AUTOS TAMPONNEUSES OU CAMIONS TAMPONNEURS ?

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Je suis passé tout à l’heure à la Baie de la Moselle, où décidément il se passe toujours quelque chose. Les dieux, dans leur espièglerie, et je suis sûr que les dieux ont beaucoup d’humour et qu’en tout cas l’humour est divin, avaient réuni côte à côte un manège d’innocentes autos tamponneuses et une rangée impressionnante d’énormes camions menaçants, semblant nous demander à nous pauvres mortels de ce vendredi en ville : « Voulez-vous faire un tour de petites voitures un bras autour des épaules de votre copine pour télescoper les copains ou préférez-vous prendre un ticket de mastodonte de mine de 30 tonnes pour écraser quelques grilles et quelques barrages aux côté d’un puissant éphèbe à moustaches ? »

Sans trop m’attarder sur cette alternative je me suis mis à réfléchir à un autre choix que nos dieux farceurs calédoniens semblaient me proposer, voire m’imposer : « Es-tu pour ces gros et gras rouleurs bruyants et véhéments, métis et costauds, broussards et bavards, hâbleurs et bluffeurs, rouleurs de père en fils depuis la nuit des temps du boum, cow-boys mécaniques, craqueurs de billets de 5000 quand ça va, hurleurs à la mort quand ça va plus, poètes de la poussière et du cambouis, compagnons dévoués d’Ulysse-Maï et d’Achille-Foucher, héroïque entité Maï-Max, en un mot … calédoniens, ou bien es-tu pour le parti de l’étranger, pour la cinquième colonne, pour le Vietminh, pour le monopole soviétique, pour la Nationalization, pour la kanakyzation du nickel, pour la triade Dang-Gomès-Néaoutyne ? Allez dis bien ! Es-tu pour le gros poids lourd et lourdingue RUMP ou es-tu pour la petite auto-tamponneuse électrique et sournoise André-CE ? »

Je vis dans l’œil du dieu farceur, qui m’avait mis cette scène sous les yeux et posé cette question, un éclair de malice qui m’autorisait à l’envoyer chier avec son choix à la con et à sortir un joker apolitique sur ces deux écuries de bourrins au front bas dont aucune évidemment ne souhaitait tirer la Calédonie vers le haut.

J’AIME PAS LES RICHES

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J’aime pas les riches et Brel avait bien raison, plus ils deviennent vieux plus ils deviennent cons.

J’aime pas leurs lotissements privés, leurs ghettos dorés, leurs quartiers de parvenus où les baraques en béton sont aussi grandes comme des hangars que moches et froides comme des pièces montées à la chantilly insipide.

J’aime pas leur goût de chiotte, leurs bagnoles et leurs bateaux tape à l’œil, leurs achats de luxe ou le prix tient lieu d’art et d’âme, leurs potiches de location plus décorée de bijoux et d’Hermès que des sapins de Noël, leurs vacances de crétins incultes à Cannes ou à Megève, leurs gosses de riches qui doivent ressembler à Martine puis à Ken et Barbie et qui leur ressemblent toujours même quand ils veulent ressembler à autre chose.

J’aime pas leur culture de France Loisirs, leurs manières de J’aime pas leur culture de France Loisirs, leurs manières de vendeur de voitures et de maquignon de foires et leur conversation qui sent la suffisance, la revanche et la peur, et qui pue le vomi contre la gauche, les impôts, l’ouvrier et les pauvres, qui en veulent toujours plus et qui en foutent toujours moins.

J’aime pas leurs partis politiques et leurs meetings fachos où on se croirait assis dans un syndicat du crime en col blanc ou dans un banquet de la maffia, entre une vieille actionnaire de banque décolorée, un promoteur véreux, un défiscaliseur heureux et une jeune entraineuse moulée dans une petite robe noire aux charmes aussi militants que monnayés.

J’aime pas les riches.