LES JOIES DE LA PÊCHE LA PLUS CONNE DU MONDE

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Je ne connais pas d’activité plus conne et plus perverse que la pêche à la mouche « no-kill » ou « catch-and-release » ou le pêcheur pousse le sadisme à son paroxysme en arrachant la gueule du poisson une fois pour le sortir de l’eau et en lui défonçant la mâchoire et la gorge une deuxième fois pour le libérer et le remettre à l’eau, probablement persuadé que son geste de « graciation » le place dans les sommets éthiques de la bonté et de la générosité et que le poisson, sanguinolent et destiné à crever pour rien, devrait le remercier de cette magnanimité de l’homme à le hausser au rang de partenaire de jeu. En général, il ne remercie pas, cet ingrat, et s’en va bouder et flotter le ventre en l’air, ou couler et crever, vexé de s’être fait prendre. Mauvais joueur va !

Et tout ça pour rien ! Surtout pas pour grossièrement bouffer le poisson, cet alibi si vulgaire de la pêche alimentaire ! Non ! juste pour l’art et le fun, œuvre désintéressée, bénévolat absolu pour distraire l’animal, si éloignés de cet activité débile pour bobos-qui-s’emmerdent décrites par certains mauvais esprits…

Le jeu est tellement passionnant qu’on pourrait inverser les rôles, et Chantal Goya pourrait chanter « Ce matin, un poisson a pêché un pêcheur, c’était un poisson qui, c’était un poisson qui, pêchait à la mouche ! »

Les chasseurs devraient faire pareil. Ils devraient tirer les animaux et les oiseaux dans les pattes ou les ailes, choper la bête, lui dire « Ah ah ! j’t’ai bien eu ! », et puis lui retirer les plombs, et puis lui mettre un sparadrap, et puis la remettre sur pied et la relâcher avec un petit coup un cul. Les chasseurs sont pas joueurs, c’est là leur moindre défaut…