LA SOLUTION ÉCLAIRÉE DE 1962… ou… OUI / NON, POINT BARRE !

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La coopération « avec la France dans les conditions définies par les déclarations du 19 mars 1962 », on sait ce que ça a donné, ça s’appelait les Accords d’Évian, et le FLN vainqueur s’est essuyé les pieds dessus dès le « jour d’après ». C’était pourtant déjà une « solution éclairée » !… Triste éclairage en fait… 

« Dessiner les contours du futur » et mettre ça dans le petit sac du OUI à la souveraineté kanaky et dans celui du NON à l’indépendance, comme me le propose benoîtement Mathias Chauchat, est ou bien très naïf ou bien très vicieux ou bien ingénument pervers. En tout cas c’est totalement absurde.

Faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Et la proposition de ces contours relève plutôt du tour de con. Si les partis indépendantiste gagnent et si le OUI à l’indépendance l’emporte, dès le lendemain les vainqueurs pourront faire ce qu’ils veulent, ils ne seront liés par rien et surtout pas par leurs « contours » et leurs promesses de la veille. Ils seront souverains et aussi libres de renier leur projet que le FLN a renié les Accords d’Évian.

Si les partis et les électeurs loyalistes réussissent, la Nouvelle-Calédonie restera un territoire de la république française mais son organisation interne ne pourra pas être figée et soumise à un modèle éclairé qui régirait le pays pour les siècles des siècles. Sa très vaste autonomie laissera un grand choix de solutions aux forces politiques loyalistes « du lendemain ». On s’est déjà tapé des signataires sanctifiés et inamovibles grâce à leur coup de stylo pendant 20 ans, 30 ans, alors c’est bon !…

Messieurs les barons politiques, laissez les électeurs dire OUI ou NON à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie, c’est tout ce qu’on vous demande, ne nous racontez pas de salades, ne nous bassinez pas avec vos solutions éclairées dont on sait pertinemment qu’elles vivront ce que vivent les roses, l’espace d’un matin. Laissez les électeurs qui remporteront le référendum, décider après le référendum, et au vue du référendum, de ce que sera l’après-référendum. Merci.

CE QUE DIT L’ACCORD, CE QUE LES SIGNATAIRES ONT SIGNÉ, CE QUE LES CALÉDONIENS ONT VOTÉ, CE QUI DOIT ÊTRE DEMANDÉ

réfé

LES ACCORDS DE NOUMEA 1998

La consultation portera sur le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité.

Si la réponse des électeurs à ces propositions est négative, le tiers des membres du Congrès pourra provoquer l’organisation d’une nouvelle consultation qui interviendra dans la deuxième année suivant la première consultation.

Si la réponse est à nouveau négative, une nouvelle consultation pourra être organisée selon la même procédure et dans les mêmes délais.

Si la réponse est encore négative, les partenaires politiques se réuniront pour examiner la situation ainsi créée.

Tant que les consultations n’auront pas abouti à la nouvelle organisation politique proposée, l’organisation politique mise en place par l’accord de 1998 restera en vigueur, à son dernier stade d’évolution, sans possibilité de retour en arrière, cette « irréversibilité » étant constitutionnellement garantie.

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Loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 

relative à la Nouvelle-Calédonie

TITRE IX : LA CONSULTATION SUR L’ACCESSION À LA PLEINE SOUVERAINETÉ. …………………………………………………………………………….art. 216 à 222 

3.3. – Les compétences régaliennes 

La justice, l’ordre public, la défense et la monnaie (ainsi que le crédit et les changes), et les affaires étrangères (sous réserve des dispositions du 3.2.1. resteront de la compétence de l’Etat jusqu’à la nouvelle organisation politique résultant de la consultation des populations intéressées prévue au 5.

5 – L’évolution de l’organisation politique de la Nouvelle-Calédonie 

Au cours du quatrième mandat (de cinq ans) du Congrès, une consultation électorale sera organisée. La date de cette consultation sera déterminée par le Congrès, au cours de ce mandat, à la majorité qualifiée des trois cinquièmes. Si le Congrès n’a pas fixé cette date avant la fin de l’avant-dernière année de ce quatrième mandat, la consultation sera organisée, à une date fixée par l’Etat, dans la dernière année du mandat.