,  c’ʹest  de  la  responsabilité  des  politiques  pour  la  sortie  de  l’ʹAccord  de   Nouméa,  on  voit  bien  que  certaines  valeurs  aujourd’ʹhui  sont  remises  en  cause  par  ce   type  de  propos.   JMGSWsw 1
Journaliste  :  Sonia  Backes,  volontairement,  on  a  repris  cette  déclaration  choc.  C’ʹest   pour  montrer  que  la  situation  est  aujourd’ʹhui  particulièrement  grave,  qu’ʹest-­‐‑ce  que,   vous,  vous  voyez  derrière  ?     Sonia  Backes  :  Pour  régler  le  problème,  il  faut  pas  se  voiler  la  face,  c’ʹest-­‐‑à-­‐‑dire  qu’ʹil   faut  d’ʹabord  bien  identifier  la  problématique.  Aujourd’ʹhui,  c’ʹest  10  cambriolages  par   jour  et  on  a,  et  c’ʹest  une  réalité,  des  cambriolages  qui  sont  commis  par  des  mineurs  et   très  souvent  qui  sont  d’ʹorigine  de  la  Côte  Est.  C’ʹest  pas  moi  qui  le  dis,  c’ʹest  la  réalité.   Charles  Washetine  parle,  et  je  partage,  de  traiter  ça  avec  sérénité.  Mais,  aujourd’ʹhui,   les  Calédoniens  ne  sont  plus  sereins,  c’ʹest-­‐‑à-­‐‑dire  qu’ʹaujourd’ʹhui  moi  je  veux  bien   qu’ʹon  fasse  toutes  les  tables  rondes  et  toutes  les  discussions  de  la  terre,  sauf  que  la   situation  est  extrêmement  grave.  Elle  n’ʹa  jamais  été  aussi  grave.  Et  donc,  tout  ça  avec   sérénité,  mais  rapidement  et  de  manière  efficace.  C’ʹest-­‐‑à-­‐‑dire  que,  malheureusement,   on  a  beaucoup  parlé  de  ce  sujet-­‐‑là,  il  y  a  un  certain  nombre  de  comités  qui  sont  mis   en  place,  on  parle  encore  d’ʹen  discuter.  Il  y  a  des  mesures  qu’ʹon  sait  qu’ʹil  faut   prendre  et  qu’ʹil  faut  prendre  maintenant.  Avec  sérénité,  mais  avec  fermeté  et  il  faut   identifier  le  problème.  97  %  de  la  population  carcérale  est  kanake,  c’ʹest  pas  une   insulte  que  de  le  dire,  c’ʹest  une  réalité.  Plus  de  80  %  des  actes  sont  commis  sous   l’ʹemprise  de  l’ʹalcool,  c’ʹest  aussi  une  réalité.  Cette  réalité-­‐‑là,  il  faut  la  poser  et  il  faut  y   répondre  concrètement,  fermement.     Journaliste  :  Charles  Washetine  :     Charles  Washetine  :  Ça  s’ʹappelle  de  la  stigmatisation.  Si  aujourd’ʹhui  97  %  de  la   population…,  il  y  a  bien  des  causes  ?  Donc,  je  crois  que  ce  qui  nous  incombe  à  nous,   en  tant  que  responsables  politiques,  c’ʹest  d’ʹagir  en  amont.  Et  moi,  je  trouve  dommage   que  le  processus  de  l’ʹAccord  de  Nouméa  a  ouvert  un  challenge  formidable  pour  les   uns  et  les  autres  sur  la  base  de  notre  histoire  que  l’ʹon  sait  difficile.  Donc,  aujourd’ʹhui,   je  pense  qu’ʹon  a  besoin  de  sérénité  pour  contenir  ça.  C’ʹest  vrai  que  ça  parle,  97  %,   mais  dans  le  même  temps,  récemment,  nous  avons  accueilli  au  sein  du  Congrès  de  la   Nouvelle-­‐‑Calédonie  un  certain  nombre  de  jeunes  qui  ont  un  discours  totalement   différent,  un  discours  constructif  pour  l’ʹavenir.  Je  crois  qu’ʹil  faut  qu’ʹon  aborde  le  sujet   de  façon  sereine.       Journaliste  :  Philippe  Michel  comment  parler  de  ces  choses-­‐‑là  avec  sérénité  ?     JMGSWsw 2
Philippe  Michel  :  Je  crois  d’ʹabord  que  la  première  règle  pour  qu’ʹon  en  parle  avec   sérénité,  c’ʹest  qu’ʹon  ne  politise  pas,  ou  qu’ʹon  n’ʹinstrumentalise  pas  ce  débat,  ni  d’ʹun   côté,  ni  de  l’ʹautre.  Dire  que  la  délinquance  est  politique,  notamment,  parce  que  c’ʹest   ça  que  ça  veut  dire,  côté  indépendantiste,  c’ʹest  oublier…     Journaliste  :  Ce  concept,  ou  en  tout  cas  une  ébauche  de  ce  concept  de  délinquance   politique,  c’ʹest  aussi  en  filigrane,  des  propos  qu’ʹon  a  entendus  au  Congrès,  et  cette   fois,  dans  la  bouche  de  Rock  Wamytan       Philippe  Michel  :  C’ʹest  pour  ça  que  je  dis,  ni  d’ʹun  côté,  ni  de  l’ʹautre.  Quand  les   populations  de  Canala,  de  Thio,  ou  de  Houailou,  ou  de  Saint-­‐‑Louis  se  mobilisent   contre  les  vols  dans  les  écoles,  les  agressions  dans  les  dispensaires,  les  incendies  dans   les  collèges,  on  voit  bien  que  ce  sont  les  premières  qui  sont  touchées  par  cette   délinquance.  Quand  le  sénat  coutumier  reconnaît  que  la  jeunesse  kanake  est  sinistrée   et  réclame  un  plan  Marshall  à  ce  titre,  c’ʹest  effectivement  un  aveu.  Quand  au  COPIL   de  Saint-­‐‑Louis,  j’ʹai  les  associations  de  femmes,  notamment  de  la  tribu,  qui  viennent   m’ʹexpliquer  qu’ʹelles  en  peuvent  plus  des  30  ou  40  jeunes  qui  pourrissent  la  vie  des   1500  habitants  de  la  tribu,  on  voit  bien  que  tout  ça  n’ʹa  rien  de  politique.  Mais,  à   l’ʹinverse,  de  l’ʹautre  côté,  quand  j’ʹentends  des  responsables  politiques   indépendantistes  qui  on  l’ʹair  peu  ou  prou  de  justifier,  ou  d’ʹexpliquer,  ou  d’ʹexcuser   une  partie  de  la  délinquance  par  la  colonisation,  je  dis,  la  colonisation  a  bon  dos.   Parce  que  les  responsables  indépendantistes  gèrent  la  plupart  des  mairies,  ils  gèrent   plus  de  mairies  d’ʹailleurs  en  Nouvelle-­‐‑Calédonie  que  les  non-­‐‑indépendantistes,  ils   gèrent  deux  provinces  sur  trois,  ils  sont  5  membres  sur  11  au  Congrès  et  peut-­‐‑être   que  tout  ça  renvoie  à  leurs  propres  responsabilités  en  tant  que  gestionnaires  de  ces   communes  ou  de  ces  provinces.  Donc,  le  débat,  il  a  rien  de  politique.  La  politique  a   bon  dos  dans  cette  affaire,  et  surtout,  tout  ça  est  très  dangereux.  À  deux  ans  de  la   sortie  de  l’ʹAccord  de  Nouméa,  sur  un  problème  qui  est  un  vrai  problème,  qui   concerne  tout  le  monde,  tous  les  responsables  indépendantistes,  ou  pas,  qui  frappe   tous  les  Calédoniens,  en  ville  comme  en  brousse,  quelle  que  soit  leur  opinion   politique,  moi,  je  dis,  il  faut  pas  politiser  le  débat,  il  faut  traiter  sérieusement  la   question  en  s’ʹattaquant  aux  deux  causes  et  aux  deux  caractéristiques  principales  de  la   délinquance  en  Nouvelle-­‐‑Calédonie,  c’ʹest-­‐‑à-­‐‑dire,  la  part  des  mineurs  et  le  poids  de   l’ʹalcool.  Voilà  pour  moi  les  deux  sujets  de  discussion  majeurs  dans  cette  affaire.       JMGSWsw 3
Journaliste  :  Gilbert  Tyuienon,  comment  vous,  vous  avez  reçu  ces  déclarations,  avec   les  chiffres  des  vols  de  voitures,  qui  sont  volées  à  Nouméa  et  retrouvées   principalement  dans  des  villes  de  la  Côte  Est.  Ce  sont  des  chiffres  de  l’ʹÉtat.     Gilbert  Tyuienon  :  Moi,  je  voudrais  avant  tout  regretter  les  propos  du  maire  de   Paita,  parce  que  je  pense  que  ces  excès  de  paroles  et  de  positions  ne  sont  pas   conformes  à  la  volonté  qu’ʹon  a  inscrit  dans  le  cadre  de  l’ʹAccord  de  Nouméa.  Les   excès  sont  toujours  nuisibles  à  notre  société.  Moi,  ce  que  j’ʹen  dis,  c’ʹest  que  quand  on   parle  de  délinquance  politique,  c’ʹest  qu’ʹon  oublie  un  peu  trop  souvent  d’ʹoù  on  vient   et  on  oublie  un  peu  trop  souvent  la  situation  de  notre  pays  aujourd’ʹhui.  Il  faut  pas   oublier  que  beaucoup  de  nos  concitoyens  sont  encore  à  la  marge  de  notre  pays.  Il  y  a   un  malaise  qui  est  là,  il  y  a  des  gens  qui  se  sentent  exclus  de  leur  propre  pays  et  il  y  a   des  refuges  qui  sont  là  parce  que  par  rapport  à  ce  malaise-­‐‑là,  on  est  dans  l’ʹalcool,  on   est  dans  la  délinquance,  on  est  dans  le  cannabis,  parce  qu’ʹune  partie  de  notre   population  n’ʹest  pas  apaisée.  On  peut  essayer  de  trouver  toutes  les  raisons  possibles   et  imaginables,  mais  moi,  je  dis  que  le  grand  chantier  de  la  citoyenneté  calédonienne   n’ʹest  pas  encore  là.  Parce  qu’ʹon  l’ʹa  bien  vu  quand  il  y  a  des  fondamentaux  de  l’ʹAccord   de  Nouméa  qu’ʹil  a  fallu  débattre,  notamment  au  niveau  du  Congrès,  on  est  passé  à   côté,  je  pense,  là,  par  exemple,  à  la  mise  en  place  d’ʹune  loi  pour  la  protection  de   l’ʹemploi  local,  on  a  douté  là,  on  a  tergiversé,  alors  que  fondamentalement…     Journaliste  :  Gilbert  Tyuienon,  je  vais  quand  même  prendre  le  constat  officiel  de   l’ʹÉtat  qui  dit  :  Il  s’ʹagit,  en  Nouvelle-­‐‑Calédonie  ,  en  Nouvelle-­‐‑Calédonie,  de  faits   opportunistes  qui  ne  suivent  pas  des  plans  préétablis  et  soignés.  Comment  rattacher   les  problématiques  politiques  globales  à  ce  constat-­‐‑là  ?     Gilbert  Tyuienon  :  C’ʹest  le  malaise  dont  je  parle,  là.  C’ʹest  un  malaise  politique,  c’ʹest   un  malaise  économique,  c’ʹest  un  malaise  citoyen,  parce  qu’ʹon  ne  se  sent  pas  bien  chez   soi,  on  n’ʹest  pas  bien  chez  nous,  là.  Donc,  on  voit  souvent,  notamment  en  termes   d’ʹemplois,  on  est  écartés  des  postes  de  responsabilités,  voilà,  ce  n’ʹest  que  ça.  Quand   on  dit  rééquilibrage  et  partage  dans  l’ʹAccord  de  Matignon-­‐‑Oudinot  et  puis  de   l’ʹAccord  de  Nouméa,  c’ʹest  pas  pour  rien.  Parce  qu’ʹil  a  fallu  quand  même  essayer  de   rétablir  la  situation.  Donc,  stigmatiser,  que  ce  soit  la  population  de  Canala,  Thio,   Kouaoua,  de  Houailou,  je  dis  que  c’ʹest  pas  bien.  Parce  que,  là,  on  parle  de   délinquance,  mais,  allons  jusqu’ʹau  bout,  il  faut  tout  mettre  sur  la  table,  parce  que  là,   c’ʹest  deux  poids,  deux  mesures.  On  parle  de  cette  côte,  là,  mais  il  y  a  une  autre  forme   de  délinquance  dont  on  ne  parle  jamais,  c’ʹest  la  grande  délinquance  économique,   JMGSWsw 4
politique.  Et  ça,  on  le  sait  que  jamais  on  n’ʹen  parle,  donc,  obligatoirement  au  bout   d’ʹun  moment  il  y  a  des  excès.  Mais  je  dis  que  je  dis  que  ces  excès,  c’ʹest  ça  qui  nuit  en   fait  au  règlement  de  toutes  ces  situations-­‐‑là.  Il  faut  apaiser  le  débat  et  moi  je  suis   persuadé  qu’ʹil  faut  poursuivre  le  chantier  de  la  mise  en  place  de  la  citoyenneté   calédonienne,  parce  que  c’ʹest  par  là  qu’ʹon  y  arrivera.  Dans  ce  pays,  on  vit  encore  trop   à  l’ʹécart  des  uns,  des  autres,  on  vit  encore  de  manière  parallèle.  Vous  parlez  de  la   jeunesse  de  la  Côte  Est,  mais  beaucoup  d’ʹentre  eux  travaillent,  sinon,  ça  serait  pas   normal.     Journaliste  :  Philippe  Blaise  :     Philippe  Blaise  :  Moi,  je  suis  pas  venu  pour  commenter  les  déclarations  d’ʹHarold   Martin  ou  pour  tout  mélanger,  je  pense  qu’ʹil  faut  être  très  factuel.  Il  y  a  plusieurs   problèmes,  il  y  a  le  problème  de  la  jeunesse  délinquante,  il  y  a  le  problème  de  l’ʹalcool   qui  est  un  problème  qu’ʹil  faut  régler  et  il  y  a  le  problème  des  gangs,  parce  que  si  on   est  là,  aujourd’ʹhui,  à  discuter,  c’ʹest  parce  qu’ʹil  y  a  des  gangs.  La  plupart  des  gens,  la   majorité,  ils  se  lèvent  le  matin  pour  aller  travailler,  c’ʹest  des  gens  honnêtes,  mais  il  y  a   des  groupes  de  personnes,  peu  importe  les  raisons,  c’ʹest  pas  ça  le  problème,  le   problème,  c’ʹest  que  ces  gens-­‐‑là  viennent,  font  des  raids  organisés,  il  y  a  des  majeurs   qui  entraînent  des  mineurs  qui  les  encouragent  dans  des  rites  initiatiques  à  venir   cambrioler.  On  a,  aujourd’ʹhui,  en  Calédonie,  deux  fois  plus  de  cambriolages,  deux   fois  plus  de  vols  de  véhicules  qu’ʹen  métropole,  cette  situation  est  inacceptable.  La   question,  c’ʹest  pas  de  chercher  pourquoi,  quelle  cause,  c’ʹest  qu’ʹest-­‐‑ce  qu’ʹon  fait  ?  On   est  allé  voir  l’ʹÉtat,  à  un  moment  on  a  dit,  il  faut  que  ça  s’ʹarrête,  il  faut  faire  des   barrages  pour  attraper  les  gars  lorsqu’ʹils  essayent  de  revenir  sur  leur  repaire  avec  les   véhicules.  L’ʹÉtat  était  dans  le  déni.  Aujourd’ʹhui,  l’ʹÉtat  ne  peut  plus  se  cacher.   Aujourd’ʹhui,  il  ne  peut  plus  ignorer  la  réalité  puisque  les  chiffres  lui  sautent  au   visage.  Donc,  qu’ʹest-­‐‑ce  qu’ʹon  fait  ?  Alors,  effectivement,  à  partir  du  moment  où  on   sait  qu’ʹil  y  a  des  groupes  bien  identifiés  à  des  endroits  bien  identifiés,  là,  je  rejoins  la   proposition  qui  a  été  faite,  ben,  il  faut  mettre  des  barrages  pour  attraper  ces  gars-­‐‑là,   parce  que  le  problème,  c’ʹest  que  la  justice  n’ʹest  pas  efficace,  les  forces  de  l’ʹordre  font   leur  travail,  attrapent  les  personnes,  ces  gens-­‐‑là  sont  relâchés  peu  de  temps  après.  Il  y   a  pas  assez  de  places  de  prison,  on  sait  pas  faire,  donc,  il  faut  faire  de  la  prévention,  il   faut  empêcher  les  actes.  Donc,  qu’ʹest-­‐‑ce  qu’ʹon  fait  pour  lutter  contre  ces  gangs  qui   affichent  sur  Facebook  leurs  trophées,  les  photos,  (?)  rebels  Nakety,  Saint-­‐‑Louis,  on   les  connaît.  Comment  est-­‐‑ce  qu’ʹon  fait  pour  arrêter  ces  gens-­‐‑là  qui  deviennent  un   contre-­‐‑exemple  dangereux  pour  l’ʹensemble  de  la  jeunesse  kanake.  Et  après  il  faut   JMGSWsw 5
régler  d’ʹautres  problèmes,  c’ʹest  notamment  l’ʹalcool.  Donc,  là,  il  faut  qu’ʹon  ait  un   débat  parce  que  le  président  Michel  a  appelé  au  courage  et  à  la  détermination,  moi,  je   suis  d’ʹaccord,  il  faut  prendre  des  mesures.       Journaliste  :  Cette  notion  de  barrage,  Sonia  Backes,  c’ʹest  une  des  propositions  assez   fortes  que  le  groupe  les  Républicains  a  formulée.  Comment  vous  la  voyez.  Il  y  a  aussi   l’ʹinterdiction  de  séjour  de  délinquants  dans  la  commune  où  ils  auraient  commis  leurs   méfaits.     Sonia  Backes  :  L’ʹidée,  c’ʹest  pas  de  prendre  les  mesures  que  nous  proposons  les  unes   séparément  des  autres,  l’ʹidée,  c’ʹest  de  dire,  on  est  dans  une  spirale  infernale,  où  on   a…,  et  je  rejoins  Charles  Washetine  quand  il  disait,  il  faut  pas  stigmatiser  tout  le   monde.  On  a  des  vraies  réussites  de  jeunes  kanaks,  ça,  c’ʹest  une  réalité.  Moi,  j’ʹai   entendu  récemment  Jean  Waikédré  qui  est  plus  très  jeune,  mais  qui  a  été  élu  manager   de  l’ʹannée  dans  les  trophées  de  l’ʹentreprise.  C’ʹest  fantastique,  c’ʹest  des  belles  réussites   et  on  en  est  fier,  mais  on  a  200  jeunes  qui  pourrissent  la  vie  des  Calédoniens   aujourd’ʹhui,  ça,  c’ʹest  une  réalité.  Ce  qu’ʹon  a  dit,  c’ʹest  pour  arrêter  cette  spirale-­‐‑là,  il   faut  pas  faire  de  la  récup,  il  faut  pas  faire  du  coup  par  coup,  il  faut  pas  faire  tout  ça.  Il   faut  prendre  un  plan  d’ʹensemble,  tous  ensemble,  rapide,  cohérent,  coordonné.  Et   dans  ce  plan  d’ʹensemble,  il  y  a  l’ʹalcool,  plus  de  80  %  des  actes  sont  commis  sous   l’ʹemprise  de  l’ʹalcool  avec  un  certain  nombre  de  mesures  que  nous  proposons.  Il  y  a  la   question  des  mineurs.  Aujourd’ʹhui  les  mineurs  se  vantent,  ils  rentrent  au   commissariat,  ils  ressortent  et  ils  font  les  malins  parce  qu’ʹil  n’ʹy  a  aucune  réponse   pénale.  Et  puis,  il  y  a  les  forces  de  dissuasion.  Aujourd’ʹhui  on  a  plus  de  400  agents  à   la  police  nationale,  je  parle  de  la  commune  de  Nouméa,  et  on  a  le  vendredi  soir  et  le   samedi  soir,  seulement  10  personnes  sur  le  terrain,  deux  patrouilles.  Comment   voulez-­‐‑vous  que  les  Calédoniens  se  sentent  en  sécurité  ?  C’ʹest  pas  possible.  C’ʹest  pas   seulement  un  sentiment,  c’ʹest  la  réalité.  Il  suffit  qu’ʹil  y  ait  un  petit  accident  de  la  route   et  on  a  une  des  patrouilles  qui  est  prise  et  on  n’ʹa  plus  de  policiers  sur  le  terrain.  Et  la   force  de  dissuasion  est  sans  doute  au  moins  aussi  importante  que  les  policiers  qui   sont  dans  les  bureaux  en  train  d’ʹélucider  les  affaires.  Nous,  ce  qu’ʹon  dit,  c’ʹest  un  plan   d’ʹensemble,  alcool,  mineurs,  présence  policière  et  réponse  pénale,  parce   qu’ʹaujourd’ʹhui  il  n’ʹy  a  pas  une  réponse  pénale  suffisante.  Simplement  pour  répondre   à  Gilbert  Tyuienon  qui  disait  « ʺon  est  pas  bien  chez  nous »ʺ,  mais  moi  je  dis,  il  a  servi  à   quoi  le  rééquilibrage  ?  Les  500  milliards  qui  ont  été  donnés  à  la  province  Nord  et  à  la   province  des  Îles,  pour  permettre  justement  que  ces  jeunes-­‐‑là  se  sentent  bien  chez   eux  qu’ʹils  y  restent,  il  en  est  où  le  rééquilibrage  ?  Eh  bien,  je  crois  qu’ʹil  y  a  quand   JMGSWsw 6
même  un  déficit  clairement  de  politique  publique  de  la  part  notamment  de  la   province  Nord  pour  qu’ʹon  en  soit  là  aujourd’ʹhui.       Journaliste  :  Gilbert  Tyuienon  :     Gilbert  Tyuienon  :  Simplement  pour  dire  que  quand  j’ʹentends  la  proposition  des   Républicains,  on  croirait  revenu  à  la  période  de  l’ʹindigénat,  on  voit  où  ça  a  mené  le   pays,  on  va  faire  un  barrage  après  ce  sera  un  péage,  après  ce  sera  une  frontière,  il  faut   arrêter.  La  réalité  dont  souvent  beaucoup  de  nos  compatriotes  ignorent,  c’ʹest  que  le   système  gendarmerie  justice  aujourd’ʹhui  ne  correspond  pas  tout  à  fait  à  la  réalité  du   terrain.       Journaliste  :  Qu’ʹest-­‐‑ce  que  vous  proposez  ?     Gilbert  Tyuienon  :  Est-­‐‑ce  que  vous  trouvez  normal,  par  exemple,  que  dans  nos   communes  on  ait  pas  assez  d’ʹenfants  du  pays  dans  des  services  qui  s’ʹoccupent  de   l’ʹordre  et  de  la  justice  ?  Déjà  ça.  Il  y  a  ce  grand  chantier  à  mener  et  prétexter  que  le   chantier  du  rééquilibrage  a  tout  fait,  mais  non,  il  reste  encore  pas  mal  de  choses  à   faire.  Ça  fait  à  peine  30  ans.  Sonia  Backes  parle  de  500  milliards,  mais  l’ʹAccord  de   Matignon,  ça  fait  même  pas  30  ans.  C’ʹest  tout  un  rattrapage  qu’ʹil  a  fallu  opérer  parce   qu’ʹil  y  avait  rien  dans  le  Nord,  et  surtout  dans  les  îles.  Donc,  il  faut  aller  jusqu’ʹau   bout  de  cette  logique-­‐‑là,  c’ʹest  ce  que  je  dis,  c’ʹest  qu’ʹil  faut  aller  jusqu’ʹau  bout  des   fondamentaux  qui  ont  fait  qu’ʹon  a  ramené  la  paix  et  on  a  ramené  le  bien-­‐‑être  pour   pas  mal  de  gens  du  pays.  On  dit  simplement  que  ce  chantier-­‐‑là,  il  faut  pas   l’ʹabandonner,  il  est  encore  là  et  on  a  besoin  d’ʹêtre  ensemble  pour  ça.  Et  quand  on   parle  qu’ʹune  partie  de  notre  population  n’ʹest  pas  bien,  eh  ben,  il  y  a  qu’ʹà  regarder   toutes  les  représentations,  toutes  les  formes  d’ʹorganisations  de  notre  pays  et  faites  le   constat  aujourd’ʹhui,  vous  verrez  qu’ʹil  manque  encore  des  Kanaks  dans  toutes  les   instances,  les  directions  de  ce  pays,  ou  de  consultation  de  ce  pays,  voilà,  c’ʹest  tout.   Moi,  je  ne  stigmatise  personne,  je  dis  simplement  que  le  chantier  qui  nous  a  menés  à   aujourd’ʹhui,  c’ʹest  le  fameux  pari  sur  l’ʹintelligence,  il  faut  le  poursuivre.  Et  le   poursuivre,  c’ʹest  faire  de  telle  sorte  que  chacun  retrouve  sa  place  et  sa  vraie  place   dans  la  vie  du  pays.  Vous  parlez  souvent  des  trois  communes,  là,  de  la  Côte  Est,   Thio,  Canala,  Kouaoua,  Houailou,  regardez,  ce  sont  des  communes  minières,  eh  ben,   chez  nous,  il  y  a  même  pas  une  seule  société  kanake  minière,  parce  que,  c’ʹest  encore   les  autres  qui  exploitent  cette  richesse-­‐‑là,  donc,  ça  va  jusque-­‐‑là.  Donc,  c’ʹest  la  juste   place  de  chacun  dans  la  vie  du  pays.     JMGSWsw 7
Journaliste  :  Qu’ʹest-­‐‑ce  que  vous  proposez  concrètement  aujourd’ʹhui  pour  agir  ?     Charles  Washetine  :  Ce  qui  est  sûr,  c’ʹest  que  les  solutions  que  préconisent   aujourd’ʹhui  les  Républicains,  un  État  avec  des  policiers  à  chaque  coin  de  rue,  le  tout   répressif  ne  réglera  pas  le  problème.  Moi,  je  continue  à  dire  que  la  solution  doit  être   trouvée  en  amont.  En  amont,  ça  veut  dire  qu’ʹil  y  a  tout  un  travail.  Aujourd’ʹhui,  on  est   en  train  de  travailler  sur  le  projet  éducatif.  La  question  de  l’ʹéducation  est  une   question  centrale  et  je  crois  que,  malheureusement,  je  constate  que  ceux  qui,   aujourd’ʹhui,  préconisent  ce  type  de  solutions  ont  rejeté  le  projet  éducatif  où  il  est   question  de  revoir  notre  système  éducatif  qui  précisément  ne  permet  pas  aux  enfants   d’ʹici  de  réussir,  et  parce  qu’ʹils  n’ʹarrivent  pas  à  voir  des  diplômes,  n’ʹarrivent  pas  à   trouver  de  l’ʹemploi.  Résultat  de  la  course,  ce  sont  ces  catégories  de  jeunes  aujourd’ʹhui   qui  ne  sont  plus  encadrées  par  les  parents,  et  je  pense  que  c’ʹest  davantage  une   délinquance  urbaine,  c’ʹest  une  question  qui  est  d’ʹabord  une  question  de  société.  Il   faut  traiter  le  sujet  dans  le  contexte  qui  est  le  sien.  Donc,  c’ʹest  quoi  les  solutions  en   amonts  ?  Je  crois  qu’ʹà  un  moment  ou  à  un  autre  il  va  falloir  qu’ʹon  se  réapproprie  un   certain  nombre  de  valeurs  qui  vaillent  aussi  dans  la  société  occidentale  comme  les   nôtres  pour  lesquelles  nous…     Journaliste  :  Quand  vous  voyez  que  les  cambriolages  ont  augmenté,  en  8  mois  de   24  %,  le  projet  éducatif,  c’ʹest  une  affaire  de  longue  haleine.     Charles  Washetine  :  C’ʹest  une  affaire  de  longue  haleine,  mais  aujourd’ʹhui,  de  dire   que  les  jeunes…,  est-­‐‑ce  que  seulement  on  a  essayé  de  comprendre  pourquoi  ils  en   sont  rendus  là  ?       Sonia  Backes  :  C’ʹest  pas  qu’ʹil  faille  amener  les  Calédoniens  et  en  particulier  les   Océaniens  à  la  réussite,  on  est  tous  demandeurs  de  ça.  Il  faut  leur  donner  les  moyens,   il  faut  mettre  en  place  des  systèmes  qui  leur  permettent  d’ʹêtre  accompagnés  et  de   réussir,  je  suis  la  première  à  le  dire,  à  réussir  des  diplômes,  à  avoir  des  emplois,  c’ʹest   cette  intégration-­‐‑là  qui  fera  qu’ʹon  en  sortira.  Je  suis  complètement  d’ʹaccord  avec  toi,   mais,  là,  on  a  200  jeunes  qui  pourrissent  la  vie  des  Calédoniens.     Philippe  Blaise  :  Les  indépendantistes  sont  empêtrés  dans  un  mélange,  avec  la   politique,  le  colonialisme,  mais  il  faut  arrêter,  parce  que,  on  discutait,  hier,  au   Congrès,  avec  (?)  de  Lifou,  qui  disait  que  chez  eux,  il  y  a  une  éducation  des  enfants,   JMGSWsw 8
donc,  il  faut  arrêter  de  dire  que  tout  s’ʹexcuse  par  ces  choses-­‐‑là.  Quand  on  me  parle  de   la  calédonisation,  la  police  nationale,  elle  est  ultra  calédonisée,  faut  arrêter  !  À  un   moment,  il  faut  pas  se  cacher.  Ma  question,  c’ʹest  :  quel  pays  on  veut  construire  pour   l’ʹavenir  ?  Parce  que  le  jour  où,  si  vous  arrivez  à  faire  un  État  indépendant,  le   problème  ne  va  pas  disparaître  du  jour  au  lendemain.  Donc,  à  un  moment,  je  pense   qu’ʹil  faut  dissocier  la  question  politique  de  la  question  sociétale.  La  réalité,  c’ʹest  que   dans  les  années  90,  il  y  a  eu  beaucoup  d’ʹenfants  qui  sont  nés,  dans  des  ménages,  que   ces  enfants  vivaient  en  brousse,  qui  sont  venus  sur  la  ville,  qui  n’ʹont  pas  été  éduqués   comme  il  faut,  qui  sont  déstructurés,  donc,  il  y  a  une  vague  démographique  qui   arrive  à  l’ʹâge  de  la  maturité,  de  la  délinquance,  donc,  on  doit  gérer  ce  problème-­‐‑là.   Arrêtons  d’ʹêtre  dans  le  déni.  Prenons  les  problèmes  :  d’ʹabord,  les  gangs,  il  faut  les   casser,  il  faut  se  donner  les  moyens.  C’ʹest  tout.  Il  y  a  des  axes  de  passage,  on  doit  les   bloquer,  on  doit  prendre  des  mesures  à  la  hauteur  du  problème.  Deuxième  chose,  il   faut  régler  le  problème  de  l’ʹalcool,  et  là,  je  m’ʹexcuse,  mais  on  a  eu  des  débats  au   Congrès,  où,  nous,  on  a  fait  des  propositions  pour  donner  aux  forces  de  police  la   possibilité  de  confisquer  l’ʹalcool.  Alors,  il  y  a  une  étude  juridique  à  faire,  mais  ce  qui   m’ʹa  choqué,  c’ʹest  que  dans  le  débat,  il  y  avait  une  opposition  de  principe  de  nos   collègues  indépendantistes  sur  un  renforcement  de  la  répression  en  matière  d’ʹalcool.   Donc,  là,  il  y  a  un  tabou  et  je  ne  sais  pas  pourquoi.  C’ʹest  pas  possible  que  dans  ce   pays,  on  s’ʹinterdise  de  régler  ce  problème,  parce  qu’ʹon  sait  que  la  violence  est   corrélée  à  l’ʹalcool.  En  Nouvelle-­‐‑Calédonie,  il  y  a  dix  fois  plus  d’ʹivresse  publique   manifeste  par  habitant,  qu’ʹen  métropole.     Journaliste  :  Philippe  Michel,  vous  vous  êtes  engagé  publiquement  à  ouvrir  ce  débat.   Concrètement,  quand,  comment  ?     Philippe  Michel  :  J’ʹai  interrogé  le  président  du  tribunal  administratif  comme  j’ʹen  ai   le  pouvoir,  pour  savoir  si  j’ʹai  la  capacité,  en  province  Sud,  à  réglementer  la  question   ou  pas,  parce  qu’ʹil  faut  savoir  ce  qu’ʹon  peut  faire.  Si  la  réponse  est  oui,  j’ʹouvrirai  ce   débat  à  la  province  Sud,  si  la  réponse  est  non,  et  que  le  débat  doit  être  ouvert  au   Congrès,  je  demande  à  ce  que  ce  débat  soit  ouvert  au  Congrès,  parce  que  si  la  société   calédonienne  en  est  là  aujourd’ʹhui,  c’ʹest  parce  que  les  élus  politiques,  au  sens  large,   tout  comme  la  population  d’ʹailleurs,  jusqu’ʹà  présent,  ils  ont  eu  une  trop  grande   permissivité,  une  trop  grande  acceptation  de  choses  qui  sont  totalement  anormales,   notamment,  en  ce  qui  concerne  l’ʹabus  d’ʹalcool,  les  homicides  par  armes  à  feu,  etc.   donc,  il  faut  ouvrir  ce  débat.  De  toute  façon,  les  choses  sont  très  simples  :  nous  avons,   nous,  élus,  collectivement,  indépendantistes  et  non  indépendantistes,  la   JMGSWsw 9
responsabilité,  c’ʹest  pour  ça  qu’ʹon  est  élu,  de  faire  en  sorte  que  la  société   calédonienne  puisse  continuer  d’ʹavancer,  de  faire  en  sorte  qu’ʹon  puisse  sortir  de   l’ʹAccord  de  Nouméa,  etc.  On  a  donc  la  responsabilité  de  nous  organiser  entre  nous   pour  traiter  ces  problèmes,  parce  que  je  pense,  qu’ʹon  soit  indépendantiste  ou  non   indépendantiste,  tout  le  monde  reconnaît  que  la  montée  de  la  délinquance  est  en   train  de  faire  peser  des  risques  sur  la  cohésion  du  pays  et  sur  la  sortie  de  l’ʹAccord  de   Nouméa.     Journaliste  :  Pourquoi  ça  marcherait  maintenant  ?  Il  y  a  eu  beaucoup  de  déclarations   d’ʹintention…     Philippe  Michel  :  Jusqu’ʹà  présent,  cette  discussion  n’ʹa  jamais  eu  lieu  au  plus  haut   niveau  politique.  Pour  la  première  fois,  l’ʹannée  dernière,  on  a  décidé,  au  comité  des   signataires,  de  poser  au  centre  des  débats  la  question  effectivement  de  la  lutte  contre   l’ʹinsécurité  et  la  délinquance.  On  s’ʹest  mis  d’ʹaccord,  tous  ensemble,  pour  demander  à   l’ʹÉtat  la  rénovation  du  Camp  Est  et  l’ʹamélioration  des  moyens  de  justice,  on  s’ʹest  mis   d’ʹaccord,  tous  ensemble,  pour  demander  la  construction  d’ʹun  centre  pénitentiaire  en   province  Nord,  le  Premier  ministre  est  venu,  nous  a  expliqué  qu’ʹil  avait  compris  le   message,  et  qu’ʹil  était  conscient  des  problèmes  de  la  montée  de  l’ʹinsécurité  en   Nouvelle-­‐‑Calédonie,  il  faut  donc  poursuivre  ce  débat  au  plus  haut  niveau,  et   l’ʹorganiser,  parce  que  c’ʹest  notre  responsabilité  vis-­‐‑à-­‐‑vis  de  nos  électeurs.  Et  il  s’ʹagit   pas  de  se  disputer  sur  le  sujet  entre  indépendantistes  ou  non  indépendantistes.  Il   s’ʹagit  de  trouver  le  moyen  de  régler  le  problème  parce  que  c’ʹest  pour  ça  qu’ʹon  est   élus.  C’ʹest  la  raison  pour  laquelle  je  demande  qu’ʹil  n’ʹy  ait  pas  d’ʹinstrumentalisation   politique  à  l’ʹapproche  des  élections,  à  la  veille  de  la  sortie  de  l’ʹAccord  de  Nouméa,  et   qu’ʹon  soit  capables  d’ʹorganiser  ce  débat  et  d’ʹassumer  sérieusement  nos   responsabilités,  parce  que,  effectivement,  il  y  a  tout  un  tas  de  problèmes,  et  il  y  a   surtout  des  Calédoniens  qui  n’ʹen  peuvent  plus,  et  qui  attendent  de  nous  des   réponses.     Philippe  Blaise  :  Il  faut  se  dire  les  choses.     Journaliste  :  Gilbert  Tyuienon,  on  disait  que  les  élus  indépendantistes  n’ʹétaient   forcément  favorables  à  une  législation  sur  l’ʹalcool  sur  la  voie  publique.  Est-­‐‑ce  que,   aujourd’ʹhui,  vous  êtes  prêts  à  agir  ?     JMGSWsw 10
Gilbert  Tyuienon  :  Non,  c’ʹest  faux  de  penser  ça,  puisque  dans  nos  instances   politiques,  on  en  discute  régulièrement.  Le  plan  ISA,  nous  l’ʹavions  assez  fortement   soutenu.  Je  suis  assez  d’ʹaccord  sur  ce  qui  vient  d’ʹêtre  dit,  il  ne  faut  pas  stigmatiser  les   choses  et  poursuivre  la  discussion,  le  débat,  parce  qu’ʹon  a  tendance  à  oublier  que  la   société  calédonienne  n’ʹest  pas  homogène.  C’ʹest  cette  non  homogénéité  qui  fait  la   difficulté  de  gérer  les  choses.  Par  exemple,  dans  la  vie  de  tous  les  jours,  un  mariage   en  milieu  kanak  ou  wallisien,  c’ʹest  pas  pareil  que  chez  les  Calédoniens.  C’ʹest   simplement  la  manière  dont  on  vit  dans  ce  pays  qui  fait  que  ça  (?)  un  peu  plus  de   difficultés.  Tout  le  monde  est  dépassé,  là,  parce  que  rejeter  les  choses,  comme  ça,  je   répondrais  qu’ʹen  stigmatisant  les  autorités  coutumières,  on  a  oublié  qu’ʹon  leur  a   enlevé  la  compétence  de  police  coutumière  qui  existait.     Journaliste  :  De  réintroduire  une  forme  de  police  coutumière  ?     Gilbert  Tyuienon  :  De  la  réintroduire,  ou  pas,  mais  c’ʹest  de  dire  qu’ʹil  faut  poser   convenablement  les  discussions  et  par  exemple,  dans  les  communes,  dans  la  mise  en   place  de  comités  de  prévention  délinquance,  on  parle  de  ça.  Donc,  les  coutumiers   sont  intéressés  à  la  chose.  Mais  il  faut  ouvrir  convenablement  les  discussions  et  en   parler  en  toute  sérénité.  Poser  rapidement,  comme  ça,  des  solutions,  c’ʹest  encore  des   pansements  sur  des  blessures  qui  ne  vont  jamais  guérir,  donc,  (?),  on  s’ʹen  sortira   jamais.     Journaliste  :  Philippe  Blaise  :     Philippe  Blaise  :  C’ʹest  vrai  qu’ʹon  doit  aussi  prendre  en  considération  des  réalités   locales,  c’ʹest-­‐‑à-­‐‑dire,  il  y  a  une  plainte  qui  remonte  souvent,  c’ʹest  que  les  parents  ne   comprennent  pas  qu’ʹils  puissent  être  poursuivis  en  justice  quand  ils  astiquent  leurs   gosses.  Mais  c’ʹest  vrai  qu’ʹil  y  a  des  situations  où  il  faut  laisser  les  parents  assurer   l’ʹéducation  de  leurs  enfants,  ce  qui  passe  par  les  corrections.  Et  c’ʹest  une  absurdité   d’ʹavoir  une  justice  qui,  d’ʹun  côté  libère  avec  un  simple  rappel  à  l’ʹordre  des   multirécidivistes,  et  qui  va  sanctionner  des  parents  qui  exercent  leur  rôle  de  parents.   Le  problème,  il  n’ʹest  pas  qu’ʹà  nous,  Calédoniens,  il  y  a  aussi  un  problème  de  la  justice   française.  Je  suis  bien  content  que  madame  Taubira  soit  partie,  et  que  même  chez  les   socialistes,  on  ait  dit  qu’ʹelle  n’ʹavait  pas  fait  que  du  bon  boulot,  c’ʹest-­‐‑à-­‐‑dire  qu’ʹil  y  a   quand  même  un  revirement,  et  Jean-­‐‑Jacques  Urvoas  qui  dit  :  ça  suffit,  le  laxisme,  il   faut  10  à  16  mille  places  de  prison  supplémentaires,  même  les  gens  de  gauche  le   disent.  À  un  moment,  il  faut  mettre  les  gens  en  prison,  il  faut  que  la  justice,  ça  soit   JMGSWsw 11
pas  simplement  une  petite  réprimande  pour  des  gens  qui  sont  devenus  des   multirécidivistes,  mais  qu’ʹon  les  empêche  de  recommencer.  Et  je  pense  qu’ʹil  faut  que   les  juges  laissent  un  peu  faire  les  parents  ce  qu’ʹils  ont  à  faire.     Gilbert  Tyuienon  :  C’ʹest  pour  ça  que  je  disais  qu’ʹil  fallait  adapter  le  binôme   gendarmerie  –  justice  à  la  réalité  de  notre  pays,  et  ça,  tant  qu’ʹon  n’ʹy  arrivera  pas,  on   sera  toujours  dans  la  situation  dans  laquelle  on  est.  Un  Kanak  premier  avocat  vient   de  prêter  serment.  Il  faut  tenir  compte  de  ça.  Ça  veut  dire  qu’ʹil  y  a  des  situations  qui   sont  pas  normales,  il  faut  y  remédier.     Journaliste  :  Gilbert  Tyuienon,  la  sécurité  est  quand  même  un  sujet  qui  est  rarement   consensuel.  Comment,  les  uns  et  les  autres,  allez-­‐‑vous  les  aborder  ?     Gilbert  Tyuienon  :  La  première  des  choses,  c’ʹest  de  s’ʹextraire  des  contraintes  de  la   politique.  J’ʹai  peur  que  pour  nos  amis  anti  indépendantistes  la  sécurité  soit  encore  un   enjeu  électoral.  Si  on  est  partis  comme  ça,  on  est  mal  partis.  Ça  commence  par  ça,  il   faut  aplanir  ce  sujet-­‐‑là  et  ne  pas  en  faire  un  sujet  électoral.  Si  on  considère  que  le   problème  nous  concerne  en  tant  que  citoyens  calédoniens,  on  y  arrivera  ensemble.     Journaliste  :  Sonia  Backes,  comment  faire  avancer  les  choses  sans  en  faire  un  enjeu   électoral  ?     Sonia  Backes  :  La  question  des  Calédoniens  n’ʹest  pas  de  savoir  si  on  en  fait  un  enjeu   électoral,  le  problème,  c’ʹest  qu’ʹils  se  font  cambrioler.  Tous  les  soirs,  il  y  a  dix   cambriolages  par  nuit.  Il  n’ʹy  a  pas  d’ʹenjeu  électoral.  Ça  a  été  dit  par  Philippe  Michel   au  dernier  comité  des  signataires,  on  a  évoqué  un  certain  nombre  de  choses,  et  puis   concrètement,  on  est  sorti  de  la  dernière  visite  du  Premier  ministre  avec  de  nouvelles   expertises,  avec  une  mission  de  la  police,  de  la  gendarmerie,  tout  un  tas  de  nouveaux   rapports.  Je  crois  que,  tous  ensemble,  et  de  manière  sereine,  il  faut  qu’ʹon  passe  à   l’ʹacte.  Et  je  voudrais  revenir  sur  cette  question  de  responsabilisation  des  familles.   Nous,  on  propose  un  arsenal  qui  est  plutôt  répressif.  Il  y  a,  bien  évidemment,  un   travail  à  faire  de  prévention  pour  que  cette  situation  ne  se  reproduise  pas  dans  15  à   20  ans,  sauf  que,  là,  aujourd’ʹhui,  c’ʹest  un  arsenal  répressif  qu’ʹil  nous  faut.  Et  il  faut   responsabiliser  les  familles,  et  nous,  on  propose  de  supprimer  les  allocations   familiales  pour  les  mineurs  récidivistes.  C’ʹest  la  moindre  des  choses.  Quand  un   parent  n’ʹest  pas  capable  de  s’ʹoccuper  correctement  de  son  enfant,  il  a  pas  à  toucher   les  allocations  familiales,  et  puis,  pour  revenir  sur  le  débat  qui  a  animé  le  Congrès,  la   JMGSWsw 12
semaine  dernière,  la  question  du  centre  éducatif  fermé  :  nous,  ce  qu’ʹon  considère,   c’ʹest  que  la  question,  elle  est  pas  d’ʹenfermer  les  jeunes  ou  pas,  la  question,  elle  est  de   les  remettre  dans  le  droit  chemin,  et  pour  les  remettre  dans  le  droit  chemin,  il  faut  les   faire  travailler,  et  on  propose  qu’ʹil  y  ait  un  centre  éducatif  surveillé  et  de  travail,  c’ʹest-­‐‑ à-­‐‑dire  qu’ʹon  réapprenne  à  ces  jeunes  qui  sont  sortis  du  droit  chemin,  à  se  lever  le   matin,  à  se  raser,  à  se  laver  et  à  travailler…     Philippe  Michel  :  Non,  il  nous  manque  cet  outil  dans  la  palette.     Sonia  Backes  :  La  (?)  de  travail,  elle  est  importante,  parce  que,  enfermé  au  Camp  Est,   on  le  voit  bien,  on  a  tout  un  tas  de  jeunes  qui  sont  attrapés  suralcoolisés,   surcannabisés,  et  quand  on  les  a  désalcolisés  et  décannabisés,  ils  sont  gentils  comme   tout.  Ces  gens-­‐‑là,  on  les  enferme  au  Camp  Est,  et  ils  ne  font  rien.  Je  suis  convaincue   que,  ceux-­‐‑là,  il  faut  leur  réapprendre  ce  que  c’ʹest  la  vie,  se  lever,  se  laver,  etc.,  et   travailler.     Journaliste  :  Charles  Washetine,  plus  de  répression,  c’ʹest  pour  vous  possible  à   admettre  ?     Charles  Washetine  :  Non,  moi,  je  suis  pas  dans  le  tout  répressif.  Je  crois  qu’ʹil  y  a  des   solutions  aujourd’ʹhui  qui  démontrent  qu’ʹil  y  a  des  possibilités  de  réinsertion  des   jeunes.  Moi,  je  viens  d’ʹune  tribu,  à  Maré,  une  tribu  de  200  personnes,  il  y  a  des   familles  d’ʹaccueil  des  jeunes  et  on  voit  que  les  jeunes  dans  une  réinsertion…,  parce   que  c’ʹest  des  jeunes  qui  étaient  plutôt  ici,  sur  Nouméa.  Ils  ont  quitté  les  familles,  les   réintroduire  dans  un  milieu  où  justement  ils  travaillent,  parce  qu’ʹils  participent  à  la   vie  en  collectivité.  Et  donc,  là,  résultat  de  la  course,  ils  se  sont  apaisés.  Donc,  moi,  je   sûr  qu’ʹaprès  ce  séjour,  ils  reviendraient  ici,  ils  ne  seraient  pas  dans  des  gangs,  comme   dit  Philippe.  Je  trouve  assez  dangereux  le  discours  qui  est  porté  sur  la  délinquance,   parce  qu’ʹon  voit  qu’ʹavec  des  préconisations  qui  sont  dangereuses.  Quand  dans  les   déclarations  qu’ʹon  ait  pu  entendre,  quand  on  incite  les  gens  dans  les  quartiers  à  se   mettre  en  milice,  je  trouve  que  c’ʹest  grave.  Oui,  parce  que  c’ʹest  des  solutions  que  vous   préconisez,  que  les  gens  se  fassent  justice…,  c’ʹest  ce  qu’ʹon  a  entendu.       (partie  inaudible,  tout  le  monde  parle  en  même  temps)     Philippe  Blaise  :  On  a  des  gens  qui  s’ʹaffichent  avec  des  armes  qu’ʹils  ont  volées,  avec   des  véhicules  volés.  Cette  culture,  il  faut  y  mettre  un  terme.  Il  faut  effectivement  faire   JMGSWsw 13
de  l’ʹéducation,  il  faut  toute  une  chaîne  de  réinsertion  par  le  travail,  parce  que  la   prison  ne  doit  pas  être  une  usine  à  délinquants  professionnels,  il  faut  donc,   effectivement  envoyer  ces  gens  faire  du  reboisement.  La  province  Sud  a  mis  en  place   un  dispositif,  participe,  il  faut  que  ce  soit  généralisé.  Il  n’ʹy  a  rien  de  pire,  je   comprends  quand  on  dit,  attention  à  la  stigmatisation,  mais  il  n’ʹy  a  rien  de  pire  que  le   déni,  parce  que  ça  devient  une  question  de  justice  sociale.  Les  gens  qui  se  font  voler,   c’ʹest  des  jeunes,  c’ʹest  des  pauvres,  c’ʹest  des  vieux.  On  leur  enlève  le  véhicule,  ça  veut   dire  la  condamnation  à  mort  économique.  Il  faut  que  ça  s’ʹarrête.  C’ʹest  pas  acceptable   qu’ʹen  Nouvelle-­‐‑Calédonie,  en  2016,  il  y  ait  des  gens  dont  on  brise  la  vie  parce  qu’ʹon   vole  leur  voiture.     Journaliste  :  Quelle  méthode  ?  C’ʹest  un  débat  au  Congrès  ?     Philippe  Michel  :  C’ʹest  dans  chaque  instance  que  ça  doit  avoir  lieu  parce  que  le   problème  concerne  tout  le  monde  et  qu’ʹil  a  pris  une  acuité  telle  qu’ʹil  remet  en  cause  le   processus  du  vivre  ensemble.  Donc,  au  comité  des  signataires,  on  doit  parler   sérieusement  de  cette  affaire,  dans  chaque  assemblée  de  province,  on  doit  parler   sérieusement  de  cette  affaire  et  prendre  des  initiatives  utiles.  Dans  chaque  conseil   municipal,  on  doit  effectivement  discuter  sérieusement,  faire  des  propositions,   prendre  des  mesures,  et  au  Congrès,  on  doit  effectivement,  avoir  ce  débat,  parce   qu’ʹon  est  élus  pour  assumer  nos  responsabilités,  et  qu’ʹon  peut  pas  tous  dire,  soit  c’ʹest   la  faute  à  l’ʹalcoolisation,  soit  c’ʹest  la  faute  à  l’ʹÉtat  qui  met  pas  assez  de  policiers  ou  de   gendarme,  soit  c’ʹest  la  faute  à  je  ne  sais  qui.  Assumons  nos  responsabilités  et  ayons  ce   débat,  parce  que  c’ʹest  ce  que  les  Calédoniens  attendent  de  nous.     Journaliste  :  J’ʹinsiste  :  dans  ces  responsabilités,  l’ʹÉtat  en  a  la  plus  grande,  à  savoir  le   maintien  de  l’ʹordre.  Qu’ʹest-­‐‑ce  que  vous  attendez  de  lui,  là,  maintenant  ?     Philippe  Michel  :  Concrètement,  on  est  en  discussion  avec  l’ʹÉtat  pour  la  construction   d’ʹune  gendarmerie  au  Mont-­‐‑Dore,  d’ʹune  gendarmerie  à  Dumbéa,  d’ʹune  gendarmerie   à  Bourail,  donc,  j’ʹaimerais  bien  que  ces  affaires-­‐‑là,  elles  sortent,  et  qu’ʹeffectivement,  ce   dont  on  a  besoin  soit  fait.  Concrètement,  à  la  province  Sud,  nous  avons  demandé  la   création  d’ʹune  brigade  spécialisée  de  prévention  de  la  délinquance  juvénile,  chez  les   gendarmes,  comme  il  en  existe  partout  ailleurs,  sauf  en  Nouvelle-­‐‑Calédonie.  Donc,   on  souhaite  une  réponse  sur  ce  sujet.  Concrètement,  nous  avons  demandé  à  l’ʹÉtat   d’ʹassumer  ses  responsabilités  sur  le  Camp  Est  et  l’ʹantenne  pénitentiaire  du  Nord.   J’ʹespère  que,  notamment  le  dossier  du  Nord,  avancera  concrètement.  Sur  la  justice,  il   JMGSWsw 14
nous  faut  plus  de  juges,  plus  de  greffiers,  etc.,  et  nous,  de  notre  côté,  dans  les   communes,  dans  les  provinces  et  au  Congrès,  on  a  des  décisions  à  prendre.  Le  débat   sur  l’ʹalcoolisation  et  la  consommation  d’ʹalcool  sur  la  voie  publique,  c’ʹest  un  débat   majeur.  Il  faut  traiter  ce  dossier  une  fois  pour  toutes.  Et  tout  est  à  l’ʹavenant.   Simplement,  il  faut  éviter  la  stigmatisation,  l’ʹinstrumentalisation  politique,  parce  que   là,  par  contre,  c’ʹest  sûr  qu’ʹon  va  juste  se  disputer  entre  nous,  et  on  n’ʹavancera  pas   collectivement  sur  le  sujet.     Journaliste  :  Philippe  Blaise,  le  mot  de  la  fin  :     Philippe  Blaise  :  Il  faut  pouvoir  confisquer  l’ʹalcool.  Il  y  a  un  problème  juridique  à   régler,  c’ʹest  le  pouvoir  des  communes  par  rapport  à  l’ʹÉtat,  mais  c’ʹest  notre   responsabilité  à  nous  tous  seuls.  Ce  que  j’ʹattends  de  l’ʹÉtat,  c’ʹest  qu’ʹil  y  ait  des   barrages  sur  les  axes  qui  mènent  aux  endroits  dont  on  sait  qu’ʹils  vont  y  ramener  les   véhicules  volés,  pour  mettre  un  terme  à  cette  situation.  Après,  il  y  a  peut-­‐‑être  une   politique  de  fond  à  mener,  de  façon  à  ce  que  les  sanctions  soient  assorties  de  peines   qui  soient  exécutées  pour  que  la  réponse  soit  immédiate  et  pertinente.     Journaliste  :  Merci  à  tous  !       JMGSWsw 15