LE CITOYEN CALÉDONIEN N’EST PAS UN ANIMAL DE FOIRE

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Définitivement, je n’aime pas ces médias, télés, radios, blogs, groupes facebook, qui montent des arènes et des rings uniquement pour y faire aboyer les citoyens. Et que je te fais une quotidienne « Coups de gueule » sur NC1, sur Océane ou sur RRB juste pour que les Calédoniens viennent y pleurer et y râler et surtout pour s’y engueuler entre eux, s’y donner en spectacle devant le pays. Et que je te monte des groupes « Coups de gueule » divers et variés et des blogs aux discussions bien polémiques et provocatrices pour que l’internaute lambda viennent s’y lâcher, y vomir, y chialer, avec l’alibi « d’y briser le silence » et d’y communiquer. Et que je te sors aussi des jeux bien niais et bien débiles pour que les auditeurs puissent se foutre des pauvres candidats, de leurs prochains, qui s’y ridiculisent.

Et que les animateurs goguenards y vont de leurs airs supérieurs, attendris et ironiques. Et que ces foires d’empoigne indignes rapportent de l’audience sur les ondes et de l’audience sur Internet avec les sous de la pub à la clé. On a bien gagné du fric en montrant Elephant Man et les monstres dans des foires, on a bien fait de la thune en exhibant des indigènes dans des zoos, pourquoi n’exploiterait-on pas les citoyens classiques en les excitant sur les ondes et le Net et en les faisant se bagarrer et s’insulter entre eux comme d’autres font battre entre eux les chiens ou les coqs ?

Et l’exploitation des gens par des spectacles dégradants ne s’arrête pas là hélas. La triste saison des foires agricoles des élection de miss va reprendre. Et l’odieuse et révoltante exploitation des gamines qu’on jette dans des concours de missettes va suivre. Et pendant qu’on est dans les gosses, l’exhibition des gamins conseillers juniors démarre en grande trombe à Nouméa aujourd’hui, un truc juste pour faire beau et amuser la galerie, qui ne sert pas aux autres enfants, qui sert juste à flatter deux ou trois parents, à faire croire que la municipalité aime les jeunes et s’occupe d’eux, à manipuler ces pauvres petites marionnettes en leur faisant croire que les phrases et les vœux qu’on leur dicte viennent d’eux, qui ne sert à rien mais qui exploite des mineurs pour la frime.

Si l’on a du respect pour ce pays et ses habitants, si l’on a quelques valeurs humanistes, ces exhibitions de citoyens pour la caméra et les écrans et ces combats d’auditeurs et d’internautes organisés par la médiocre médiacratie ne peuvent être qu’insupportables.

SI VOUS NE M’AIMEZ PAS…

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Palme d’or à Maurice Pialat pour son film… par ina

Un observateur, un créateur, quel que soit son domaine d’observation et d’expression, si son observation est indépendante et si son expression est libre, déclenchera inéluctablement la haine des esclaves et des esclavagistes de l’observation et de l’expression.

Pialat en fait ici l’expérience, à la fois cible de la rancœur des valets médiocres d’un cinéma commercial et de la vindicte des laquais bien-pensants d’une intelligentsia auto proclamée.

On retrouve de tous temps cette réaction virulente de la part des faussaires esclaves de l’argent et du pouvoir quand la lumière de la libre expression révèle la médiocrité de leur fausse monnaie, qu’ils soient des faussaires de l’art, de la science, de l’économie, de communication ou de la politique

La réponse de Pialat est parfaite. Inutile de s’abaisser au niveau des trafiquants de la pensée et de l’art. Le dialogue avec eux ne peut être qu’un piège, qu’une salissure, qu’un affaiblissement. Le valeurs et la vérité ne doivent pas se compromettre et tomber dans les guet-apens de la meute violente des chiens aux ordres.

La simple existence d’un Pialat, la simple affirmation de soi, d’un soi sincère, suffit à irriter et à piquer les agents et les objets des manipulations et des mensonges, partis et partisans, élus et électeurs, journalistes et spectateurs, producteurs et consommateurs, rois et domestiques de la bien-pensance, maîtres et serviteurs de l’hypocrite politiquement correct.

Le simple mais radical refus de l’exploitation des exploités par les exploiteurs suffit à troubler les premiers et à disqualifier les seconds. Le seule réponse a faire à leur haine est « Si vous ne m’aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus ! ».