PAS POUSSER MÉMÉ DANS LES ORTIES ou RÉPONSE À PHILIPPE GOMES

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Hum… Faut pas trop pousser Mémé dans les orties Philippe !… Merci comême pour ton intervention qui va me permettre une réponse point par point sur la question :

1) C’est quand même un étrange tour de passe-passe que de substituer cet étrange usine à gaz nommée « comité mémoriel », créature apparemment voulue et exclusivement trustrée par Calédonie Ensemble au niveau loyaliste, à la délégation kanak, représentée par le grand chef Bergé Kawa, qui a tout fait depuis des années pour la recherche et le retour du crâne de son ancêtre, qui a été le moteur et l’interlocuteur des plus hautes autorités de l’état dans cette affaire. Léonard Sam a beau dire que les documents préparatoires ça compte pour du beurre et a beau tenter de discréditer le « PROJET D’AMÉNAGEMENT DU SITE DU MAUSOLÉE DU GRAND CHEF ATAÏ, note de présentation technique et financière » dont la radicalité est éloquente, les mots sont là et ils ont du poids eux.

2) Ce cinéma et cette gesticulation Ensemble d’installation du comité « très La Foa », même avec le renfort d’experts et de docteurs es insurrections et massacres, ne parvient pas à camoufler la réalité et les objectifs de l’opération Ataï. où le politique et le culturel sont mêlés dans les mêmes proportions que dans le pâté de cheval et d’alouette de ce margoulin de charcutier qui le fabrique « moitié-moitié » c’est à dire un cheval une alouette dans sa composition. Donc 1% de culturel et 99% de politique indépendantiste dans cette tambouille politicienne.

3) Tout, absolument tout, fait partie de l’histoire du pays, tout, même la peste et le choléra, la rage et la lèpre, les cyclones et les feux, les fous furieux et les grands criminels, mais ce n’est pas une raison pour louer et commémorer la peste, pour dresser statue ou monument à la gloire d’un criminel.

4) Se cacher derrière l’accord de Nouméa et masquer ses projets très personnels à grands renforts de citations de cette bible sacrée dont l’expérience a montré qu’elle a été pondue à la va vite, sous la pression indépendantiste, avec nombre d’erreurs et de manques, évoque tristement ces fanatiques qui commettent leurs excès planqués derrière une charia et des versets coraniques. On pourrait attendre d’un vrai leader républicain un engagement volontariste et un positionnement individuel et non un retrait tactique derrière la sainte autorité des versets accordistes et nouméens.

5) Étrange tour de prestidigitateur encore que cette assimilation des spectacles de Téremba à ce mausolée destiné à glorifier un tueur féroce et un ennemi de la France qui a fait de ce pays le plus prospère et le plus serein des archipels de la zone, la comparaison avec le Vanuatu étant actuellement cruellement éloquente. Mon copain Roger qui a fait Téremba depuis le début a dû bien rire, rire un peu amer sans doute, en découvrant cette tentative de faire de Teremba un avocat de la canonisation d’Ataï. Teremba montre des éléments et des acteurs de l’histoire de la Calédonie de façon non partisane, sans condamner ou porter aux nues tel bagnard, tel gardien, tel colon, tel kanak, tel gouverneur, c’est tout. Téremba présente des tableaux, plus ou moins sombres, Téremba ne fait pas de propagande.

6) Pas plus que Téremba, l’école et les manuels d’histoire, qui sont appelés à décrire objectivement les faits et les protagonistes de l’histoire, ne peuvent être convoqués pour appuyer la démarche de la délégation kanak-Bergé Kawa pas plus que celle du comité mémoriel Kays-Gomes, aussi hagiographiques l’une que l’autre au demeurant, et qui se tirent un peu la bourre sur ce coup, pour la frime ou pas, à voir.

La fin du texte de Philippe Gomes, après l’énoncé de ces 6 points, est du délayage classique et larmoyant à la sauce « chemin obligé vers un destin commun » et « Sommes-nous capables collectivement, kanak et non kanak, de… bla bla ». Ces saintes incantations étant censées évidemment effacer toute objection, toute contestation, toute critique, tout argument, argument de sainteté. Quand bien même cette sainteté ne serait qu’une vaste foutaise puisque comme l’a justement dit Tristan Derycke-Andréani, ce destin commun si sympa s’arrête aux portes de la radiation forcenée de milliers de calédoniens par les adorateurs d’Ataï et aux marches du délit de  » sale gueule patronymique ».

Oui Philippe, faut pas trop pousser grand-mère dans les orties…

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Message initial :

Philippe Gomes : Il n’est pas inutile à la lumière de ces commentaires de reprendre les principaux éléments de cette affaire :

1/ CE est opposé aux propositions de Kawa Berger ( l’investissement de 580 millions , la restitution des terres , Atai héros national etc….) qu’il porte au nom de la fondation Atai, un membre parmi d’autres ( gouvernement,provinces ,communes,etc…) du comité mémoriel.Pour tous ceux qui connaissent Kawa Berger il n’y a rien de nouveau dans son discours….

2/ Ces propositions ne sont pas reprises par le comité qui en l’état actuel des choses a été installé officiellement il y a quelques jours et a décidé de se faire assister d’un collège d’experts pour definir le projet culturel qu’il souhaite porter sur ce moment de notre histoire.

3/ Atai fait partie avec d’autres de l’histoire du pays et le sénat coutumier a reconnu dans le discours d’ouverture de son président que toutes les mémoires de l’insurrection de 1878 devaient être honorées : celle de Atai comme celle du colonel Gally Passebosc …C’est dans ce cadre que CE inscrit son action à l’instar de la quasi totalité des membres du comité.

4/Cet aspect de l’histoire du pays est assumé dans le préambule de l’accord de Nouméa :  » le moment est venu de reconnaître les ombres de la période coloniale même si elle ne fut pas dépourvue de lumières (…) Les kanak ont été repoussés aux marges géographiques,économiques et politiques de leur propre pays ce qui ne pouvait que provoquer des révoltes (..) lesquelles ont suscité des répressions violentes (…) « 

5/ le spectacle son et lumières de Teremba illustre depuis 30 ans cette période de l’histoire de notre pays au travers de regards différents…

6/ Enfin cette partie de l histoire du pays est enseignée dans nos écoles de longue date….

À l’occasion du retour du crâne d’Atai la question qui se pose aujourd’hui à nous est la suivante : sommes nous capables collectivement , kanak et non kanak,indépendantistes et non indépendantistes ,de construire et de nous approprier un récit collectif sur ce moment de notre histoire ?
Pour nous,construire une mémoire commune est le chemin obligé vers un destin commun.
Mettre en lumière Atai et Gally Passebosc, comme le suggère le sénat coutumier,nous paraît une manière équilibrée de contribuer à cet objectif .
Ah j’oubliais mais je ne doute pas que vous le savez : la mémoire du colonel Gally Passebosc est d’ores et déjà honorée : un monument à sa gloire est érigé sur la place publique du village…
Il ne suffit pas maintenant « d’honorer » à part celle d’Atai mais de tisser les fils entre ces différentes mémoires pour n’en faire qu’une.