UBU DEVIENT INQUIÉTANT…

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S’il fallait une ultime raison pour être apolitique et pour ne plus faire de politique Calédonie Ensemble vient de nous la fournir cette semaine et grâce soit rendue à Philippe Gomès pour ce nouvel « éclairage »…

Ceci dit, même s’il n’est plus question de « faire » de la politique, il faut vraiment avoir l’estomac bien accroché pour continuer à regarder et à commenter la fosse à purin qu’est devenue la politique calédonienne, surtout ces derniers jours. Mais a-t-elle jamais été autre chose ? Et n’est-elle pas hélas la chose que réclame la Calédonie ?

En tout cas des sommets politiques putrides encore vierges et inviolés, façon de parler, ont pourtant été atteints depuis mercredi.

On savait déjà que les meilleurs ennemis du monde à Nouméa ou à New-York pouvaient devenir les pires amis de la terre à Paris ou à Bouloupari et que Lagarde et Gomès s’aimaient autant que Backès et Yanno, Wamytan et Goa, Paul et Pierre, les chiens et les chats, tout en excitant et en dressant leurs toutous et leurs électeurs respectifs les uns contre les autres, comme des chiens justement.

Mais on ne s’attendait quand même pas à ce que le chef de CE sabote son équipe à la mairie de Nouméa et démolisse en trois jours l’élue numéro deux du parti, légitimée par ses deux confortables élections et par sa reconnaissance à Paris et à l’UDI. On savait que le numéro un la minorait à l’Assemblée, lui contestant violemment la liberté d’intervenir même avec l’aval de l’UDI, l’insultant avec son acolyte à la buvette, lui savonnant sa campagne municipale, lui imposant des potiches et des laquais sur sa liste, attendant qu’elle laisse la ville à Simonet et à Dunoyer, réclamant d’elle allégeance à tous ses choix, y compris celui de s’allier avec le FLNKS pour décrocher le gouvernement et le filer à la FINC. Mais de là à saborder le parti !…

Car c’est bien d’un sabordage qu’il s’agit. Même si la population est habituée au bonapartisme de ses élus, même si elle est habituée à l’ego de Gomès et à son démolitionnisme chronique des gens et des choses qui se mettent sur son chemin, hommes, femmes, Avenir Ensemble, alliances, contrats, gouvernement, elle comprendra difficilement l’acharnement par sbires à la solde interposés de la première femme maire de Nouméa et députée de Calédonie, calédonienne et middle class de surcroît et à qui on ne peut rien reprocher de sérieux.

D’autant plus que Lagarde ne présentait pas un réel danger pour le pouvoir hégémonique de UBU Gomès, celle-ci se contentant de marquer son petit terrain et de jouer sa petite musique de fille non sectaire, volontaire, libre et résistante sans qu’on connaisse trop les paroles de sa chanson, à quoi elle résistait et ce qu’elle voulait, sans chercher des alliances qu’elle auraient pu trouver et qui auraient pu constituer pour la Calédonie une alternative bénéfique à CE. Mais qu’importe, on préfère toujours les David aux Goliath, et ici en l’occurrence la petite dame au grand Gomès. Et même si c’est pour rien, même si la résistance est vaine, on préfère toujours les rebelles aux tyrans. Et comme pour le Sisyphe dont Camus nous dit qu’il faut l’imaginer heureux de rouler pour rien sa pierre vers les sommets alors qu’elle retombera perpétuellement, il faut imaginer Sonia heureuse et fière, car on préfère toujours la volonté individuelle au destin collectif et aux forces fatales.

Gomès et ses spadassins ressemblent donc cette fois beaucoup trop à ce qu’ils sont : un donneur universel de mauvais coups, des receveurs universels de gages, lâches, conspirateurs, vénaux et cupides, en un mot « politiciens ». Ce n’est plus drôle, un halo sombre et inquiétant nimbe Ubu Roi. Gomès et ses spadassins casseurs de Lafleur, de Frogier, de Gay, de Leroux, de Martin, de Liegeard, ça passait, même si c’était pour refaire de plus belle du Lafleur, du Frogier, du Gay, du Leroux, du Martin, de la Liegeard. Mais Gomès et ses lâches spadassins aux ordres pour garder leurs gages, leurs trente deniers de Judas, à qui Lagarde poignardée en plein « sénat » à dû dire « Tu quoque mi amici ?! Toi aussi mon fils conseiller, toi aussi ma fille adjointe ?! », ça ressemble beaucoup trop au vrai « revirement », au vrai « reniement », à la vraie « trahison » dont le communiqué de Calédonie Ensemble a abreuvé copieusement et haineusement Sonia Lagarde hier soir à la suite de son interview sur RRB.

Et ça c’est pas très malin…