DE LA DOCTRINE À LA SECTE DE LA SECTE À LA DOCTRINE, politique et sacré en Nouvelle-Calédonie

DE LA DOCTRINE À LA SECTE
DE LA SECTE À LA DOCTRINE

politique et sacré en Nouvelle-Calédonie

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La politique et la religion, la doctrine religieuse et la secte politique, ont toujours entretenu des relations aussi étroites que troubles, la politique générant du culte religieux comme celui des empereurs romains ou chinois, la religion produisant et appuyant le pouvoir politique comme dans le cas de l’Islam des origines à nos jours.

Mêmes des régimes politiques apparemment laïques comme le communisme et le nazisme ainsi que leurs sectes de tyrans ont poussé dans des terreaux religieux et doctrinaires. Le premier grand totalitarisme, le soviétique, étant né de la mystique anarchiste russe et du messianisme du prolétaire. Le second totalitarisme, le pangermanique, ayant été nourri d’un ensemble de doctrines ésotériques allemandes allant de multiples mythologies païennes à un aryanisme fanatique.

Même la secte des féroces révolutionnaires guillotineurs de prêtres et démolisseurs d’églises a voulu appuyer son pouvoir en France « en présence et sous les auspices de l’Être suprême » et sur une doctrine révolutionnaire sacrée.

Le problème de ces étranges mariages du pouvoir et de la religion c’est que l’homme libre ne risque pas de trouver son compte là-dedans, coincé, paralysé, écrasé entre les deux mâchoires de cet étau. La religion apprécie que le pouvoir politique lui tienne et lui bloque les personnes et la liberté individuelle. Le pouvoir politique aime que la religion terrorise et domestique l’individu, sa liberté de pensée et son libre arbitre et qu’il confère à son pouvoir une dimension sacrée et donc pérenne et illimitée. Or la liberté, si il y a une chose, une seule, dont on ne peut pas douter c’est bien celle-là. S’il y a une valeur, une seule, qui constitue l’humanité en l’homme c’est bien celle-là. S’il y a un bien, un seul, que l’homme ne doit pas perdre pour ne pas perdre l’humanisme c’est bien celui-là

Mais pourquoi je vous parlais de tout ça moi ?!…

Ah oui ! Ça m’reviens, j’y suis ! La doctrine nickel et la secte des indépendantistes. Et bien oui, encore une fois, ici comme ailleurs, on a le retour du couple religion et politique. Le caractère sacré et intouchable pour les siècle des siècles de la « doctrine nickel » ne vous aura pas échappé. Le terme même est révélateur. Pas plus que ne vous auront échappé le caractère sacré et intangible des règles et des traditions coutumières foncières, familiales et sociales. C’est sur ce terreau culturel et animiste que s’est appuyé le politique et ex prêtre Jean-Marie Tjibaou pour lancer son « Mélanésia 2000 » en 1975, à la fois résurrection de la coutume et de l’ancienne foi et démarrage de la revendication politique d’un pouvoir indépendantiste.

Est-ce la secte politique de l’UC radicalisée d’un Rock Pidjot qui a généré le phénomène de la doctrine culturelle et de la mystique kanak ? Est-ce plutôt cette doctrine culturelle qui a produit le sectaire Front Indépendantiste puis le très politique FLNKS ? L’œuf ou la poule ? Qu’importe. De toute manière la personne, l’individu dans cet archipel, l’homo caledoniensis, est à nouveau pris entre deux feux, celui d’une religion exclusive, d’une doctrine culturelle, qu’il ne peut ni ne doit contester, critiquer, repousser, et celui d’une secte politique intolérante, cette doctrine justifiant cette intolérance politique et générant, pétrifiant un dogme économique et social, un statut politique, une charte, des lois, des règles, des schémas, cette secte politique étant légitimée dans ses ambitions illimitées dans l’espace et le temps par de nombreuses formules sacrées, répétées et incantatoires telles que « pays », « ancêtres, « terre », « racines », « identité »…

Entre doctrine dogmatique et secte sectaire, non, il ne fait jamais bon être humanisme et épris de liberté, pas plus ici qu’ailleurs…

VENDREDI 16 OCTOBRE, LE MONT SAINT-MICHEL REPREND LA MER

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Il y a des terres, des choses, des personnes, parfois, qui vous prennent, qui vous choisissent, qui vous préfèrent, qui vous élisent, qui vous emportent, comme ça, sans raison claire, sans raison du tout, parce que c’est comme ça, comme si ça devait être comme ça, depuis toujours, pour toujours, parce que c’est vous, parce que c’est elles, et que vous prenez, choisissez, préférez, élisez, emportez, parfois aussi, comme ça, sans raison claire, sans raison du tout, parce que c’est comme ça, comme si ça devait être comme ça, depuis toujours, pour toujours, parce que c’est elles, parce que c’est vous.

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