LA SEMAINE DE L’OSSERVATORE (1)

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LE JEUDI
Le jeudi c’est dit, ce sera jour de chanson.

 

LE VENDREDI
Le vendredi c’est dit, ce sera jour de Normandie.

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De la Sarthe et des jeux de langue humide à Alençon…
Comment lire les bords de Sarthe à Alençon ?
Merci à : http://lessongesdetontonpoil.blogspot.com/…/de-la-diversite…

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Narration standard :

Le Soleil se couchait sur les étendues sauvages des bords de Sarthe.
Au loin, sur l’autre rive, se devinaient les figures de promeneurs tardifs et de leurs chiens, ces derniers courant loin devant les premiers, gambadant plus que se promenant, poussant des aboiements de joie à la vue des quelques canards qui glissaient sur l’eau.

Antithèse :

La lune se levait au milieu des buildings disciplinés, alors que les reliquats de la dernière pluie s’engloutissaient dans les bouches d’égout.
Tout près, face à moi, l’on distinguait très nettement des individus louches accompagnés de chats rabougris, feulant sur tout ce qu’ils voyaient, à commencer par ces nombreux gros rats qui couinaient en remontant à la surface, espérant une miette de pain ou deux.

Interrogative :

Où donc se trouvait ce fameux Soleil ? Et d’ailleurs, cette rivière était-elle la Sarthe, était-elle la Briante ou même le Ruisseau du Gué de Gesnes ?
Mais que voyait-on donc de l’autre côté ? Des promeneurs ? Des policiers en patrouille ? Des brigands ? Des bêtes les accompagnaient. Ou les pourchassaient-elles ?
Mais surtout, pourquoi donc faisaient-elles un tel vacarme en présence de ces pauvres canards ?

Exclamative :

Ah ! Ce coucher de Soleil sur la Sarthe est superbe ! Oh mais… ! Je vois que c’est Michel et son Fifi qui se promènent, en face ! Ohé ! Ah ah ! Sacré Fifi ! Ça l’amuse toujours autant de faire fuir les canards !

Érudite :

Nous avons certes l’impression de voir le Soleil se coucher sur la Sarthe, mais en réalité, ce n’est que l’illusion que nous donne notre point de vue. En réalité, la Terre tournant sur elle-même est seule responsable du « lever » et du « coucher » de Soleil. Quant aux couleurs qui irradient nos rétines dans ces moments précis, il est évident qu’il ne s’agit que d’une histoire d’épaisseur de l’atmosphère traversée par les photons partis il y a environ huit minutes de notre étoile.
Il est exact que le reflet que donne la Sarthe sur cette scène est enchanteur, toutefois ne nous y méprenons pas : les simples lois de l’optique, découvertes par Descartes et Snell, le régissent. Il s’agit ici d’une réflexion optique dans des conditions optimales.
Les humains se déplaçant dans les environs avec leurs animaux domestiques sur l’autre rive témoignent de la longue histoire de domestication du loup en chien au fil des siècles; il est bon de rappeler que les Romains utilisaient des chiens-loups pour la guerre, que le chien a longtemps été apprécié pour ses qualités de gardien de troupeaux, de maisons et pour son indéfectible amitié avec son maître, sous condition d’avoir été dominé par ce dernier. De nos jours, de nombreux chiens ne disposant que d’un petit territoire à défendre, il n’est guère étonnant de les voir exprimer leur frustration en aboyant devant les canards; c’est d’une certaine manière la résurgence de leurs comportements de prédateurs.

Béotienne :

C’est joli, ce coucher de soleil, là. C’est quel fleuve qui coule, là, déjà ? Et puis, j’ignorais que des oiseaux savaient nager sur l’eau… C’est ce qu’on appelle des poules d’eau, c’est ça ? En tout cas les grosses bêtes, là, elles leur font peur, à leur gronder dessus depuis l’autre côté.

Télégraphique :

Soleil se couche sur Sarthe. STOP Joli spectacle STOP. Chiens aboient sur canards. STOP. Maîtres des chiens qui passent sur autre rive. STOP.

Langage Texto (SMS) :

Tro bo le soley ki se kouch sr la sart ! Y a dé gen ki promén lr chi1 en fass, é lé chi1 fon peur o knard, mdrrrrrr !

Abus de weed :

Yo, man, c’est d’la bonne ça… Ouaaaais, y a le soleil qui fait du fanta orange dans la Sarthe, gros !
T’imagines ? Une rivière en fanta orange ? Troooop d’la bonne ! Attends, passe-moi une latte….
Aaaaah ! Eh, le mec en face il a un Pluto qui aboie sur les canards… Putain de dictature animale… Ouais gros, les chiens sont les… comment c’est déjà ? Oh putaaain, ouais, c’est de la plutocratie animale ! Ah ah ah ! T’as compris, man ? Oh, p’tain je suis trop stooone !

Abus de Kétamine :

RRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz…
RRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz…
Mmmgrrmmblmmm…RRRzzzzz… flblblblRRRRRzzzzzzz…

Conspirationniste :

Si le Soleil se couche toujours à l’ouest, c’est parce que les Illuminatis ont voulu nous induire une véritable sympathie pour le Grand Satan Américain ! J’ai accumulé des centaines de preuves indiquant l’existence d’une substance qui nous hypnotise et nous fait croire tout ce qu’ils veulent, qu’ils envoient dans l’atmosphère avec les avions de ligne ! Plus de détails sur mon blog !

Freudienne :

Le coucher de soleil dans l’eau d’une rivière est une évidente métaphore de la copulation humaine !
Et visiblement ce maître de chien le laisse faire ce qu’il veut avec ces canards, notamment les effrayer ce qui est une résurgence chez cet homme de conflits psychiques non résolus avec sa mère, ici symbolisée par les canes qui craignent la puissance phallique de ce gros golden retriever.

Haïku :

Le soleil se couche,
Trois canards s’envolent d’un coup.
Un chien montre les dents.

Codée :

Le soleil se couche et les canards volent devant le chien, je répète : le soleil se couche et les canards volent devant le chien.

Confucianiste :

Quel bruit fait le vol du canard si personne ne l’effraie ?

Photo de Losservatore Caledo.
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LE SAMEDI
Le samedi c’est dit, ce sera jour de génie.

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PHILIPPE MURAY
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L’Empire du bien de Philippe Muray
Dire ce qu’on pense est devenu périlleux. Même à titre farouchement privé. Tout ce qui ne peut pas être exposé publiquement sur un plateau ne devrait même pas être pensé. Dans les télé-débats, la formule-clé, pour arrêter en plein vol, pour stopper quiconque pourrait être sur le point de lâcher quelque chose de très vaguement non aligné, de très obscurément non consensuel, de très légèrement non identifié (et toute idée qui ne vient pas du collectif pour y retourner aussitôt appartient à cette catégorie), la formule-clé, donc, est la suivante :
« Ah ! oui, mais ça n’engage que vous, ce que vous dites là ! »
Vous. C’est-à-dire une seule personne. C’est-à-dire, en somme, personne.
L’Empire du Bien, ça tombe sous le sens, est d’abord l’Empire du combien.

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L’Empire du bien de Philippe Muray
le Bien a vraiment tout envahi ; un Bien un peu spécial, évidemment, ce qui complique encore les choses. Une Vertu de mascarade ; ou plutôt, plus justement, ce qui reste de la Vertu quand la virulence du Vice a cessé de l’asticoter. Ce Bien réchauffé, ce Bien en revival que j’évoque est un peu à l’ « Être infiniment bon » de la théologie ce qu’un quartier réhabilité est à un quartier d’autrefois, construit lentement, rassemblé patiemment, au gré des siècles et des hasards ; ou une cochonnerie d’« espace arboré » à de bons vieux arbres normaux, poussés n’importe comment, sans rien demander à personne ; ou encore, si on préfère, une liste de best-sellers de maintenant à l’histoire de la littérature.

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Chers djihadistes… de Philippe Muray
Craignez la fureur des moutons ! Craignez la colère des
brebis enragées ! Vous voulez notre peau, mais sachez que
nous nous battrons jusqu’au dernier et que si par malheur
vous triomphiez ce ne serait que sur des monceaux de
cadavres comme vous ne pouvez pas en imaginer et qui,
même à vous, soulèveraient le cœur et supprimeraient
jusqu’à l’envie de jouir de votre triomphe. […] Craignez le
courroux de l’homme en bermuda ! Craignez la colère du
consommateur, du voyageur, du touriste, du vacancier
descendant de son camping-car ! Vous nous imaginez
vautrés dans des plaisirs et des loisirs qui nous ont ramollis.
Eh bien nous lutterons comme des lions pour protéger notre
ramollissement. […] Nous nous battrons sans fin parce que
la fin est advenue depuis longtemps et que nous n’en
gardons même pas la mémoire. Nous nous battrons pour le
plaisir d’avoir oublié jusqu’à notre propre fin. Nous nous
battrons dans le sens du poil et dans le sens du vent. Nous
nous battrons pour la disparition du langage articulé.

Nous nous battrons.

Et nous vaincrons. Bien évidemment.

Parce que nous sommes les plus morts.

Questionnée par Marie Drucker. Spectacle au théâtre de l’Atelier (18ème)
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LE DIMANCHE
Le dimanche c’est dit, ce sera le jour des manches.

 
Photo de Losservatore Caledo.
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LE LUNDI
Le lundi c’est dit, ce sera jour de nostalgie.

 
HISTOIRE(S) ET SI CAMUS AVAIT ÉTÉ CALÉDONIEN ?… (2012) août 28, 2014 admin Laisser un commentaire Et si Camus était né dans les alizés de Calédonie, et…
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LE MARDI
Le mardi c’est dit, ce sera jour de mauvais goût.

Photo de Losservatore Caledo.
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LE MERCREDI
Le mercredi c’est dit, ce sera jour d’islamophobie

Photo de Losservatore Caledo.
Photo de Losservatore Caledo.
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LE RÈGNE DES BARBARES

LA POUDRIERE DES VOLS DE BETAIL

Nous avons atteint des sommets : désormais nos viandards arrivent avec le flinguo, le couteau et le camion grue.. La bête ou les bêtes sont abattues, saignées , chargées et go vers l’abattoir clandestin pour êtres découpées et distribuées. Totalement écoeuré, découragé et abandonné par la justice, cet éleveur qui en est à 84 bêtes volées ne porte désormais plus plainte, IL ARRETE L’ELEVAGE BOVINS.

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Losservatore Caledo La propriété privée n’est plus reconnue, plus garantie, plus assurée, plus protégée ni par les institutions, ni par les pouvoirs publics ni par les forces de l’ordre, ni par les élus dans cette région de France appelée Nouvelle-Calédonie. Que ce soit la propriété des animaux d’élevage, des terres, des maisons, des voitures, des biens et des effets personnels. Et c’est logique puisque c’est le clanisme, le collectivisme, la possession commune par le groupe, le retour au droit coutumier non individuel, la sacralisation de la revendication réactionnaire, la prééminence de la détention communautaire de toute la Calédonie qui prévaut déjà dans tous les esprits, dans les préambules et l’esprit des textes, dans la philosophie des institutions, dans ce qu’ont accepté tous les partis autrefois loyalistes et attachés au droit civil européen, désormais à 90% indépendantistes (cf. Gomès et Dassonville) et résignés et soumis à tout et au pire.

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Je ne suis pas souvent d’accord avec la politique agricole de la Chambre et des producteurs de fruits et légumes de NC mais je me suis toujours senti proche des éleveurs, et je ne supporte pas la barbarie dont leurs animaux et parfois eux-mêmes sont victimes, parce-que je les aime bien, parce que c’est ignoble dans l’absolu, parce que ça préfigure la barbarie de demain, parce que sans doute aussi j’ai connu ça, et que sans ça je ne serais pas là :

HISTOIRE(S) SE LEVER TÔT (2012) septembre 14, 2014 admin Laisser un commentaire Février de cette année-là. Se lever tôt, très tôt, dans la nuit. Se laver sans doute un peu, se laver les yeux, se mouiller les cheveux. Se regarder dans la…
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CATON ET NOUAR GARÇON ET DEMOISELLE D’HONNEUR DU REMARIAGE GOMÈS-FROGIER

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Trop marrant ! C’est pas Mellow Coton, ni Melocoton de Colette Magny, juste Nouaro Caton, mais c’est moelleux aussi comême, mais ça chante « J’en sais rien donne moi la main », aussi, à ceux qui s’interrogent sur cette nouvelle musique.

Et oui ! Qui l’eut cru ?! Sur RRB et sur Calédosphère, on a eu la réponse du berger Caton à la bergère Nouar en ce lundi ! Ces deux-là, ces pinsons, ces nouveaux inséparables, les voix de leurs maîtres Frogier et Gomès, se répondent en gazouillis et trémolos encore plus émouvants que les mots d’amour, les promesses et les bagues de remariage échangées entre Pierre et Philippe.

Et oui ! Sur Calédosphère, Caton, le très gomésiste élu CE de Nouméa, et sur RRB, Élisabeth Nouar, la très frogiériste journaliste du rassemblement ont lancé en ce lundi la journée de Rassemblement-Ensemble et une campagne publicitaire qui va laisser les clients du loyalisme selon Pierrot et Phiphi aussi hésitants que les acheteurs de Volkswagen devant les modèles et les couleurs. « Tourolf et blouge », disent ces derniers, « Fromès et Gogier » diront les adhérents du Calédoblement.

« On se rend compte que l’idée qui se passe quelque chose dans le paysage politique est en train de progresser. » nous clame Mellow Caton en ce lundi matin.

« Les temps changent et les lignes bougent. » lui répond Babeth qui monte qui monte dans sa chronique du lundi midi.

« À la vérité, ce rapprochement ne sied pas à tout le monde. » s’énerve et menace Rossignol de mes amours de Calédo.

« On entend déjà des craintes, des doutes et des mises en garde. Faute de certitudes et de confirmations, les critiques aussi se chuchotent. » lui renvoie sa brune colombe à la voix de corbeau au diapason de son indignation.

« Tout cela favorise les stratégies, les chausse-trappes et les coups fourrés et justifie de s’opposer, y compris au sein de son propre mouvement, à ce que deux des plus hauts responsables politiques du pays, en dépit de leurs divergences profondes, durables et assurées, s’entendent au nom de l’intérêt général. » lance dans une trille épique et pathétique le nouveau double et zélé serviteur des « deux plus hauts responsables politiques du pays ».

« Mais on ne peut pas à la fois souhaiter l’unité et se plaindre quand certains tentent de la réaliser. D’autant plus que l’heure est plutôt à la gravité à deux ans d’une échéance majeure. » lui retourne en canon la fauvette à tête noire dans un ultime accord louant éperdument aussi ces plus hauts responsables et cette « unité (…) que certains tentent de la réaliser ».

C’est beau comme de l’antique, et me dites pas que c’est en toc ! Je croyais avoir déjà pleuré d’émotion et de joie toutes les larmes de mon corps quand Philippe a de nouveau demandé la main de Pierre, mais ces deux oiseaux-là ont réussi à me faire à nouveau répandre des torrents de larmes… de rire !