LA CALÉDONIE A PEUR

02-2008-Giquel

« La France a peur », avait lancé comme une bombe Roger Gicquel au soir d’un 18 février 1976. La Calédonie a peur aujourd’hui, aussi, et n’a plus confiance en ses forces de l’ordre ni en sa justice ni en sa répression ni en sa prison pour la protéger.

Reproduis ci-dessous, ce texte de Christine Allix​ dont je garantis la pondération et la crédibilité, me procure une introduction pour un article que j’envisageais depuis quelques jours et que je comptais intituler « LE TEMPS DE LA PEUR », ou bien « Il est venu le temps des trouilles viscérales, à défaut de celui des cathédrales ».

Observant dans les quartiers ces résidents soumis aux nuisances sonores et agressives de leurs voisins mais terrifiés à l’idée de protester ou de prévenir la police ou les gendarmes, « parce qu’ils viendront pas », « parce-que ça ne fera qu’empirer les choses », « parce que c’est pas tous les jours non plus », « parce que j’ai pas envie que ma maison brûle », je me disais qu’il était venu de temps de la peur.

Observant ces forces de l’ordre qui ne bougent pas ou qu’on empêche de bouger alors qu’il est connu et attesté que les biens volés et les voleurs se trouvent là et là, qui renoncent à arrêter ou à contrôler telle ou telle voiture en infraction patente pour se replier des contraventions mineures genre 10 km supérieurs à la limitation, et qui ferment les yeux sur le braconnage perpétuel et sur les cultures intensives et extensives de cannabis, je me disais qu’il était venu de temps de la peur.

Observant ces filles et ces femmes maltraitées, violentées et violées à raison de une sur quatre ou cinq mais épouvantées à l’idée de porter plainte et d’être exclues à jamais d’une communauté et d’un système machiste et cette campagne artificielle et démago sur ce phénomène, encore plus sourde, muette et aveugle comme les trois petits singes quant aux origines et aux responsables réels de ces crimes et cautionnant l’omerta patriarcale, je me disais qu’il était venu de temps de la peur.

Observant ces boutiques grillagées de Nouméa et ces commerçants tétanisés, ces entreprises et ces établissements publics où les faits avérés d’indiscipline, de violence ou de faute professionnelle sont ignorés, épongés ou passés sous silence sous pression syndicale ou collective, par crainte d’un blocage, d’un engrenage ou d’un conflit qui dégénère de la part de hiérarchies angoissées, de responsables pétrifiés, de patrons apeurés, je me disais qu’il était venu de temps de la peur.

Christine Allix nous disait : « Ce qui frappe aujourd’hui, en Calédonie, c’est le sentiment d’impunité qui sévit. Comme si tout était permis, comme si les lois n’étaient faites que pour les autres. Et au-delà de ce sentiment, le plus insupportable, c’est la résignation générale, le fatalisme qui semblent animer la plupart de nos concitoyens. Comme si on ne pouvait rien y faire ni rien y changer. Inquiétant. » Impunité oui, dans certains cas, impunité de ceux qui font peur. Lois pour les uns et pas pour les autres, oui, pas pour « ces autres qui font peur ». Fataliste et résignation oui, dans tous les cas, chez ceux qui ont peur.

Il n’est vraiment pas très commun le destin des justiciables calédoniens et il n’est vraiment pas très partagé l’avenir de chacun devant la loi et oui, il est venu le temps de la peur viscérale.

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Christine Allix
12 h · Modifié ·
« Baie des Citrons, 6h ce matin. Je bois un café en lisant les dernières nouvelles du week-end. Une bande de jeunes rentre vers le centre-ville. je n’y prête pas plus attention que ça,le fait étant courant le dimanche matin… Je suis en train de découvrir les conséquences du réchauffement climatique pour la Calédonie version locale du « jour d’après » ( émoticône smile ), quand soudain, mue par je ne sais quel pressentiment, je lève la tête et je vois deux des jeunes en question tenter de forcer l’une des portières de ma voiture… Sous mes yeux! Et sous ceux des promeneurs du jour. Je me lève d’un coup et les interpèle. Le jeune me jette alors un regard de défi et me fait signe que c’est bon, il lâche l’affaire… N’ayant pas mon téléphone sur moi, je demande au patron de prévenir la police, ne serait-ce que pour empêcher les jeunes de visiter ainsi toutes les voitures qu’ils rencontrent… Le patron me dit ok et se rassoit tranquillement avec son pote pour terminer son café tout aussi tranquillement.
Ce qui frappe aujourd’hui, en Calédonie, c’est le sentiment d’impunité qui sévit. Comme si tout était permis, comme si les lois n’étaient faites que pour les autres. Et au-delà de ce sentiment, le plus insupportable, c’est la résignation générale, le fatalisme qui semblent animer la plupart de nos concitoyens. Comme si on ne pouvait rien y faire ni rien y changer. Inquiétant. »

MÉTAPHORE

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Si l’on veut un tant soit peu « s’en sortir » et « sauver la bête » il faut avoir le courage de regarder les choses en face et de ne pas mettre des lunettes roses ou sa tête dans le trou comme une autruche morte de trouille :

1) La sécession, la trahison et la régression de la NC sont là et l’encéphalogramme du loyalisme est quasiment plat.

2) La trouille est générale en NC et l’encéphalogramme du courage des loyalistes est quasiment plat.

Il faut commencer par là si on veut faire quelque chose et arrêter de se gargariser avec des « Le peuple va réagir » et autre « Jamais les Calédoniens n’accepteront ça ».

Après, quand on a eu le courage et la lucidité de présenter les choses comme elles sont aux gens, aux malades, de ne pas leur raconter des salades « optimistes » et de leur dire que les choses sont à peu près complètement foutues, on peut peut-être effectuer ainsi un « massage cardiaque » ultime et provoquer ainsi le sursaut vital et quasi miraculeux qui réveillera l’animal.

POLITICHIENNERIE

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Sonia Backes, je retiens :

« Il faut que les citoyens croient en certains politiques. »

« Nous sommes sans doute très imparfaits. »

« Nous nous battons pour que la France reste. »

« Nous sommes un certain nombre à « faire le job ». Lorsque le référendum arrivera, nous aurons préparé le vote en lui-même »

« L’apolitisme se heurte à l’échéance majeure. »

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Si ta dernière prière c’est que les citoyens « croient » en vous, faut carrément transformer vos partis en églises ! Et encore, dans l’état actuel des choses, après toutes les conneries des « loyalistes » et en particulier après celles du RUMP en 2010 et 2011, je crois bien qu’ils « croiraient’ davantage dans la débilité des Jehovah’s Witnesses ou dans les délires des tarés du Manadarom…

Un petit conseil, écartez à tout jamais le verbe « croire » de vos discours politiques, la franche rigolade des dits citoyens est assurée. Un autre conseil, tenez un discours de vérité, une fois, un coup, pour voir, reconnaissez vos erreurs et vos conneries, et pas seulement votre « imperfection », et présentez simplement des faits et des actes, qu’il suffira de voir, sans être prié d’y croire.

Se battre pour que la France reste d’accord, se battre juste pour les mineurs, le MEDEF, la défisc, le pognon qui fait trois p’tit tours et puis s’en va, pas d’accord, ou alors après qu’on se soit battu vraiment pour que la France reste, pas qu’en mots, concrètement, pour les Français de Calédonie exclus du vote et du travail, pour un référendum clair, pour un état de droit républicain (même dans le fief du clan du Mont-Dore), contre les propos odieux de ce syndicaliste de FO contre les métros (rien entendu à ce sujet venant de n’importe quelle chapelle politique).

« Faire le job » ce serait organiser à outrance des réunions publiques, grandes et publiques, pour faire tout simplement la campagne du OUI au référendum pour ou contre la Calédonie française, comme les loyalistes écossais l’ont fait pendant deux ans, et non balader les gens avec une troisième solution aussi fictionnelle qu’une rencontre du troisième type ou que le retour du Sarko-Cult, dit encore Sarko-mon-Phare. Parce en fait de « préparer le vote en lui-même », Anne ma sœur Sonianne, je ne vois rien venir, absolument rien.

L’apolitisme, je ne sais pas à quoi il se heurte, mais il semble heurter les politiciens en refusant et en dénonçant cette indigne politichiennerie où des toutous sans fierté viennent se faire caresser, dresser et nourrir par des maîtres sans respect, sans jamais préparer aucune « échéance majeure ».