ARRÊTE TON CHARTE !!! ou MARCHE ARRIÈRE TOUTE !!!

 

cromagnon

Nous avons gentiment commencé à lire « La Charte du Peuple Kanak » et puis quand nous sommes arrivés là-dessus, c’est bon ! on a tout refermé et tout balancé. Si les femmes et les individus peuvent accepter ça, ok c’est leur affaire, mais c’est pas notre truc et ça le sera jamais, pas plus que de faire le guignol et la coutume dans les meetings politiques ou quand on s’arrête sur le bord d’une route, pour pisser contre un arbre, où on laissera après un manou, un billet, trois clopes et deux prières.

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1. La société Kanak est une société patriarcale. Son système social fonctionne à partir

d’une transmission des droits, des pouvoirs et des responsabilités basée sur l’homme.

2. L’ainée d’un clan, quand elle est une femme, est un élément déterminant de référence du clan quand celui-ci rencontre des difficultés. Les femmes sont appelées à servir dans d’autres clans.

3. Les droits individuels s’expriment dans les droits collectifs du groupe (famille/clan). C’est parce que la personne est reconnue dans sa famille et dans son clan qu’elle peut s’épanouir dans la société.

11. La donation coutumière (adoption) d’un enfant correspond en général à un geste d’harmonie et de renouvellement d’alliance. Cet acte se fait sous l’autorité des parents et des chefs de Maison/clan. Le nom coutumier donné régulièrement à l’enfant lors de l’adoption permet la transmission de tous les droits de l’adoptant à l’adopté.

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Nous on édicte et on écrit nos lois depuis 2500 ans, depuis les tables codifiant le droit romain de Justinien jusqu’à notre Constitution de 1958 màj 2011, en passant par l’ordonnance de Villers-Cotterêt de François 1er en 1539, la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 et le code Napoléon de 1804. On n’a pas attendu 2014 pour dégager (et ils ne font que semblant de dégager) notre droit de la coutume, des superstitions et de la religion.

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PS : 

LES CARICATURES DE LA COUTUME (à un fondamentaliste)

Fondamentaliste de la Coutume, vous ne semblez pas meilleur dans la réception des messages que dans leur émission, autrement dit vous ne lisez pas mieux que vous ne vous exprimez.

Le texte que vous déformez indique que les citoyens extérieurs à la coutume kanak n’ont pas à se la voir imposer dans des meetings ni quand il doivent courber l’échine et sortir le manou pour s’arrêter dans un terrain, pour pique-niquer, pour accéder à la mer ou à la montagne, pour faire un raid sportif, pour une fête de la crevette, pour demander un renseignement, pour prendre en photo une case ou même pour un besoin de miction urgent.

Dans nos sociétés laïques nous avons le droit de nous éloigner et même de rire des simagrées des curés, des rites grotesques des francs maçons, du culte des sectes, de l’obsession ridicule d’Armagédon des Témoins de Jéhovah, de la misogynie des musulmans etc… La Laïcité a mis 3000 ans pour gagner ça.

Mais il semble que faire de même avec la Coutume soit strictement prohibé et que le « banissement » menace les infidèles rebelles dans ce nouveau sectarisme et les insolents humoristes dans cette nouvelle Charia des tropiques, autant que les attentats par des fondamentalistes menaçaient les auteurs des caricatures de Mahomet.

Bonjour la Kanaky éclairée de demain, good bye liberté… Voltaire réveille-toi, ils sont denenus fous !

PROGRAMMES CE ET UCF : ÉPREUVE DE LITTÉRATURE COMPARÉE

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Les récentes publications des programmes politiques des provinciales Sud en NC sont au programme de l’agrégation de littérature comparée 2014.

Les textes de Calédonie Ensemble et ceux de l’Union pour la Calédonie dans la France sont déjà parvenus dans les librairies universitaires et sont à la disposition des étudiants. Par contre l’œuvre du Front Pour l’Unité tarde un peu. Une image de Jean-Paul II et un slogan ont été envoyés sur TWITTER ce matin par le FPU, cette bande annonce laissant présager une littérature très Vatican et profession de foi.

Nous examinerons et rapprocherons donc dans un premier temps les productions des deux premiers auteurs.

Chez CE, l’illustration en paratexte de « L’avenir en partage » évoque davantage les sociétés, le business, l’argent de la mine et l’économie à la cow-boy que la poésie de « L’amour en héritage » de Nana Mouskouri auquel le slogan pouvait faire penser par connotation. La mièvre petite main scolaire levée ressemble à ce qu’elle est : un cache-thune des affaires. On dirait davantage un prospectus de la CCi ou de la FINC qu’une invitation à rêver le pays de demain.

Par contre l’UCF propose de simples et lumineux visages de garçons et de filles naturels, spontanés et malicieux, sans cinéma et abus de bien pensance. L’absence d’un slogan bidon est également un bon point.

Pour ce qui est des textes, on peut noter la permanence du style alambiqué, ampoulé et laborieux de CE et de son leader. Les phrases à la Proust à circonvolutions et digressions interminables n’en finissent plus. Les paragraphes sont lourds et indigestes. Il est à prévoir que 80% des gens ne les liront pas. Les thèmes, au nombre de 15, ont été multipliés, rallongés à l’envi, comme le fait un élève qui veut trop bien faire, et la présentation en est touffue et l’ordre emmêlé. Personne n’est dupe des pseudo dialogues insérés dans les scènes d’amour convenues et les descriptions pénibles de décors récurrents et de paysages connus, imposant au lecteur le CV et le pedigree des candidats davantage que ses idées personnelles pour impressionner le lecteur, personne n’étant censé avoir d’idée personnelle à CE…

Par contre, dans un format plus maniable, l’UCF présente son projet dans une mise en page attrayante et aérée, de très belles photos pleine page à gauche et un listing simple et carré des idées pour chacun des thèmes, logiquement et rationnellement regroupés en 4 grandes parties. Les phrases sont courtes et très lisibles. Des espaces et des gros carrés pour lire et naviguer facilement. Pas de surenchères d’encarts et d’orgies de graphismes et de couleurs. Le pourcentage d’électeurs qui liront ce document sera supérieur. Il est clair et même « éclairé »…

Pour ce qui est du fond et du contenu des documents, juste quelques remarques. Le projet de CE semble davantage « chanté » que précisément déroulé. Davantage dans l’incantation que dans le réalisme, on use et on abuse de formules qui claquent au vent et des expressions directement issues du politiquement correct : « éclairé / apaisé / durable / raisonnée / écologiquement exemplaire / réussite pour tous / prévention d’abord / droit à la dignité / pacte pour notre jeunesse / gestion responsable » et bien sûr, last but not least, « creuset pour le destin commun » !

Par contre on se gargarise moins et on se paye moins de mots dans le programme de l’UCF. Cette sobriété et cette économie de promesses lyriques est d’ailleurs assez rare et même peut-être inédite dans le corpus littéraire politique calédonien. Au niveau du contenu, on peut noter la présence d’une véritable prise de position sur le dossier des compétences de l’art.27 (page 5) et sur la sécurité (pages 20 et 21), deux questions qui intéressent pourtant les citoyens mais soigneusement éludées par le programme de CE.

Voilà, la production n’est peut-être pas à mettre au pilon comme ce fut le sort de la brochure « Apprendre à manger avec 18000 francs par mois » (manger léger alors…) de la Province Sud, mais ce « Apprendre l’avenir en partage en 18 000 phrases » aurait quand même pu être un peu plus léger et un peu moins bourratif…