LE ZÉRO ABSOLU DU DÉBAT

néant
LE ZÉRO ABSOLU DU DÉBAT

Ça y est ! J’ai fait ce midi l’étrange expérience du néant. Angélique Souche a réussi a créer avec assez peu de moyens ce que les plus grands laboratoires et les structures industrielles les plus lourdes n’arrivent pas à obtenir dans leurs installations sophistiquées : le vide absolu ! Ça n’aura duré qu’une demi-heure mais nos appareils de mesure infaillibles l’attestent : le zéro absolu s’est installé dans le studio de NCradio entre 12h30 et 13h et pas la moindre particule d’intérêt et de vérité n’a flotté pendant ce temps dans cet espace limité.

Cette prouesse scientifique est un immense travail d’équipe et il faut rendre hommage à chacun, d’abord hommage à la journaliste Angélique Souche qui a su choisir comme thème La journée de la femme parce que, justement, c’est La journée de la femme dans quelques jours, et qui a su ne poser aucune question dérangeante ni même pertinente qui aurait pu souiller l’atmosphère de quelques atomes d’intelligence, hommage ensuite aux deux expertes en journéedelafemmologie depuis 30 ans qui ont aspiré jusqu’à la plus petite parcelle de consistance des propos tenus durant cette demi-heure imposée où il fallait tenir coûte que coûte la vacuité logique la plus parfaite, hommage aussi au coutumier grand maître en messages creux si judicieusement choisi parmi ses pairs sénateurs excellant déjà tous dans le « rien » parfait des palabres, hommage enfin à Anne-Marie Mestre docteur en aspiration et en éradication des illusions et des espoirs qui aura réussi à éliminer la dernière poussière de valeur de ce moment en assénant que tout ça c’était de la foutaise, qu’on n’avait pas avancé depuis 30 ans et qu’on n’avancerait pas avant cent ans, que cette journée était un piège à con et surtout à conne, et que le vent et la vanité satisfaite de ces deux potiches d’interlocutrices n’étaient que du vent et de la vanité, permettant alors d’atteindre à cet instant un néant plus absolu qu’absolu dans la cellule Souche.

Une expérience fascinante et l’impression de revenir d’un au-delà parfaitement désert et inhabité en éteignant la radio et en quittant l’équipe du professeur Souche et d’un retour vers le tangible, les choses et les êtres, en se demandant « Finalement pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?… »