QUAND LES POLITICIENS VOLENT LE RÉFÉRENDUM DU PEUPLE

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POURQUOI LES INDÉPENDANTISTES VEULENT VRAIMENT DE CE RÉFÉRENDUM MÊME PERDU D’AVANCE

Face à leurs ouailles et à leurs électeurs c’est malgré tout la logique et l’intérêt des leaders indépendantistes, dont le fond de commerce est l’indépendance depuis plus de 30 ans, d’aller au référendum simple et carré oui/non, qui tranchera, lui, pour la France, mais malgré eux. Un arrangement avant les ferait passer pour traitres à la cause. C’est leur jeu aussi de gigoter un peu contre le corps électoral, pour la forme, pour la galerie, pour leur base.

La défaite au référendum 2018 n’annulera pas leur rôle, leur place, leur légitimité. Un clash n’est pas dans leur intérêt non plus. En respectant le verdict des urnes pro-France ils pourront continuer à brandir la revendication indépendantiste, pour dans quelques années, comme à Tahiti, mais confortablement, en étant sûrs de conserver leurs électeurs, leurs mandats et la générosité de la France.

Reprenons donc ce raisonnement. La caste politique indépendantisme veut le référendum pour rester des purs et durs nationalistes au yeux de sa base, mais elle gigote du cul et des listes pour perdre le moins largement possible. Comme ça, elle pourra dire On a été bon et a presque gagné, comme ça la France continuera à les arroser, comme ça ils pourront comme les Écossais On a presque gagné donc on va refaire un référendum dans 10 ou 20 ans et donc braves indépendantistes il faut continuer à voter pour nous, nos mandats, nos places, nos avantages, notre caste.

ET LES AUTRES ? LES PRÉTENDUS LOYALISTES…

Et pourquoi les autres en face, les Gomès et les Frogier, s’agitent-ils tant pour accommoder ce référendum à leur sauce, tout en sachant bien que ce référendum, même carré, sera gagné par les loyalistes sans que les indépendantistes en fassent une maladie ?

Examinons maintenant la position des vrais faux loyalistes du RUMP et de CE à la lumière de ce raisonnement. Ils savent autant que les indépendantistes que le référendum sera en défaveur de l’indépendance en Calédonie mais ils gigotent du cul et du comité, eux, pour que ce référendum gagné soit le leur et non celui des Calédoniens. Donc ils le traficotent, donc ils le mettent à leur sauce, une sauce de convergences, de troisième accord et de petite nation, donc ils lavent le cerveau des Calédoniens avec de la com et des meetings (voir la prochaine université de CE du 22 juin sur le référendum), donc ils se placent en position exclusive de faiseurs de bon référendum et de bon jour d’après référendum. Comme ça, après le référendum, qu’il ait été modifié ou pas, ils pourront dire On a tout préparé, ça va aller, on a sauvé la paix, on s’occupe de tout, votez pour nous c’est tout ce qu’on vous demande. Et leur caste sera sauvée aussi, la caste de RUMP-CE, déjà au pouvoir depuis les trente ans d’accord grâce aux accords et reconduits encore grâce à « leur » référendum.

Ce référendum devient une affaire de partis, de partis qui veulent se maintenir grâce à lui, et plus du tout une affaire de citoyens et de choix individuel, alors qu’un référendum est normalement le vote le plus populaire et le moins partisan de tous. Voter pour la France, oui, voter pour la bande des quatre fossiles de la politique calédonienne, pour l’éternel quatuor CE-RUMP-UC-PALIKA qui noyautera l’après référendum, non.

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COUTUME ET DÉLINQUANCE

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Nous aussi Christiane on voudrait bien comprendre. On cherche. On s’demande. Pourquoi 93% ? C’est pas proportionnel à l’importance numérique de cette communauté dans la population ça !
Le Camp Est serait-il construit sur une terre coutumière interdite aux autres communautés du pays. Apparemment non, il n’a jamais été revendiqué.

Alors ? Réfléchissons. Qu’a donc de différent cette population qui fournit la quasi totalité des effectifs carcéraux ?

Une culture océanienne et un accès à l’école, au travail, au pouvoir d’achat et à l’économie modernes tardifs ? Non. C’est aussi le cas des tahitiens et des Wallisiens mais ils ne se distinguent pas par la violence, la délinquance et la criminalité.

L’appartenance ancienne et multigénérationnelle au pays et à sa terre ? Non. C’est aussi le cas des descendants souvent métissés des colons petits et grands issus de la déportation, de la colonisation et des convois de travailleurs asiatiques mais ils ne se distinguent pas non plus par la violence, la délinquance et la criminalité.

Un communautarisme chauvin et rancunier et une difficulté à gérer l’autre ? Non. Beaucoup de communautés du pays ont aussi souffert du passé, individuellement et collectivement, se sont souvent repliées sur elles-mêmes et sont parfois aussi promptes à une méfiance voire à un rejet instinctif de l’autre mais elles ne se distinguent pas davantage par la violence, la délinquance et la criminalité.

Une rancœur mémorielle transformée en colère politique transformée en violence et délinquance ne suffit pas plus à expliquer l’ampleur du non-droit et le nombre des hors-la-loi dans ce groupe, d’autant plus que les parents, les familles, les alliés n’ont aucun intérêt à ces situations d’échec et de drame pour leurs jeunes même si elles sont impuissantes à juguler le phénomène.

Vers où regarder donc ? Que cibler ? Quel est le point particulier ? Force est de constater que ce qui distingue fortement la communauté kanak des autres c’est son statut coutumier unique et la puissance et la vitalité de cette coutume dans tous les espaces et dans toutes les générations de ce groupe. Puissance de la structure sociale, vitalité de la tradition, privilège donné au groupe sur l’individu, suprématie accordée au collectif sur le choix et la responsabilités personnelles caractérisent la coutume kanak et la placent en force et en cohérence collectives bien au-dessus des quelques restes de coutume conservés en Calédonie par les communautés asiatiques et polynésiennes.

Force est donc de faire la corrélation entre coutume, phénomène unique et propre à la communauté, seul élément distinctif du groupe par rapport à la population, et dérive délinquante et criminelle emplissant la prison du pays. Sans prééminence de l’individu et de la responsabilisation personnelle, sous l’influence quasi sacrée du clan et du groupe, comment actionner en effet les prises de conscience morales et les démarches lucides d’engagement et de refus éthiques, surtout quand ces choix doivent être effectués hors du groupe, hors de la tribu, hors du contexte traditionnel, à la ville, dans un squat, à l’école, au travail, dans des festivités, en autogestion de soi-même ? L’équilibre et la réussite des jeunes pour lesquelles une éducation laïque ou religieuse a permis un épanouissement de leur personnalité propre atteste aussi la nécessité pour les familles de prendre du champs avec la coutume et de laisser croître dans cet espace dégagé leur liberté et leur responsabilité personnelles qui leur éviteront le chemin du Camp Est, qui est une conséquence de l’irresponsabilité mais surtout pas une fatalité.

LE PAYS DU NON-DIT NE DIT TOUJOURS RIEN

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La formule de José-Louis Barbançon évoquait l’omerta sur les déportés au bagne de la Nouvelle-Calédonie, sur l’origine pénitentiaire d’une grande partie de la population calédonienne et sur la honte quant à leur ascendance d’un grand nombre de Calédoniens jusqu’aux années 80 ou 90.

Les choses ont bien changé. Cette gêne s’est changé en fierté. Les déportés condamnés au bagne et à l’exil perpétuel furent des modèles de résilience et de reconstruction après leur libération, fondant des familles nombreuses et réussissant des entreprises diverses sans l’aide de la société et de l’administration à la différence des gardiens, militaires, colons, fonctionnaires, premiers zoreilles et enfants gâtés de la France coloniale.

Les descendants de colons aisés et les nantis des grosses familles fortunées se sont même mêlés et cachés parmi ces petits Calédoniens méprisés victimes du bagne et de l’Histoire pour échapper au ressentiment et à la vengeance de ceux qu’ils ont durement spoliés et exploités, ces petits blancs leur servant en quelque sorte de bouclier humain. Ces gros békés calédoniens gavés de thune « victimes de l’Histoire » au même titre que ces vieux bagnards misérables et de leurs descendants c’est quand même assez farce !

Donc s’il y a une chose qui n’appartient plus au non-dit aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie c’est bien le bagne et ses acteurs. Par contre le reste, tout le reste, est toujours plongé dans le monde du silence et y a été même encore plus profondément enfoncé et enfoui : la guerre civile de 84-88, la défaite des loyalistes à 70% aux accords de Matignon, le chantage à la violence et la défaite loyaliste à 90% aux accords de Nouméa, la poursuite de la guerre civile en 2016 et la volonté de succès à 100% des indépendantiste aux échéances de 2018, les ententes occultes entre État, indépendantistes et faux loyalistes, les gains colossaux et la fuite des capitaux depuis les dernières trente glorieuses calédoniennes, l’affairisme politique et la corruption généralisée, les turpitudes multiples des acteurs politiques, l’inhumanisme de la coutume et de la tradition kanak, l’échec économique des deux provinces indépendantistes, tous les échecs en général.

Le non-dit autour de la mort de Jean-Pierre Deteix a été particulièrement « éloquent ». Tout le monde y a été de sa légende deteixienne et de ses hommages émus. De la part de Philippe Blaise et surtout de l’ancien préfet Jean-Jacques Brot j’avoue que de telles couronnes de lauriers tressées par des patriotes français m’a fait drôle…

Sur ce sujet, voici le seul témoignage qui se souvienne du passé et qui ne souscrive pas au non-dit actuel et universel faisant la loi en Nouvelle-Calédonie, rédigé par un Marcus Graven que nous connaissons Philippe Blaise et moi, et qui connait bien la pays. Citoyens calédoniens, il y a quelque à voir et à lire, ne circulez pas !

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