LAISSEZ PASSER LE MINÉRALIER !…

Pendant les blocages, les affaires avec le Nord continuent...
Pendant les blocages, les affaires avec le Nord continuent…

Un minéralier s’est présenté ce matin devant la mine ADA en face de la Baie N’GO au Mont-Dore pour charger le minerai de Wilfrid Maï, président MKM, Maï Kouaoua Mines, et président du syndicat des industries de la mine. Ce matin des dizaines de travailleurs de saint-Louis, très majoritaires dans l’entreprise, étaient dans le magasin le plus près de leur mine, plus quelques autres de Nouméa.

Ce matin ils ont pu passer et aller charger le minéralier car ce matin le cessez-le-feu et le cessez-les-feux ont été décrétés à Saint-Louis. Ou plutôt le cessez-le-feu et le cessez-les-feux ayant été décrété à Saint-Louis ils ont pu passer et aller charger le minéralier destiné à alimenter KNS et la SMSP. Ou plutôt, comme il y avait un minéralier à charger à N’GO pour KNS et la SMSP, et qu’il fallait laisser passer les travailleurs de Saint-Louis que MKM emploie en grande majorité, le cessez-le-feu et le cessez-les-feux ont été décrété à saint-Louis. Ok ?

Le minerai MKM de N’GO alimente KNS et SMSP, Dang et la Province Nord. MKM fait travailler Saint-Louis et est indispensable à Saint-Louis. la Province Nord fait travailler MKM et est indispensable à MKM. Donc la Province Nord est indispensable à Saint-Louis. Or les gisements du Sud, Prony-Pernod et ceux de VALE.NC, sont indispensables à la Province Nord, à Dang et à KNS, donc les gisements du Sud sont indispensables à Saint-Louis. Ok Et Wamytan dans tous ça ? Bah rien Wamytan, Wamytan rien. Tout ça se passe entre la Province Nord et Saint-Louis. Court-circuité Roch. Pas étonnant qu’il ait la grippe et s’absente. Pas étonnant que les « jeunes » écrivent des choses peu aimables sur les vieux et les coutumiers sur leurs banderoles.

MONONICKÉLOSE OU LE ROI NICKEL

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La Nouvelle-Calédonie, ce fut toujours le nickel, c’est le nickel et c’est autour du nickel que tout va se jouer. Le nickel a fait tourner et engraissé l’import et la finance. Le nickel s’est transformé en béton citadin et n’a généré que du placement et de la rente immobilière pour un capitalisme frileux incapable de réinvestir ailleurs. L’industrie est inexistante en dehors du nickel et de quelques ateliers de reconditionnement, protégés, subventionnés, contingentés. L’agriculture est et a toujours été aussi un simulacre, incapable de nourrir le pays, spécialisée dans le « bon coup » et tout autant protégée, subventionnée, contingentée. La pêche, le tourisme, le bois… sont tout autant virtuels.

Nickel roi, nickel despote, mononickelose. Des bénéfices gigantesques, des intérêts colossaux, des enjeux immenses, des combats titanesques, dans un désert économique figé, rouillé et brûlé par la terre rouge et les fours. Le nickel a dicté sa loi au pays, lui a imposé ses hauts et ses bas, ses hauts fourneaux et ses basse œuvres. Il a tiré et il tire les ficelles de la presse, de la politique, du mouvement indépendantiste. Les soulèvements et les apaisements du FLN ont toujours été opérés à coups de revendications du nickel, de cadeaux en nickel et de marchandages de nickel. Et ça continue. Les multiples et récentes interventions médiatiques de Dang, très pugnace et offensif, montrent bien que le nickel a été, est et sera toujours le moteur unique des choses et le seul appât des acteurs politico-financiers en Nouvelle -Calédonie comme en Kanaky.

Les gens, les citoyens, eux, ne sont pas dans la confidence ni dans les manigances et comptent mille fois moins que l’or vert. Il suffit de leur servir des salades nommées indépendance, France, écologie, Accords… pour leur cacher le seul gâteau qu’est le nickel et les en écarter. L’avenir partagé et le destin commun c’est bien, le nickel commun et partagé c’est mieux.