ANALYSE DIALECTIQUE DES PRATIQUES MIXTES DE LA COUTUME

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On se souvient qu’après la schizophrénie culturelle symbolisée par l’idée farfelue du double drapeau Frogier voulaient l’appliquer à tout : logement avec des squats officiels pour océaniens à côté des logements réglementaires pour les autres, déclaration un samedi de 2011 à Balade, puis le mardi suivant à Nouméa, que le geste coutumier devait devenir « un signe d’alliance, de lien, et donc d’unité entre toutes nos communautés » et que cela s’appliquerait maintenant aux actes officiels avec un geste coutumier obligatoire dans les cérémonies officielles.

Aussitôt dit aussitôt fait, et depuis il n’est guère d’épreuves sportives, de manifestations festives, de visites officielles, d’animations culturelles, de sorties touristiques, de rendez-vous politiques, de rentrées scolaires, de spectacles, d’invitations… qui ne soit encadrés par des gestes et un moment coutumiers. Se marier, déclarer un enfant, demander une fiche d’état civil ou un acte de décès demandera peut-être bientôt un geste coutumier.

Aussitôt dit, aussitôt fait, Calédonie Ensemble a emboité le pas à Frogier et il n’est pas une rencontre politique, y compris dans les lieux les moins traditionnels et les plus laïques, qui ne soit ponctuée par des échanges de paroles sacrées et de dons coutumiers, le point d’orgue étant la passation de pouvoir coutumière inédite, en plein congrès en 2012, entre Wamytan et Poaja, exigée par ce dernier, même si Charles Pidjot, chef de l’Union Calédonienne (UC) avait déclaré juste avant, et beaucoup moins coutumièrement : « On est en train de demander aux Kanak de redescendre dans la rue, de retourner sur le terrain ».

La coutume a toujours scandé les moments forts de la vie collective dans le monde mélanésien, mais sous forme simple, authentique et concrète : mariages, deuils, étapes du cycle de l’igname, pardons. En dehors de cette sphère culturelle, jusqu’à une époque très récente, elle était totalement absente. Les non Kanak ne la pratiquaient pas et même l’ignoraient, les Kanak ne s’offusquant pas de leur ignorance à ce sujet, lors d’une invitation ou d’un repas partagé, et ne souhaitant même pas trop la divulguer et la vulgariser. Alors comment, en peu années, la coutume, sous une forme hyper cérémonielle et ultra sacralisée, s’est-elle imposée presque toujours et pratiquement partout ?

Les mélanésiens, on l’a vu, comme tout croyant, ne désiraient pas galvauder ce qui était le cœur de leur culture et le fondement de leur être collectif, porteur d’une dimension sacrée que l’on retrouve à travers « la parole sacrée » et dans des objets sacralisés comme la monnaie traditionnelle. Mais peu après l’historique poignée de main entre Tjibaou et Lafleur, il est apparu aux mélanésiens et aux européens que la reconnaissance mutuelle, que ce soit par une poignée de main ou par un geste coutumier pouvait avoir des retombées très intéressantes, au delà du geste lui-même.

En effet, par la poignée de main de Matignon, les deux hommes se sont trouvés reconnus et magnifiés l’un par l’autre et réciproquement. La validation d’un adversaire fort implique chez celui qui tend la main une force équivalente sinon supérieure à celle de celui qui la prend, qui lui-même en serrant et reconnaissant cette main tendue se hausse au niveau voire au-dessus du premier. Opposition de l’un et de l’autre, puis dépassement dialectique de l’un et de l’autre. Mouvement sans fin de légitimation, de congratulation et d’amplification réciproques au bénéfice exclusif de ceux qui participent au geste, se distinguant, se sanctifiant en quelque sorte et gagnant aussi une certaine immunité.

Il est aisé de saisir maintenant l’utilité et les raisons de ces moments coutumiers multipliés à l’infini en dehors de tout contexte coutumier et de toute pratique communautaire, instants coutumiers en quelque sorte profanes, utilitaires, quelquefois aussi folkloriques, parallèles et distincts des pratiques authentiques et intimes qui perdurent en milieu strictement kanak. Les coutumiers mélanésiens y trouvent l’élargissement de leur pouvoir et de leurs compétences hors du champ traditionnel, reconnu par le partenaire autre et fort, consolidant et protégeant ainsi leur puissance et leur rôle hiérarchique grâce à un tiers. Les responsables européens y trouvent l’onction, la glorification, l’autorité et les autorisations, symétriquement reconnues et accordées par le partenaire autre et fort, gagnant aussi des marges d’actions politiques et économiques grâce à un tiers. Et la boucle fonctionne et s’amplifie ainsi sans fin.

DRÔLES DE TWEETS SUR PRONY-PERNOD

tweetPP

Front Pour l’Unité@frontpourlunite29 avr.

‪#CADIRENC1ERE « Nous avons signé un accord pour 4ans d’études sur Prony Pernod » (Cynthia Ligeard)

Convergence Pays@ConvergencePays30 avr.

‪@frontpourlunite C’est un accord ubuesque du plus gros gisement de nickel au monde à vil prix! une décision cruciale à 1 mois des élections!

Front Pour l’Unité@frontpourlunite12 h

‪@ConvergencePays L’accord signé concerne 4ans d’ETUDES, aucune exploitation…Ceci pour avoir plus de précisions sur ce gisement

L’OSSERVATORE CALEDO@LOSSERVATORECAL5 h

‪@frontpourlunite ‪@ConvergencePays Peut-on avoir le texte de cet accord?Quid d’un refus d’exploitation après 4 ans? Rembourser la recherche?

Front Pour l’Unité@frontpourlunite4 h

‪@LOSSERVATORECAL ‪@ConvergencePays Je ne possède pas ce texte, mais je pense que tous les partis siégeant à la PS l’on eu en copie.

L’OSSERVATORE CALEDO ‏‪@LOSSERVATORECAL 3 h

‪@frontpourlunite ‪@ConvergencePays C.Ligeard doit le mettre en ligne, ça concerne le peuple, c’est le patrimoinne du peuple. Non ?

L’OSSERVATORE CALEDO ‏‪@LOSSERVATORECAL 3 h

‪@frontpourlunite ‪@ConvergencePays La PS devra-t-elle rembourser les études aux opérateurs en cas de non autorisation de l’exploitation ? bis

 

LES BONS COUPS MÉDIATIQUES DE CONVERGENCE-PAYS

LNC-5-mars-13

Stéphane Hénocque est formidable ! Vraiment. Et ses coups médiatiques sont à ranger dans les annales des campagnes électorales les moins chères et les plus tape à l’œil. Un rapport qualité/prix imbattable.

Alors que les autres partis dépensent des millions pour monter des meetings, louent des salles avec des millions de sièges, donnent des millions de coups de fil pour rameuter des participants fatigués, distribuent des millions de tracts pour des millions de poubelles, pour rien ou pas grand chose, juste quelques centaines de figurants issus des staffs respectifs, et bah lui Stéphane il prend une vingtaine de copains, zéro franc, il trouve un thème genre forêt sèche, zéro franc, il récupère 2 ou 3 accessoires, terre rouge, sacs poubelles, drapeau rouge et gris, zéro franc, et occupe un coin gratuit, un trottoir, une passerelle, un bout de friche, zéro franc encore. Et que je te harangue le chaland au micro, Acheter ma salade qu’elle est bien verte et bien fraîche, nous c’est honnête, jeune et propre, venez venez monsieur, aprochez approchez mesdames !

Mais le plus beau, c’est qu’à chaque fois, avec 20 mecs et zéro balle, il a toutes les radios, toutes les télés, tous les journaux. Les autres ils ont claqués 10 millions et lui Stéphane, pour peau de balle, il a autant de photos, autant de minutes au JT du soir ! Trop fort. Le dernier coup de la benne de nickel devant la PS était trop top ! Même les sachets de papier pour distibuer la terre ont dû être donnés par un pote qui avait vendu des graines avant. On aurait dit les barquettes d’omelette à Dumbéa, les gens étaient aussi contents en partant avec, même si ça se mange pas.

Bon et maintenant ? Quelques idées pour Stéphane. Trois brouettes de bébé devant le gouvernement pour réclamer plus de crèches, mais sans distribuer les bébé ? Deux pick-up de vieux devant la CAFAT pour revaloriser les pensions et ouvrir des maisons de retraite ? Une partouze devant le Congrès sur cent mille pochons usés pour obtenir la gratuité des capotes ?