J’ACCUSE ou LA POLITIQUE DE LA NASSE

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J’accuse le pouvoir actuel d’anticiper les derniers transferts et l’organisation kanaky de tous les secteurs du pays.

J’accuse le pouvoir actuel de catastrophisme et de répandre la peur sur l’hypothèse d’un non à l’indépendance.

J’accuse le pouvoir actuel de répandre le défaitisme et et de préjuger d’un oui des Calédoniens à la souveraineté économique et politique.

J’accuse le parti au pouvoir de faire le boulot des indépendantistes à la place des indépendantistes, la nationalisation nordiste du nickel n’étant qu’un exemple de cette collaboration.

J’accuse le parti au pouvoir de mettre en place un programme nickel contre pouvoir, évoquant tristement le programme irakien pétrole contre nourriture gangrené par la corruption.

Lors de la mise sur orbite du référendum éclairé, une usine à gaz que Philippe Gomes avait testé auprès de son premier cercle dans la villa du président du Congrès, test auquel il valait mieux réagir positivement sous peine de se retrouver relégué dans les derniers cercles de l’enfer de Dante Alighieri, le guide suprême avait prédit que les indépendantistes entreraient dans la nasse de la coconstruction du jour d’après avec les loyalistes et qu’une fois entrés dans cette nasse de coconstruction ils ne pourraient plus en sortir et faire les méchants. Il fallait être un peu cocons pour croire que les indépendantistes goberaient ces salades de coconstruction mais ça c’est une autre histoire…

La formule de la nasse est pourtant fréquemment revenue dans le riche répertoire des tactiques gomésiennes. C’est même un des must de la maison. Ça marche pas mal, mais plutôt avec les loyalistes. Les indépendantistes ils bouffent l’appât mais ils ressortent toujours de la nasse avec des compétences en plus, du pouvoir en plus et du nickel plein la bouche. Les loyalistes ils bouffent l’appât, soit du social, soit de la concurrence, soit de la transparence, soit de la vie pas chère, soit de la démocratie, soit de la Calédonie avec drapeau commun et sans drapeau FLN, mais ils ont toujours la bouche vide et ils ne ressortent jamais de la nasse.

Car qui dit nasse dit appât, piège aux alouettes et dispositif de non retour. Le coup de la « rencontre citoyenne », bâtie sur le double cadavre du référendum et de la vraie nation française, pondue par Sa Majesté des Mouches, est une nasse de plus. Il promet aux Calédoniens une « sortie » honorable et citoyenne et un « jour d’après » riant, un lendemain-qui-chante, et en plus la fierté d’être des « citoyens » de la « petite nation » libérés de Paris libéré. C’est l’appât. Tout le contraire de ces fous bien diabolisés qui osent encore parler de la France et qui veulent, selon le Catéchisme Ensemble,  déclencher la guerre avec cette question « guillotine », avec la provocation de ce oui ou de ce non à la République…

Tout est calé, rien ne doit bouger, les schémas et les doctrines sont figées et sacralisés et ne souffrent ni questions, ni objections, ni contestations, donc ni dialogue, l’épisode des rouleurs l’attestant s’il était encore besoin de le faire. Alors à quoi bon une rencontre avec ce pouvoir actuel qui ne supporte aucune contradiction et qui exploitera néanmoins les intervenants extérieurs et leurs questions pour en faire une caution démocratique et pour se foutre entre eux de ces  postures de caniches dociles sur deux pattes, un papier de question dans la bouche, attendant un sucre ou une caresse.

Un peu de cohérence et de dignité, on ne dialogue pas avec ceux dont on subit les méfaits et les médisances. On ne rencontre pas les poseurs de nasse. On ne dialogue pas  à travers le grillage d’une nasse.  Je n’entrerai pas dans cette nasse, la nasse des rencontres et des prétendus dialogues. Je réclame juste le référendum clair prévu par l’Accord, puisqu’il y a eu Accord, et il n’est nul besoin de « rencontre citoyenne » pour l’obtenir puisque ses initiateurs le trouvent au contraire « inutile et dangereux ».

TOUS LES LUNDIS MATINS DU MÂNDE

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Une jolie symphonie du lundi matin, sauf quelques fausses notes…

Un agréable aller vers les avions au soleil levant. Une ambiance sympa d’aéroport et de prisonniers libérés aux guichets. Sauf zéro chariot sur les parking. Sauf 2 kg dans la gueule de supplément de bagages de notre compagnie qui nous aime tellement qu’elle surveille notre poids au gramme près.

De très belles lumières au retour de la Tontouta et un joli paysage de larges prairies ouvertes encadrées de montagnes de velours et semées de bovins bruns, vous transportant presque dans les premiers matins du monde de la Côte Far Ouest de votre passé.

Un Nouméa du matin aux rues claires et fraiches, aux jolis visages neufs et aux commerçants souriants, aussi doux que la ville apaisée au couchant doré vers cinq heures. Sauf ce contractuel municipal empressé de vous coaltarer mille francs avant même que vous ayez glissé votre grosse pièce dans la petite fente, ou inversement, cette image audacieuse qui vous vient à l’esprit vous faisant sourire et vous consolant un peu de l’absurdité de la tâche taxante de ce fonctionnaire de la ville dans une cité encore à moitié vide, alors que la police du blé serait bien plus utile ailleurs. Mais la sécurité des rentrées municipales « C’est Capitale » sans doute…

Un excellent petit déjeuner broussard et complet à l’Annexe Place des Cocotiers, servi par un personnel charmant, encaissé aimablement par une gérante qui ne vous emmerde pas avec un minimum de francs pour utiliser votre carte de crédit. Sauf que le Wifi de la mairie est une vraie merde, vous demandant jusqu’aux prénoms de votre arrière-grand-mère pour ne pas fonctionner au final, le serveur sympa partageant votre dégoût sur ce service de misère même pas foutu de remplacer le réseau de l’Annexe désormais clos et faisant converger son regard méprisant avec le vôtre vers les bureaux de la mairie distants d’un jet de claquette.

Mais bon, une jolie symphonie du lundi matin, au diapason de tous les matins du monde, sauf quelques fausses notes…