NICKEL ET POLITIQUE, POLITIQUE ET NICKEL

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 Le nickel et la politique sont les deux plaies qui ont rongé la Calédonie dès son entrée dans l’Histoire, les deux pluies acides qui l’ont brûlée et stérilisée, l’un engendrant l’autre dans le mouvement perpétuel d’un cercle vicieux, l’un et l’autre s’unissant et se confondant dans un monopole totalitaire empêchant que quoi que ce soit d’autre ne pousse dans ce pays pourtant fertile et riche en énergie et en diversité humaine.

La vacuité du pays, les déséquilibres, les injustices sociales, les échecs récurrents des tentatives de diversification économique et de pluralité politique, la dictature lafleuriste, les événements, la violence, le gâtisme politicien et la guerre des cartels de la mine actuels sont les conséquences du mariage pervers des Thénardier politico-miniers de Calédonie, la question n’étant pas « Indépendance ou pas ? » mais uniquement « Qui va prendre le pouvoir sur le pactole minier ? ».

Cependant la population de la Nouvelle-Calédonie n’est pas intégralement en adoration devant la SLN et les mineurs, ne partageant pas ce respect filial des employés bouffés par l’amiante de Doniambo mais accordant un pardon étrangement reconnaissant à cette usine qui les a nourris mais qui s’est aussi nourrie comme un vampire de leur santé.

Cependant la population de la Nouvelle-Calédonie n’est pas intégralement en prosternation clientéliste devant les partis et les politiciens ni exclusivement en attente et en quémande d’avantages, de prébendes, de marchés, d’emplois, de place pour la famille, les enfants…

Beaucoup savent les abus, les torts et les dégâts dont furent responsables les magnats du nickel envers les gens et le pays. Les descendants de ces derniers tirent encore les fruits et les dividendes de cette exploitation qui fut aussi bien souvent un esclavage, commodément et scandaleusement bien cachés parmi les « victimes de l’Histoire » alors qu’ils en furent les bourreaux.

Beaucoup ont assez de fierté et de dignité pour travailler et œuvrer par eux-mêmes pour satisfaire leurs besoins et leurs désirs sans se coller à des partis et à des clans et se scotcher à des leaders pour obtenir d’eux sans efforts et sans mérite la satisfaction de leurs aspirations.

Avec ceux-là, peut-on espérer un mouvement et un projet de gouvernance, un rassemblement non partisan, plus apolitique que politique, qui délivrerait le pays de la malédiction et de la tyrannie du politico-nickel ?

Bien différente de cette « indépendance » qui veut seulement remplacer les califes du pouvoir minier par d’autres califes qui rendront les gens encore plus dépendants, cette émancipation pourrait-elle engendrer une économie, une culture, une législation et une administration enfin libérées de l’emprise des mineurs et des politicards ?

Pourrait-on marcher pour un tel avenir plutôt que de continuer à marcher pour les manipulateurs des coalitions nickelo-politiques. La question est posée…