LES FOURCHES CAUDINES DE LA POLITIQUE

FOURCHES CAUDINES

Bienheureux ceux qui n’ont pas obtenu leurs examens, leurs concours, leur travail, leur emploi, leurs postes, leur salaire, leur argent, leur terrain, leur maison, leur société, leurs contrats, leurs subventions, leurs autorisations, leurs voyages… en passant sous les fourches caudines de la politique, en se baissant, en s’aplatissant, en se vendant à la politique, en se prostituant avec la politique. Et qui ne doivent toutes ces choses qu’à leur personne, à leurs qualités, à leur talent, à leur courage, à leurs efforts, à leur compétence.

Se coucher pour avoir ces choses-là est sans doute plus grave que coucher pour les obtenir, l’éventuelle gratification voluptueuse de la seconde démarche n’accompagnant même pas la première.

Est-il bien normal qu’en Nouvelle-Calédonie, par exemple, des promotions, des intégrations, des titularisations ne dépendent que du bon vouloir ou de la haine des politiques et non de la compétence des travailleurs concernés, qu’un ministre protège et promeuve tel ou telle employé, salarié, fontionnaire, et qu’un maire influent bloque et enfonce au contraire les mêmes, sans motif professionnel ?

Est-il bien normal qu’on brâme après une haute autorité de la concurrence économique mais qu’il n’existe aucun autorité pour la transparence de la société, pour l’indépendance des citoyens et contre les nuisances des politiques à leur égard.

« La politique », particulièrement en Nouvelle-Calédonie, ce n’est malheureusement trop souvent que ça, cette triste foire aux demandes, aux mendicités, aux avantages et aux cadeaux. Pour une apolitique calédonienne, humaniste et progressiste !

QUAND SEXOLOGUES ET GRANDES GUEULOLOGUES VIENNENT NOUS FAIRE LA LEÇON…

grand-sexologue

Pendant que nos politiques s’en vont à Paris, les conférenciers s’en viennent vers nous par troupeaux entiers. On nous fait venir à grand frais dans les auditoriums et sur les plateaux de télé des savants, ou sachants, ou grands sachems, qui viennent nous faire la leçon et la morale au JT, à l’heure de la bière ou de la soupe, c’est selon. Hier soir c’était un sexologue, bien gentil et bien propre sur lui, qu’est venu expliquer à Dave Waheo Hnasson et à nous autres comment jouir. L’autre était comême un peu gêné. Cool le sexologue, il disait oui à tout, poli, arrangeant, les religions ? non non les religions ça gêne pas pour tout ça, on peut tout faire en même temps. Ils sont toujours modestes et souriants d’ailleurs ces pigeons voyageurs intellos. Normal, on leur paye l’avion, l’hôtel, la bouffe, l’île des Pins obligé, un coup de pêche, et d’autres coups si affinités, pour rien, pour faire un peu de cinéma et sortir deux ou trois salades, et ça coûte un bras, à nos frais… Dans la série, on a eu des grands psychologues, des grands sociologues, des grands ethnologues, des grands linguistologues, des grands pédiatrologues, des grands allergologues, des grands rhumatologues, des grands pédagologues, des grands politologues, des grands musicologues… des grandes gueulologues ! pour faire bref.

Ils nous prennent pour quoi ces cons ? Pour des gentils crétins ou pour des bons sauvages ?! Pour les deux !!!

MONSIEUR BEAUF : UN CLUEDO-CALÉDO

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J’étais en train de conduire du côté de Saint-Michel, après avoir été bloqué deux heures comme chaque jour par un barrage à saint-Louis. Je reprenais de la vitesse tout en laissant ma pensée vagabonder autour du dernier crime, dernière énigme Cluedo-Calédo, perpétré quelques jours auparavant. Qui donc avait tué le Docteur Lenoir, dans quelle pièce du manoir Monsieur Beauf cela s’était-il déroulé, et avec quelle arme avait été commis le meurtre ?

On savait que chaque invité avaient liquidé entre 150 et 300 pintes de brandy entre 12h37 et 22h41. Il était attesté aussi que tous les clubs de la ville avaient répondu à l’invitation de l’U-Club à l’exception du Pali-Club. On avait retrouvé les 9 feuilles griffonnées et raturées où les 9 convives avaient noté les portefeuilles, les postes, les collaborateurs, les crédits, qu’ils visaient et qu’ils devaient se partager ce jour-là. L’une des pages présentait un dessin obscène de Miss Scarlett avec comme légende « Cherchez la femme ».

Après le malaise et la disparition du Docteur Lenoir, on avait la déposition du Colonel Mustard déclarant qu’il avait raccompagné le Captain Brown au parlement du Comté en raison de sa légère griserie. Mrs White, la cuisinière, avait pourtant pour sa part affirmé avoir vu tous les participants partir ensemble, s’engouffrer à 8 dans une voiturette, partir en trombe vers la city et n’en revenir que 4 heures plus tard.

Les corbeilles des locaux de la Chambre des Lords avaient été examinées et on y avait retrouvé 8 déclarations chiffonnées et illisibles. Seule les aveux du Captain Brown reconnaissant avoir légèrement poussé le Docteur Lenoir avant sa chute, avaient été retrouvés, déposés sur une marche, adressés à CaldoLand-Yard.

Dans son sac de marin on avait retrouvé un poignard, un revolver, une matraque, un chandelier, une corde, une clé anglaise, un flacon de poison, une hache, des haltères, une batte de baseball, un tuyau de plomb, ce qui pouvait en faire le suspect n°1 dans cette affaire. Cependant on sait bien que la navigation en eau trouble nécessite toute la préparation et tous les instruments pour parer à toute éventualité et que donc ces objets n’impliquaient aucune conclusion hâtive.

Néanmoins, la présence dans le paquetage du capitaine de 8 paires de chaussures dont les semelles correspondaient aux traces retrouvées sur le corps du malheureux médecin, comportant 47 fractures et 72 hématomes, laissaient également les inspecteurs sceptiques. En effet aucune de ces chaussures n’était de la pointure du marin. Même les escarpins à talons aiguilles mêlés à cette collection, les mêmes que ceux qui avaient transpercés 53 fois la victime, pouvaient laisser les policiers dubitatifs. En effet ils en avaient vu d’autres et tous les goûts sont dans la nature et même dans la marine.

Toujours est-il que tous les suspects avaient pu rentrer chez eux sans être davantage inquiétés et que même le Capitaine Brown avait été élargi, sur la foi des affirmations du Colonel Mustard et grâce à ses confidences sur sa propension à se travestir, mais pas comme Anthony Perkins !… dans le Psychose d’Hichcock …

J’en étais là dans mes réflexions sur les énigmes de l’Histoire et sur l’indulgence des autorités, plongé dans un abîme de perplexité, quand j’entendis frapper à ma vitre. C’était un motard casqué de la brigade motorisée qui m’enjoignait de stopper mon véhicule, d’en sortir et de me tenir debout, jambes écartées, dos tourné, les mains sur le capot. Il me lut mes droits et m’expliqua que j’avais été flashé à 55Km/heure dans la ligne droite de Saint-Louis limitée à 50, que j’avais commis, par cet excès, le crime de mettre en danger la vie des manifestants de la tribu dans la chicane qu’ils avaient installée, et que subséquemment je devais m’acquitter d’une amende forfaitaire de 50 000 francs ou passer au tribunal, tombant sous le coup d’une peine de 15 ans de prison assortie de la privation à vie de mes droits civiques. Il retira son casque, le motard était le Colonel Mustard ! Je protestai, il appela des renforts, on m’emmena au poste. On m’a laissé le Wifi pour une heure, le Captain Brown vient de me poster sa photo et m’a envoyé un like !